Boeing admet que les simulateurs du 737 Max n'ont pas reproduit fidèlement ce qu'était le vol sans MCAS,
Selon un rapport

Le , par Stan Adkens

30PARTAGES

13  0 
Chaque jour, il y a de nouvelles informations à propos de quelque chose qui n'a pas été divulgué ou qui a été fait par erreur ou qui n'était pas complet, avait déclaré Dennis Tajer, un porte-parole du syndicat des pilotes d'American Airlines et pilote d'un 737, à propos de l’affaire crashs aériens de Boeing 737 Max. Cette fois, l’avionneur a admis que les simulateurs de formation des pilotes de l’avion, qui a été à l’origine des accidents qui ont occasionné la mort des 189 personnes à bord du vol de la compagnie indonésienne Lion Air et des 157 personnes dans aéronef de la compagnie Ethiopian Airlines, ne reproduisaient pas exactement ce qui se passait avec le MCAS dans les conditions réelles de vol. En effet, selon Boeing, la désactivation du logiciel de contrôle de compensation en situation de formation ne donnait pas de résultats réalistes.

Le New York Times a rapporté le vendredi dernier que les simulateurs utilisés pour la formation des pilotes « ne reflétaient pas l'immense force qu'il faudrait aux pilotes pour reprendre le contrôle de l'avion » après avoir désactivé les commandes de compensation à assistance électronique. La désactivation du logiciel de contrôle de compensation en cas de mauvais fonctionnement du MCAS a été l’une des recommandations de Boeing après le premier accident mortel du 737 Max. Mais il se trouve que les pilotes, y compris ceux de la compagnie Ethiopian Airlines, n’avaient pas été formés à prendre en main ce qui suit la désactivation de ces fameuses commandes.


Cependant, Il semble que cette défaillance n’est plus d’actualité. Dans une déclaration, l'avionneur américain a déclaré qu'il avait « apporté des corrections au logiciel de simulation du 737 MAX et qu'il avait fourni des informations supplémentaires aux exploitants de l’appareil pour s'assurer que l'expérience du simulateur est représentative dans différentes conditions de vol ».

Pour rappel, le MCAS est un dispositif matériel et logiciel du Boeing 737 MAX destiné à éviter le décrochage en pilotage manuel. Quand il détecte que l'incidence de l'avion dépasse une valeur considérée comme dangereuse, en fonction de la vitesse et de l'altitude, il s'active pour compenser et emmener l’avion à voler horizontalement. Mais les pilotes n’ont eu connaissance de l’existence et du fonctionnement de ce dispositif qu’après l’accident du Lion Air. Lors d’une réunion secrète, que les responsables de Boeing ont eu en novembre avec les pilotes d’American Airlines, Mike Sinnett, vice-président de Boeing, a dit :

« Je ne sais pas si le fait de comprendre ce système aurait changé le résultat. Nous essayons de ne pas surcharger les équipages avec des informations inutiles pour qu'ils sachent quelles sont les informations que nous croyons importantes ».

Les instructions de Boeing après le premier écrasement étaient de désactiver les moteurs électriques du compensateur du stabilisateur, qui devraient empêcher le MCAS de fonctionner. Cependant, ces instructions ont poussé les pilotes à se fier au compensateur manuel, une très grande roue mécanique dans le poste de pilotage qui ne fonctionne pas forcément comme lors de la simulation.

Lorsque Boeing a lancé son 737 Max, il croyait que les pilotes n'avaient pas besoin d'expérience sur les simulateurs de vol, et la Federal Aviation Administration avait accepté. Le constructeur a trouvé que les pilotes pouvaient se passer de cette simulation au sol, a rapporté le New York Times la semaine dernière. Selon lui les organismes de réglementation ne l'exigent pas. Toutefois, de nombreuses compagnies aériennes avaient acheté ces appareils à coût plusieurs millions de dollars pour donner plus de pratique à leurs pilotes. Cependant, ces simulateurs de vol 737 Max approuvés par Boeing ne reproduisaient pas correctement ces forces sur le volant de compensation mécanique, mais auraient plutôt pu donner un faux sentiment de sécurité aux pilotes.

Sur le vol Ethiopian Airways, les pilotes ont eu du mal à tourner le volant mécanique alors que l'avion se déplaçait à grande vitesse et que la pression de l’air était immense sur la queue. Les simulateurs ne correspondaient pas à ces conditions, et les pilotes ont constaté que le volant était beaucoup plus facile à tourner qu'il aurait dû l'être. Il semble qu’après avoir réussi à couper le compensateur électrique selon les instructions de Boeing, les pilotes du vol ET302 d'Ethiopian Airways, n'ont pas pu déplacer le volant de compensation contre les forces aérodynamiques énormes causées par l'accélération vers le sol de l’avion.


Les organismes de réglementation tentent maintenant de déterminer quelle formation sera nécessaire pour les pilotes avant de lancer de à nouveau les avions 737 Max.

Les mises logicielles seraient prêtes et testées par Boeing

Boeing a déclaré, la semaine dernière, qu'il avait terminé la mise à l'essai de ses mises à jour logicielles sur son 737 Max. Selon l’avionneur, le correctif apporté rendra possible ce qui suit :

  • Le système de commandes de vol va maintenant comparer les entrées des deux capteurs de l'angle d’attaque. Si les capteurs sont en désaccord de 5,5 degrés ou plus avec les volets rentrés, le MCAS ne s'activera pas et un indicateur sur l'écran du poste de pilotage avertira les pilotes ;
  • Si le MCAS est activé dans des conditions anormales, il ne fournira qu'une seule entrée pour chaque événement de l’angle d’attaque élevé ;
  • Désormais, le MCAS ne peut plus commander plus de stabilisateur que l'équipage de conduite ne peut contrer en tirant sur la colonne. Les pilotes auront toujours la possibilité d'outrepasser le MCAS et de contrôler manuellement l'avion.


Selon Boeing, ses mises à jour régleront le problème du MCAS. Boeing a déclaré qu'il avait également fourni « des renseignements supplémentaires pour répondre aux demandes de la FAA qui comprennent des détails sur la façon dont les pilotes interagissent avec les commandes et les écrans de l'avion dans différents scénarios de vol. Une fois les demandes traitées, Boeing travaillera avec la FAA pour planifier son vol d'essai de certification et soumettre la documentation finale de certification ». Une formation supplémentaire à l'intention des pilotes devrait faire partie du correctif.

Bien que les 737 Max soient cloués au sol jusqu’à présent, certaines compagnies comme Ryanair continuent « à avoir la plus grande confiance en ces avions ». Ryanair a commandé un certain nombre de 737 Max qui seront livrées « à l'hiver 2019 (sous réserve de l'approbation réglementaire par l'AESA) ». Le groupe allemand TUI également devrait décider, d'ici la fin du mois, d’abandonner ou pas l'espoir de voler avec ses 737 Max pour la saison des fêtes de cette année.

Depuis que l’avion a été frappé d’interdiction de vol, Boeing n’a pas encore reçu de nouvelles commandes. Mais avec les corrections logicielles apportées au MCAS et au simulateur de vol ainsi que les formations supplémentaires à donner aux pilotes, les choses pourraient changer lors du prochain salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, un grand événement commercial qui aura lieu le mois prochain.

Toutefois, la compagnie doit encore soumettre les changements aux organismes de réglementation, qui devront les approuver avant que l'avion puisse recommencer à voler. Espérons que le système MCAS soit devenu opérationnel, que les régulateurs fassent leur travail et que les pilotes soient correctement formés et informés des mises à jour dans l’avion.

Source : Boeing, The New York Times

Et vous ?

Que pensez-vous des ces nouvelles informations ?
Pensez-vus qu’avec ces dernières mises à jour, le 737 Max de Boeing va décoller bientôt ?

Lire aussi

Boeing 737 MAX, pourquoi une mise à jour logicielle ne peut pas compenser son défaut de conception, Gregory Travis suggère une révision du design
Crashs aériens : Boeing avait désactivé le signal d'alerte des 737 MAX pour le rendre payant, une partie des avions a failli être immobilisée dès 2018
Disparition du Boeing de Malaysia Airlines : méfiez-vous des fausses informations, les cyber escrocs sont à l'affût
Un bogue informatique avait contraint le Boeing 787 à être redémarré tous les 248 jours, pour éviter une interruption totale du système électrique
Boeing étudie la possibilité de remplacer ses pilotes par l'intelligence artificielle, dans ses vols commerciaux

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de melka one
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 22/05/2019 à 20:08
du coup c'est la faute au simulateur on a enfin trouver un coupable
Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 20:25
Le calvaire de Boeing continue malgré le sommet mondial organisé par la FAA
Pour discuter du cas des 737 Max toujours interdits de vol

La réunion organisée hier à Fort Worth au Texas à l’initiative de la Federal Aviation Administration (FAA) et de plusieurs autres régulateurs mondiaux de l’aviation civile ne laisse pour l’instant entrevoir aucune solution satisfaisante pour l’avionneur américain Boeing : aucun calendrier fixant la date de retour en service effective des 737 MAX du groupe n’a été arrêté. Les régulateurs qui ont participé à ce sommet ne se sont accordés que sur un point : la nécessité de prolonger l’interdiction de vol qui frappe tous les Boeing 737 MAX depuis le 13 mars dernier à la suite de deux catastrophes aériennes distinctes impliquant ce modèle, qui ont couté la vie à 346 personnes.


La FAA a profité de cet évènement pour renouveler sa promesse de procéder à un examen rigoureux de toute les solutions proposées par Boeing pour attester du respect draconien des critères de sécurité et de fiabilité exigés. La position ferme de l’organisme chargé de donner le feu vert à tout ce qui vole aux États-Unis dans ce dossier sensible peut apparaître comme une tentative de la FAA de reprendre la main alors qu’un audit du ministère des Transports américain sur les procédures de certification de l’organisation est en cours et qu’une enquête a été ouverte par le Département de la Justice afin de déterminer si Boeing a fourni « des informations incomplètes ou trompeuses » sur le 737 Max.

Il faut rappeler que le dispositif de stabilisation en vol qui doit permettre d’éviter le décrochage des 737 MAX, le MCAS, est impliqué dans les deux catastrophes aériennes qui ont frappé la compagnie indonésienne Lion Air le 29 octobre 2018 et Ethiopian Airlines le 10 mars 2019. La FAA ayant délégué une partie du travail de certification du 737 MAX au constructeur Boeing, certains estiment que ces deux entités sont responsables de la validation du MCAS défectueux de première génération et d’une certaine manière aussi responsables des deux crashs mortels de Boeing 737 MAX. Par ailleurs, des soupçons de collusion entre Boeing et la FAA ont commencé à faire surface vu le temps qu’il a fallu à la FAA pour prendre les mesures de sécurité d’urgence qui s’imposaient : la réaction tardive de la FAA contrastait fortement avec celle des autorités chinoises et européennes compétentes qui ont rapidement décidé de clouer au sol tous les Boeing 737 MAX en raison des similitudes existant entre les deux crashs qui impliquaient des jets 737 MAX de Lion Air et Ethiopan Airlines.

L’absence de consensus sur un calendrier de redéploiement est tout sauf une bonne nouvelle pour Boeing. Ça laisse supposer que les autorités de régulation devraient au mieux aboutir à une nouvelle certification en ordre dispersé de l’appareil. À ce propos, Dan Elwell, le chef intérimaire de la FAA, a déclaré que « le seul calendrier est de s’assurer que l’avion est sûr avant de voler », précisant que « chaque pays devrait prendre sa propre décision » pour les autorisations de remise en service, selon son propre agenda. Des représentants de l'Union européenne et du Canada ont par exemple assuré qu'ils n'autoriseraient pas les 737 Max à redécoller tant qu’ils n’auraient pas procédé à des révisions indépendantes.

Cette attitude devrait probablement marquer la fin du processus habituel de certification des avions commerciaux qui jusqu’ici était basé sur la réciprocité : quand la FAA donnait son feu vert, les autres régulateurs lui emboîtaient le pas. La trentaine de pays qui ont participé à ce sommet sont d’autant moins enclins à se précipiter que la FAA a reconnu que Boeing ne lui avait toujours pas soumis pour évaluation la mise à jour pourtant annoncée en grande pompe en mars dernier du MCAS, le système de stabilisation en vol qui doit permettre d’éviter un décrochage du 737 MAX. Certains pays, comme la Chine pourraient se montrer très exigeants, ne serait-ce qu’à cause de la guerre commerciale qui oppose actuellement Pékin aux Etats-Unis.

En marge de cette réunion, il faut signaler que le Syndicat national des pilotes de ligne d’Air France a de son côté exhorté l’Agence européenne de la sécurité aérienne à faire preuve de « transparence et d’indépendance » parce que « les seuls points de vue de Boeing et de la FAA ne sauraient suffire ». Il est encore trop tôt pour déterminer si le 737 Max nécessitera une formation sur simulateur pour les pilotes, ce qui demeure une option que certains pays comme le Canada pourraient exiger. Mais tout d’abord, les organismes de réglementation doivent évaluer les changements apportés au logiciel de Boeing. Un groupe d'experts de la FAA qui conseille l'agence sur la formation des pilotes a publié un rapport préliminaire en avril, concluant que les séances de simulation n'étaient pas nécessaires pour le 737 Max. Le rapport n'était pas définitif et l'agence n'a pas pris de décision.

L’interdiction de vol prolongée des 737 MAX risque d’affecter lourdement les comptes de Boeing. L’avionneur devra dédommager les compagnies aériennes possédant l’un des 737 MAX livrés avant l’interdiction mondiale de vol. Il devra aussi s’occuper de ses autres clients, notamment du manque à gagner qu’ils accusent à cause du retard de livraison des 737 MAX déjà commandés qui devaient être livrés depuis le 13 mars dernier. Un mois après le début de l’immobilisation des 737 MAX, Boeing a annoncé une première ardoise de 1 milliard de dollars et il devra bientôt faire face aux actions en justice intentées par les familles des victimes des deux accidents. Des spécialistes du secteur estiment d’ailleurs que « les malheurs du 737 MAX vont coûter des milliards au constructeur américain qui va avoir des problèmes de cash et devra mobiliser toutes ses énergies pour résoudre cette affaire ».

Source : Bloomberg, AFP

Et vous ?

Qu’en pensez-vous : Boeing mérite-t-il tout ce qui lui arrive ?

L'avionneur américain pourra-t-il sortir indemne de cette affaire ?

Pensez-vous que Pékin puisse utiliser cette affaire comme moyen de pression pour obtenir des concessions de la part de l’administration Trump dans le cadre du bras de fer commercial qui les oppose ?

Voir aussi

États-Unis : des procureurs fédéraux cherchent à savoir si Boeing a fourni des informations incomplètes ou trompeuses sur son 737 Max
Boeing admet que les simulateurs du 737 Max n'ont pas reproduit fidèlement ce qu'était le vol sans MCAS, selon un rapport
Boeing 737 MAX, pourquoi une mise à jour logicielle ne peut pas compenser son défaut de conception, Gregory Travis suggère une révision du design
Faisant face à des questions pointues, le PDG de Boeing refuse d'admettre les défauts du design du 737 Max et continue d'incriminer les pilotes
Avatar de 23JFK
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 12:57
La "carrière" du 737MAX pour le transport de voyageurs est terminée, son seul avenir encore possible est dans le fret.
Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 22:30
Citation Envoyé par 23JFK Voir le message
La "carrière" du 737MAX pour le transport de voyageurs est terminée, son seul avenir encore possible est dans le fret.
Je ne crois que beaucoup de pilote seront tenté par l'expérience. À moins de modifier le gouvernail de profondeur de ces avions, leur futur sera en pièce détaché.
Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 23:03
Citation Envoyé par Leruas Voir le message
C'est quand même dingue cette histoire...

La stabilité globale de l'appareil est impacté par le surpoids des nouveaux moteurs, au lieu de revoir la conception de l'ensemble de l'appareil, Boeing a décidé de juste rajouter un programme informatique pour compenser...
La lourdeur des moteurs, provoque des décrochages plus souvent de l'appareil.
Donc ils ont rajouté un système informatique pour détecter quand l'appareil va bientôt décrocher.
En cas d'activation de ce système, ça fait piquer l'appareil sans avertir les pilotes (sauf si option achetée...).

Comment cette version a pu être certifiée ?
Et le pire c'est qu'il y a que 2 sondes qui détectent si l'appareil va décrocher...
On aurait pu penser que dans l'aviation la redondance informatique est la priorité, ils auraient pu mettre 4 ou 6 sondes pour compenser la défaillance d'une sonde.
Ce n'est pas ce que j'ai lu sur les médias anglophones. En ajoutant de moteur plus gros, ils ont modifier l'effet de levier que les moteurs ont sur l'avion (Le 737 avait été dessiné pour des moteurs plus long, mais plus prêt des ailes ), ce qui fait que l'avion lève du nez quand les moteurs sont à pleins gaz. Et pour empirer les choses les ailes du gouvernail de profondeurs sont trop petite pour compenser. Donc pousser le manche ne permet pas de compenser. Pour palier au problème Boeing ont installé un système électronique automatiquement qui réduit les gaz des moteurs.

Mais pour des raisons de marketing , le 737 MAX a été vendu comme un avion qui ne nécessitait d’entraînement des pilotes. Contrairement au nouveau Airbus. Les pilotes qui pilotaient ces avions ignoraient tous du mécanisme de compensation.

Donc je vous laisse imaginé la panique d'un pilote quand mystérieusement les moteurs de votre avion se mettent à ralentir et que votre avion pique du nez sans raison apparente. Et comme le premier réflexe d'un pilote est de pousser les gaz pour compenser le ralentissement des moteurs. l'avion débutait un cycle de yo-yo infernal finissant par un crash.
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 26/05/2019 à 19:21
Citation Envoyé par 23JFK Voir le message
La "carrière" du 737MAX pour le transport de voyageurs est terminée, son seul avenir encore possible est dans le fret.
Pas forcément, hein, une fois tout remis à plat, cet avion magnifique pourra repartir de plus belle(ou pas, suivant ce que donnera la mise à plat). Ca reste un avion compétitif, très peu gourmand en carburant, doté d'une autonomie supérieur à ses concurrents directs(à l'exception du russe MS21, pas encore qualifié). Mais oui, il s'est mangé un sacré pain dans la tronche. Ca a beau être un bel avion - et rentable - et sur, paradoxalement, à par ce souci de pilotage automatique - ça reste un avion sur lequel on a planté des moteurs, et pas des moteurs autour desquels on a dessiné un avion(comme l'A220 ou le MS21). L'histoire de l'aviation a souvent donné un avantage aux avions dessiné autour de leur(s) moteur(s). Le A320neo a été redessiné pour ses nouveaux moteurs. Les Ejets d'Embraer ont carrément été complètement repensés pour cette nouvelle génération de moteurs.

Et ça manque aux MAX. Ca ne suffit pas à en faire de mauvais avions, mais l'impact de la décision d'aller au plus rapide n'est pas encore mesuré. Une fois qu'il sera pleinement mesuré, il sera possible de savoir quelles seront les conséquences.

Mais de toutes façons, il faut bien voir que même si Airbus augmente ses cadences(qui sont déjà au maximum, en fait) et que Comac et Irkut tournent à plein régime(alors que le C919 et le MS21 ne sont pas encore qualifiés), ça ne suffira pas pour remplacer les B737MAX. Donc ils revoleront - à moins que le trafic aérien ne s'effondre.
Avatar de Kapeutini
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 14:51
Finalement il y a comme une justice, après avoir jouer aux gangsters en taxant à 200% nos avions ... Ce qui est malheureux ce sont les morts.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 15:02
Citation Envoyé par Kapeutini Voir le message
en taxant à 200% nos avions ...
Les USA ont également fait des lois pour bloquer le concorde à l'époque.
USA : comment l’État a tué le vol supersonique
Les engins commerciaux ne se sont jamais déplacés aussi vite. Mais les vols supersoniques civils furent autrefois une réalité. De 1976 à 2003, les passagers pressés pouvaient sauter dans un majestueux avion de ligne supersonique Concorde à l’aéroport Heathrow de Londres et arriver à New York au bout de trois pauvres heures. Essayez de faire la même chose avec un vieux et ennuyant Boeing 747, vous en aurez pour au moins 7 ou 8 heures.
(...)
Vous pouvez remercier la FAA pour la médiocrité persistante du transport aérien. En 1973, en plein milieu d’amples développements du transport aérien, la FAA a bizarrement décidé d’interdire les vols supersoniques au-dessus des États-Unis. Pourquoi ? Lorsqu’un avion se déplace plus vite que la vitesse du son, il génère des ondes de choc toutes compressées en un seul « bang supersonique » extrêmement fort. La FAA et d’autres activistes civils se sont inquiétés des potentiels dommages que ces vols supersoniques pourraient causer sur l’environnement ou les infrastructures civiles.
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 04/06/2019 à 10:24
Citation Envoyé par Kapeutini Voir le message
Finalement il y a comme une justice, après avoir jouer aux gangsters en taxant à 200% nos avions ... Ce qui est malheureux ce sont les morts.
Oui, Trump a bien plombé le programme série C (déjà bien affaibli par des prix trop élevés et la guerre des prix menée, il fut un temps, par Airbus). Mais même sans compter cette histoire de MAX à problème, ça restait une erreur stratégique : ça a poussé Bombardier dans les bras d'Airbus(pour profiter de l'usine d'assemblage de Mobile, Alabama), et contraint Boeing à chercher des partenariats plus risqués(Embraer est en pleine forme et le partenariat est bien léger, quand à Antonov, c'est devenu un constructeur très secondaire).

Pour rappel, Air France a plein de Boeing 777 dans sa flotte. Ce n'est pas un hasard. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_...d%27Air_France
Avatar de Jonathan
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 11/06/2019 à 7:02
Boeing prévoyait d'attendre trois ans avant de résoudre son problème d'alerte de sécurité sur le 737 Max
selon des législateurs américains

Deux législateurs américains à savoir Peter DeFazio (Oregon) et Rick Larsen (Washington), ont déclaré vendredi dernier que Boeing Co. avait prévu de retarder de trois ans la résolution d'une alerte de non-fonctionnement de son appareil 737 Max et que la société avait finalement décidé d'accélérer le processus uniquement après le premier des deux accidents mortels impliquant des avions Max. Il faut peut-être préciser que les 2 législateurs dirigent un comité de la Chambre qui enquête sur les collisions et sur la réglementation de Boeing par la Federal Aviation Administration (FAA).

En 2017, Boeing a découvert de manière inattendue que l'un des indicateurs d'avertissement de son plus récent avion à réaction 737 Max ne fonctionnait pas. La société avait réalisé que cet indicateur était lié aux écrans AOA, qui affichent des lectures de capteurs individuels. Après avoir découvert ce problème de sécurité, l’entreprise aurait dû accorder la priorité à la résolution du dysfonctionnement de l’alerte le plus rapidement possible, mais ce n’était pas le cas. Au lieu de cela, Boeing a procédé à un examen interne et a jugé l’alerte de désaccord AOA non-cruciale. Ce n'est qu'après les déclarations des législateurs, qu'un porte-parole de la société a avoué que la compagnie avait initialement prévu de corriger ce dysfonctionnement lorsqu'elle commencerait à proposer un nouveau modèle plus grand du Max aux compagnies aériennes en 2020.


Il faut préciser qu'il s'agit d'une fonction appelée angle d’attaque ou alerte AoA, conçue pour avertir les pilotes lorsque des capteurs fournissent des informations incorrectes sur la hauteur du nez de l'avion. Il semblerait donc que cette fonctionnalité ait mal fonctionné lors des vols Lion Air et Ethiopian Airlines. Les 2 avions se sont écrasés, faisant 346 morts. Pour l'heure, on ne sait pas si les crashs auraient pu être évité si l'alerte AoA avait bien fonctionné, mais toujours est-il que ce n'est qu'après le premier de ces crashs survenu en octobre dernier, que la société Boeing s'est rendu compte de l'importance de régler au plus vite ce dysfonctionnement dont elle connaissait l'existence depuis un an déjà.

Boeing n'a informé la FAA au sujet de ce dysfonctionnement qu'un mois après le premier crash c'est-à-dire en novembre 2018 et l'affaire avait ensuite été transmise à un comité d'examen de la FAA, qui l'avait alors considérée comme étant un faible risque. DeFazio et Larsen ont écrit à Boeing et à la FAA, pour demander pourquoi il avait fallu plus d'un an à la compagnie pour dire à l'agence de sécurité et aux compagnies aériennes que la fonctionnalité présentait un dysfonctionnement Max.

Gordon Johndroe, le porte-parole de la société a déclaré : « Nous avons échoué dans la mise en œuvre de l'alerte AoA Disagree et prenons des mesures pour remédier à ces problèmes afin qu'ils ne se reproduisent plus. Tous les jets Max actuels seront dotés de l’alerte comme équipement standard et les avions nouvellement construits l’auront aussi. »

Boeing est entrain d'optimiser son logiciel appelé MCAS, de manière à ce qu'il se fie aux lectures de deux capteurs au lieu d'un, et qu'il soit plus facile pour les pilotes de gérer la situation en cas de dysfonctionnement. On ne sait pas encore combien de temps mettra la FAA pour approuver ces modifications, mais jusqu'à ce que cela soit fait, les avions Max de Boeing sont cloués au sol depuis déjà le mois de mars de cette année.

Source : Los Angeles Times

Et vous ?

Quel commentaire faites-vous de ces nouvelles révélations ?
Pensez-vous que Boeing sera poursuivi en justice pour ces crashs ?

Voir aussi :

Boeing 737 MAX, pourquoi une mise à jour logicielle ne peut pas compenser son défaut de conception, Gregory Travis suggère une révision du design
Boeing croyait que le voyant d'alerte de désaccord AOA était une caractéristique standard sur le 737 Max alors qu'il était facturé en option
Un bogue informatique avait contraint le Boeing 787 à être redémarré tous les 248 jours pour éviter une interruption totale du système électrique
Contacter le responsable de la rubrique Systèmes embarqués

Partenaire : Hébergement Web