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Boeing a officiellement cessé de fabriquer les avions 737 Max cloués au sol à cause des problèmes logiciels,
Pendant qu'Airbus a décidé d'augmenter la production de l'A321 Neo

Le , par Stan Adkens

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Alors que Boeing a seulement découvert le dernier des problèmes logiciels sur son avion 737 Max, cloué au sol depuis plus de 10 mois, l’avionneur américain a confirmé lundi qu’il a temporairement arrêté la construction de son avion le plus vendu, a rapporté CNN Business. Cette suspension de production avait déjà été annoncée en décembre dernier, mais la compagnie n'avait pas encore donné de jour précis pour cet arrêt.

Dans une déclaration, l'Administration fédérale de l'aviation (FAA) a dit que sa priorité est la sécurité, et qu'elle « suit un processus approfondi et délibéré pour vérifier que toutes les modifications proposées au Boeing 737 MAX répondent aux normes de certification les plus élevées ». L’agence fédérale a ajouté qu'elle continue à travailler avec d'autres régulateurs de sécurité « pour examiner le travail de Boeing, alors que la compagnie effectue les évaluations de sécurité requises et traite toutes les questions qui se posent pendant les essais ». Toutefois, elle n'a pas indiqué de délai pour l'achèvement de ses travaux.


Pour rappel, le 737 Max de Boeing est interdit de vol depuis mars dernier suite à deux accidents mortels qui ont impliqué deux compagnies aériennes et fait 346 morts. Pendant ce temps, la compagnie a continué à construire les avions, bien qu’elle n'ait pas pu livrer les 737 Max à ses clients, et même si le rythme de production avait été légèrement réduit à 42 par mois. Maintenant, selon CNN Business, Boeing a environ 400 jets terminés, stationnés à Washington et au Texas, en attente d'être livrés aux compagnies aériennes du monde entier, dont la plupart avaient déjà différé, jusqu'en juin au moins, la reprise les vols commerciaux utilisant l’avion en difficulté.

L’avion 737 Max ne volera pas de nouveau avant au moins la mi-2020

Boeing espérait que l'avion vole à nouveau avant la fin de l'année 2019, avant d’annoncer en décembre qu’il avait l’intention de suspendre temporairement la production. Dans un communiqué de presse publié sur son site Web mardi, la compagnie a annoncé qu'il estime maintenant que le 737 Max en difficulté ne pourra pas voler de nouveau avant au moins la mi-2020. Ce nouveau délai annoncé signifie que le 737 Max aura été immobilisé au sol pendant au moins un an, quelle que soit la date à laquelle il reprendra son vol. En décembre, Stephen Dickson, administrateur de la FAA, avait annoncé que l'approbation ne viendrait qu'en 2020.
Boeing a dit qu’il informera ses clients et ses fournisseurs du nouveau calendrier. Boeing a déclaré dans le communiqué de presse :

« Cette estimation mise à jour s'appuie sur l'expérience que nous avons acquise jusqu'à présent dans le cadre du processus de certification. Elle est soumise à nos efforts continus pour faire face aux risques connus liés aux horaires et aux développements ultérieurs qui pourraient survenir dans le cadre du processus de certification ». « Elle tient également compte de l'examen rigoureux que les autorités de régulation appliquent à juste titre à chaque étape de leur examen du système de contrôle de vol du 737 Max et du processus du Joint Operations Evaluation Board qui détermine les besoins en formation des pilotes ».

Les défauts continuent à faire surface sur l'avion, notamment un tout nouveau problème logiciel (distinct du système de contrôle de vol MCAS responsable des accidents mortels de l'année dernière) qui affecte le processus de mise sous tension des ordinateurs de bord. La FAA attend toujours de pouvoir effectuer un vol de certification crucial qui permettrait de lever l’interdiction de vol de l'avion, tandis que les exigences et les manuels de formation des pilotes sont toujours en cours de révision.


Cependant, malgré l’arrêt de production, Boeing n'accordera pas de congé ou ne licenciera pas de travailleurs. En effet, Boeing qui espère toujours reprendre bientôt le travail sur l'avion, les économies réalisées par le processus de licenciement des travailleurs seraient probablement limitées. CNBC a rapporté récemment que Boeing serait en pleine négociation pour obtenir un prêt d’une valeur de 10 milliards de dollars pour faire face à la montée des coûts résultants des deux accidents mortels du 737 Max. Boeing ne peut pas également prendre le risque de perdre les travailleurs dont il aura besoin une fois que la production reprendra.

Dans un courriel adressé aux employés de Boeing la semaine dernière, le nouveau PDG Dave Calhoun a déclaré que la société « continuerait à prendre des mesures pour maintenir notre chaîne d'approvisionnement et l'expertise de notre main-d'œuvre afin que nous soyons prêts à relancer la production ».

La suspension de fabrication de l’avion 737 Max aura un effet sur les fournisseurs

Selon CNN Business, si Boeing ne compte par libérer le personnel travaillant sur le 737 Max, ce ne sera pas le cas chez ses fournisseurs. Le plus grand fournisseur de Boeing, Spirit AeroSystems (SPR), qui fabrique le fuselage et d'autres pièces pour la Max, a annoncé le 10 janvier qu'il allait licencier 2 800 employés à Wichita, dans le Kansas. L'arrêt de Spirit durera probablement plus longtemps que celui de Boeing, car il a continué à fabriquer 52 fuselages par mois depuis mars, soit plus que le rythme réduit auquel Boeing construisait, a rapporté CNN.

D'autres fournisseurs de Boeing auraient également licencié du personnel sans faire d'annonces publiques, a rapporté CNN. Selon l'agence de notation Moody's, au moins sept autres fournisseurs de Boeing ont tiré 10 % ou plus de leurs revenus du programme 737 Max. Quant à Spirit, le Max représentait environ 50 % des activités, selon CNN.

Pendant que Boeing cesse temporairement de fabriquer le 737 Max, Airbus a décidé d’augmenter la production de l’A321 Neo

Alors que Boeing a suspendu la construction du 737 MAX et estimé la reprise des vols commerciaux au moins à mi-2020, l’avionneur européen Airbus va augmenter la production. La compagnie a annoncé mardi, la création, d'ici à mi-2022, d'une nouvelle chaîne d'assemblage de l'A321, lit-on sur son site Web. Après avoir étudié plusieurs sites (Hambourg, Illescas en Espagne notamment), Airbus a choisi Toulouse « pour sa compétitivité globale, les délais de commercialisation, le coût d'investissement, la surface au sol et les ressources disponibles ».


Installée dans l'usine "Jean-Luc Lagardère" dans lequel sont assemblés les A380, la nouvelle ligne d'assemblage final « sera dotée des dernières technologies numériques », explique Airbus. Selon des sources syndicales, elle sera néanmoins moins automatisée que celle de Hambourg qui a connu des difficultés. La chaîne d'assemblage actuelle d'A320 de Toulouse sera elle aussi modernisée.

Selon Airbus, la nouvelle chaîne d'assemblage permettra de résorber en partie les goulets d'étranglement observés dans la production de l'A321, assemblé aujourd'hui à Hambourg et à Mobile aux États-Unis. Pour l'usine toulousaine, qui construit aujourd'hui 16 A320 par mois, mais pas d'A321, cette nouvelle chaîne d'assemblage permet de surfer sur un segment de marché qui a le vent en poupe. Les ventes d'A321 deviennent de plus en plus importantes par rapport à l'A320. « L'A321 représente désormais 40 % du carnet de commandes des avions de la famille A320 », d’après Airbus.

Boeing et son avion 737 Max, son modèle le plus vendu à ce jour, sont plongés dans un état de crise permanent depuis près d'un an. La compagnie ne pouvait pas continuer indéfiniment à supporter les coûts de leur construction sans pouvoir les livrer. Avec un éventuel levé d’interdiction de vol en mi-2020, c’est difficilement que Boeing devrait reprendre, à cause des dettes dues à l’échouement du 737 Max, fabriqué à l’époque pour concurrencer A320neo.

« Nous bénéficions d'une forte demande qui atteint des niveaux sans précédent pour notre famille leader A320neo, en particulier ses dérivés A321 long-courrier (Long Range (LR)) et très long-courrier (Xtra Long Range (XLR) », a déclaré Michael Schoellhorn, Chief Operating Officer d'Airbus. « Afin d'optimiser le flux industriel, nous avons décidé d'augmenter notre capacité et flexibilité globale de production pour l'A321, mais aussi d'établir une chaîne d'assemblage final de nouvelle génération à Toulouse ».

Source : CNN, Boeing, Airbus

Et vous ?

Que pensez-vous de l’arrêt temporaire de la construction de l’avion le plus vendu de Boeing ?
Que pensez-vous de l’augmentation de la production des A321 Neo alors que le 737 Max est en difficulté ?
A321 Neo est-il parti pour ravir les parts de marché du Boeing 737 Max ?

Lire aussi

Boeing va suspendre temporairement la production de son jet 737 Max en janvier 2020, en attendant l'aval des régulateurs de l'aviation civile à l'échelle mondiale
Boeing cherche à obtenir un prêt de 10 milliards de dollars US, pour faire face à la montée des coûts résultants des deux accidents mortels du 737 Max
Boeing découvre un nouveau problème logiciel sur le 737 Max, dont la remise en service pourrait être encore retardée après plusieurs mois cloué au sol
Un bogue logiciel de l'Airbus A350 oblige les compagnies aériennes à redémarrer les avions, toutes les 149 heures

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Avatar de Edrixal
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 14:34
Citation Envoyé par MRSizok Voir le message
Qu'il faut leur lâcher les basquettes. Boeing exerce depuis des années. Que si vraiment cette avion était si pourri et que les employées étaient si certain d'eux. Pourquoi ils ont rien fait?
Saleté d'employé ! Ils aurait pu faire un effort et court-circuité la hiérarchie et déposer une plainte au commissariat du coin quand même !
Peut être tout simplement qu'aucun employé n'avais toute les cartes en main pour pouvoir prendre une décision et ou apporter les preuves nécessaire. De plus quel est le poids d'un employé face à une multinationale, multimilliardaire ? Sans compte que c'est la boite qui leur verse un salaire et qu'ils doivent avoir signé des clauses de confidentialité de tous coter.

Non franchement, qu'attendent les employés ?
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Avatar de Christian Olivier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 13:49
Boeing licencie l'un de ses cadres moyens suite à la divulgation de courriels "embarrassants" pour la société
Alors même que ce dernier ne semble pas impliqué dans cette affaire

Le géant de l’aérospatiale Boeing a licencié l’un de ses employés ce mercredi à la suite d’une affaire embarrassante concernant des courriels envoyés par des pilotes qui s’inquiétaient de la sécurité du Boeing 737 Max. Keith Cooper, l’ancien vice-président de la formation et des services professionnels chez Boeing, n’a pas participé à l’envoi ou à la réception desdits courriels, mais il a supervisé deux pilotes qui ont envoyé des messages internes dans lesquels ils se plaignent de l’avion de ligne, selon le Wall Street Journal, qui précise que les noms des employés qui ont écrit les courriels et les SMS ont été caviardés.


Pour rappel, les Boeing 737 Max sont interdits de vol depuis le 13 mars dernier à la suite de deux catastrophes aériennes distinctes impliquant ce modèle qui ont couté la vie à 346 personnes. Le constructeur américain d’aéronefs a depuis arrêté la production de l’avion peu et le jet 737 Max ne volera probablement pas avant au moins la mi-2020. Les détails des messages dans lesquels des employés du groupe affirment que l’avion a été fabriqué par des « ;clowns ;» ont plongé l'avionneur dans l’embarras. Ces messages rendu public en janvier dernier peu après le départ de l’ancien PDG de Boeing Dennis Muilenburg, mettent en scène un étalage choquant d’employés qui fustigent et/ou se moquent intentionnellement des clients de Boeing, des régulateurs de l’aviation civile US, de leurs responsables et de leurs collègues.

Les documents en question ont été remis plus tôt (en décembre dernier) au Comité des transports et des infrastructures de la Chambre des représentants des États-Unis ainsi qu'à la Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur de l’aviation civile aux USA. Ils brossent un tableau inquiétant de la politique de Boeing en matière de sécurité et de la réaction du groupe au lendemain des deux accidents d’avion mortels qui ont pris la vie de 346 morts. L’avionneur américain avait déjà publié plus de 2016 messages internes, dont un émis par un pilote s’interrogeant sur les performances d’un dispositif de sécurité essentiel pendant les essais. D’autres messages sont cependant moins tendres vis-à-vis de Boeing lorsque leurs émetteurs (tous employés du groupe) font référence au 737 MAX :
  • « ;C’est une blague. Cet avion est ridicule ;» ;;
  • « ;Je serai choqué si la FAA valide cette merde ;» ;;
  • « ;Cet avion est conçu par des clowns qui sont à leur tour supervisés par des singes ;» ;;
  • « ;Pourrais-tu faire monter un membre de ta famille à bord d’un avion d’entraînement Max sur simulateur ;? Je ne le ferais pas ;».

Certains messages semblent même évoquer des tromperies faites aux régulateurs sur les problèmes liés aux simulateurs ou aux avions : « ;Je n’ai pas encore été pardonné par Dieu pour la dissimulation que j’ai faite l’année dernière ;», a déclaré un employé dans un message de 2018.

Certains employés de Boeing se sont également moqués des responsables d’Indonesia Lion Air, les qualifiant « ;d’idiots ;», car ils voulaient que leurs pilotes suivent une formation supplémentaire sur le 737 MAX, un an avant l’accident mortel qui a fait 189 morts. Ces messages accablants montrent que Lion Air a fait part de ses préoccupations concernant la formation de ses pilotes et demandé à ce que ses pilotes suivent une formation plus poussée sur simulateur pour le 737 MAX. D’autres se plaignent de la direction de Boeing, de la sélection de fournisseurs à bas prix initiée par l’entreprise et du gaspillage d’argent.


Boeing, qui est pris dans la tourmente depuis des mois et cherche tant bien que mal à limiter la casse, a déclaré qu’il envisageait des mesures disciplinaires contre certains employés à cause de leurs échanges de messages. Hormis l’ancien DG du groupe (Muilenburg) qui a été évincé, Cooper est le premier employé à être licencié par Boeing, bien qu’il n’ait pris part à aucune des conversations troublantes publiées. Le cadre moyen a supervisé deux des pilotes qui ont fait part de leurs préoccupations. Toutefois, on ne pourrait pas non plus exclure que dans l'un des mémos cités précédemment (« ;cet avion est conçu par des clowns qui sont à leur tour supervisés par des singes ;»), le mot singe renvoie peut-être à Keith Cooper puisqu’il était superviseur.


Pour résumer : pour soigner son image, Boeing vient peut-être de renvoyer un employé (possible victime de discrimination raciale ;?) qui ne savait apparemment rien sur des courriels avec lesquels il n'avait rein à voir, qu’il n’avait ni envoyés ni reçus et dans lesquels d'autres personnes exprimaient leurs préoccupations internes quant aux graves défauts de conception du 737 MAX, par exemple. Le point de vue de dirigeants du groupe serait-il que les cadres moyens comme Cooper auraient dû suffisamment menacer les personnes sous leur supervision pour qu’elles s’autocensurent ;? La culture d’entreprise chez Boeing ne serait-elle pas à revoir ;?

Source : WSJ

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
La culture d’entreprise chez Boeing ne serait-elle pas à revoir ;?

Voir aussi

Boeing pourrait suspendre la production du 737 Max, en raison des répercussions économiques de la crise qui dure depuis 5 mois
Le correctif logiciel de Boeing pour le problème du 737 MAX submerge l'ordinateur de bord de l'avion, selon les pilotes de la FAA
Les écrans de cockpit des Boeing 737 NG deviennent vierges lors de tentatives d'atterrissage sur des pistes spécifiques, aux USA, en Colombie et en Guyana
La FAA aurait assoupli le processus d'approbation du logiciel MCAS du Boeing 737 Max en 2017, selon les résultats d'une enquête
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Avatar de Fleur en plastique
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 10/03/2020 à 11:41
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Certains pilotent savaient, des accidents ont été évités. Malheureusement l'information n'était pas parvenu à tout le monde
Justement. L'information n'était pas transmise parce que l'un des "avantages" du Boeing 737 MAX était l'absence totale de formation requise, donc économie de coût. De monstrueux pans de logiciels ont été mis en place pour autant que possible émuler l'ancien comportement, tout ça pour éviter une formation. Mais il aurait fallu aussi une formation pour le logiciel d'émulation, mais toute référence a été sciemment effacée et masquée.

Sans parler du fait de n'associer qu'un seul capteur à ce logiciel, et de ne pas prévoir de redondance, sauf à payer une option.

Tout a été fait côté Boeing pour maximiser les profits ; ceux de Boeing (plus de ventes grâce à la chimère d'un avion sans formation; tout en option, y compris la sécurité la plus élémentaire, et maximiser la présence de vieille technologie plus aux normes, notamment le fameux vérin de direction, en tirant partie de la clause du grand-père pour économiser des frais de développement et de certification), et ceux des compagnies aériennes clientes (pas de formation). Voilà où mène l'économie des coûts à l'extrême : des centaines de morts, un avion mort-né avec des centaines en stock qui n'ont jamais volé, une compagnie ruinée, une image désastreuse, le monde entier qui se moque de Boeing et de la soi-disante USA Qualität.

Il n'y a pas eu qu'une seule faute, mais des dizaines ; surtout côté Boeing, mais aussi côté FAA, on ne fait pas certifier un produit par son propre constructeur, cela paraît pourtant élémentaire. S'il n'y a pas de moyens, il n'y aurait pas dû avoir de certification. Si des politiques ont obligé la FAA à faire certifier par Boeing, ceux-là doivent être aussi traduits en justice.
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Avatar de Christ D
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 28/01/2021 à 23:35
Tous les journalistes mettent tout sur le dos du système MCAS.
Evidement oui, c'est lui qui a décidé lors des accidents de faire baissez le nez d' l'avion si brutalement que cela a aboutit à 2 crashs.
Mais le vrai problème n'est pas là.
Le vrai problème est que Boeing a eu besoin d'installer un tel système de contrôle d'incidence.
La raison est simple : le 737 , best-seller de Boeing date des années 1970.
De base, sa cellule est "basse sur patte" parce qu'à l'origine, les moteurs montés étaient des simples flux de faible puissance et fort consommateurs de pétrole dont l'encombrement est faible.
Boeing n'a cessé de modernisé le 737 pour bénéficier de la bonne image auprès des clients (comme vW le fait avec la Golf) et économiser l'argent nécessaire au développement d'un nouvel appareil.
Petit à petit, la puissance a doublé, des doubles flux ont été monté, ils avaient installé des nacelles spéciales dont la base est presque plate pour éviter que les nacelles moteurs ne trainent par terre (ça passait tout juste). Jusque là tout allait bien.
Puis ils ont voulu monter les tout derniers moteurs, les plus économes en carburant et aussi les plus puissant (comme Airbus l'a fait sur le 330 et le 350... mais pas sur le 320).
Mais la soufflante de ces moteurs est si immense, qu'il était impossible de les monter là où se trouve normalement les moteurs du 737.
Donc ils ont avancé (et pas qu'un peu) le pylône pour rehausser la fixation des moteurs, ce qui coûte bien moins cher que de modifier le train donc son logement dans le fuselage donc le fuselage et ainsi de suite jusqu'à la production d'un nouvel avion.
Ils ont donc complètement déplacer le centre de poussée , multiplié par 2 la puissance ce qui peut génèrer un couple cabreur ingérable.
On obtient un avion mal né, qui ne peut pas volé sans être contrôlé par de l'informatique. Et de là vient l'installation du système MCAS disposant de la puissance nécessaire pour contrer ce couple cabreur. Couple qu'un humain ne pourrait pas contrer tout comme il ne peut pas contrer le système MCAS lorsque celui-ci prend une décision erronée.
Si un avion est mal conçus, l'informatique n'y pourra rien.
Le 737 MAX aurait pu être un magnifique nouveau best-seller 7X7 si boeing avait voulut y mettre le prix

1ère version du 737 avec ces simples flux :
https://static01.nyt.com/images/2019...&auto=webp

version modernisée avec des SNECMA CFM 56 double flux avec nacelles spéciales :
https://i.ebayimg.com/images/g/7WQAA...54l/s-l500.jpg

737-MAX
https://www.lesuricate.org/wp-conten...06/ryanair.jpg

Airbus fait des avions disposant d'automatismes de sécurité depuis 40 ans mais pas des avions ne pouvant pas voler sans eux. Boeing si
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/10/2021 à 15:49
L'ancien pilote technique en chef de Boeing inculpé pour fraude suite à des problèmes avec le logiciel MCAS du Boeing 737 Max,
risque 10 ans de prison pour chaque chef d'accusation

L'ancien pilote technique en chef de Boeing, Mark Forkner, a été inculpé de deux chefs de fraude et de quatre chefs de fraude électronique pour son rôle dans la débâcle du Boeing 737 Max. Il est accusé d'avoir caché des informations aux évaluateurs de la FAA sur le logiciel du Boeing 737 Max qui était au cœur de deux accidents qui ont fait 346 morts. Un acte d'accusation n'est qu'une allégation, et tous les accusés sont présumés innocents jusqu'à ce que leur culpabilité soit prouvée hors de tout doute raisonnable devant un tribunal.

Boeing fait l'objet de multiples enquêtes depuis 2019, lorsqu'un avion Max exploité par Ethiopian Airlines s'est écrasé cinq mois seulement après qu'un autre avion appartenant à l'Indonésie, Lion Air, a plongé dans la mer. Les enquêteurs ont découvert qu'à ces deux occasions, un capteur défectueux a provoqué un déclenchement erroné du système automatique anti-décrochage, le « Maneuvering Characteristics Augmentation System » (MCAS), forçant l'avion à piquer du nez. Les pilotes de Lion Air et d'Ethiopian Airlines se sont battus pour redresser leurs jets, mais ont été dépassés par le système automatique à chaque fois qu'ils ont essayé.

Un rapport, publié en septembre 2020, a mis en évidence des défaillances dans la conception de l'avion et une relation trop étroite entre la compagnie et le régulateur. Boeing a caché des défauts de conception de son jet 737 Max aux pilotes et aux autorités de réglementation alors qu'il s'efforçait de faire certifier l'avion comme étant apte à voler, selon l’enquête.


Le rapport de la commission parlementaire a examiné les défauts d'ingénierie et de conception technique de Boeing, en particulier dans le développement du nouveau logiciel de contrôle MCAS. Après 17 mois d'enquête, il a indiqué comment Boeing a tenté de minimiser la formation nécessaire des pilotes pour piloter le nouveau Max, qui était sorti en toute hâte pour tenter de concurrencer l'Airbus A320neo.

Le rapport a révélé que la compagnie avait réussi à persuader la FAA de ne pas classer le système anti-décrochage comme « critique pour la sécurité », ce qui signifie que de nombreux pilotes ne connaissaient même pas son existence avant de piloter le Max. La Commission a aussi détaillé les hypothèses erronées et dépassées que les ingénieurs ont faites sur la façon dont les pilotes réagiraient dans une telle crise et comment Boeing n'a pas installé un système d'alerte qui aurait pu avertir l'équipage, entre autres défaillances techniques.

Le rapport a regretté qu’une « culture de la dissimulation » chez Boeing ait contribué aux échecs : « Dans plusieurs cas critiques, Boeing a dissimulé des informations cruciales à la FAA, à ses clients et aux pilotes de 737 MAX ». Mais il y a eu des problèmes au sein de la FAA également. « Le fait qu'un avion conforme ait souffert de deux crashs mortels en moins de cinq mois est la preuve évidente que le système réglementaire actuel est fondamentalement défectueux et doit être réparé », selon le rapport.

Selon l’enquête, « [Les deux crashs] ont été l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la [Federal Aviation Administration] - le résultat pernicieux de la mainmise réglementaire de la part de la FAA en ce qui concerne ses responsabilités d'exercer une surveillance rigoureuse sur Boeing et de garantir la sécurité du public voyageur ».

« Les faits exposés dans ce rapport font état d'une série inquiétante de mauvais calculs techniques et d'erreurs de jugement troublantes de la part de Boeing en matière de gestion. Il met également en lumière de nombreux manquements à la surveillance et aux responsabilités de la FAA qui a joué un rôle important dans les crashs des 737 Max », lit-on dans le rapport de 238 pages qui détaille comment Boeing a tenté de minimiser les tests réglementaires.

Boeing était au courant du problème du 737 MAX

Le constructeur américain avait nié qu’il était au courant des problèmes qu’avait le 737 MAX, mais les messages que se sont échangés les pilotes Mark A. Forkner et Patrik Gustavsson en 2016 et révélés en octobre 2019 ont prouvé le contraire. L’un deux, Mark A. Forkner, alors pilote technique en chef du Boeing 737, disait dans l’un de ses messages envoyés à Patrik Gustavsson que le MCAS s'engageait « comme un fou », en qualifiant le problème de « flagrant ». Il a aussi abordé le fait que Boeing avait induit en erreur la Federal Aviation Administration (FAA).

« J'ai donc essentiellement menti aux organismes de réglementation (sans le savoir) », a-t-il écrit. Forkner s’est, semble-t-il, rendu compte de ses erreurs après avoir pratiqué des tests techniques sur le 737 Max et son logiciel MCAS dans un simulateur. À son tour, Patrik Gustavsson lui avait répondu que « ce n'était pas un mensonge », ajoutant « personne ne nous a dit que c'était le cas ». Ces messages en date de 2016, un an avant la certification du 737 Max, montrent que Boeing a menti, mais aussi, qu'il a induit la FAA en erreur quant à la sécurité de son aéronef.

Le 737 MAX a été officiellement certifié en mars 2017, mais a été immobilisé dans le monde entier pendant 20 mois à la suite des accidents d'octobre 2018 et de mars 2019, qui ont fait 346 morts. Le MAX a été autorisé à voler à nouveau fin 2020, une fois le logiciel MCAS modifié.


En plus du MCAS qui a connu une amélioration, d’autres mises à jour supplémentaires sans rapport avec les accidents ont également été apportées. Il s’agit notamment de la modification de certains câblages pour répondre aux exigences de la FAA, ce qui a nécessité d’installer deux mises à jour logicielles supplémentaires. Par ailleurs, eu égard aux améliorations apportées à l’appareil, les pilotes des compagnies aériennes qui disposent du 737 Max doivent effectuer une formation avant de prendre à nouveau les commandes de l’appareil. En outre, chaque avion Max sera soumis à une inspection interne et à un vol de préparation avant de transporter des passagers. Ce sont toutes ces mesures associées à d’autres qui ont incité la FAA à accorder son autorisation pour la remise en service du 737 Max. Elle a depuis été rejointe par des régulateurs au Brésil.

Boeing a reconnu sa responsabilité dans la tromperie des régulateurs et a accepté de payer plus de 2,5 milliards de dollars pour régler certaines poursuites.

La décision de justice

Jeudi 14 octobre, un grand jury fédéral du district nord du Texas a inculpé l'ancien pilote technique en chef de Boeing qui est accusé d'avoir trompé le groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Administration dans le cadre de son évaluation de l'avion 737 MAX de Boeing et d'avoir comploté pour frauder les clients de la compagnie aérienne américaine de Boeing afin d'obtenir des dizaines de millions de dollars pour Boeing.

Selon des documents judiciaires, Mark A. Forkner, 49 ans aurait trompé la FAA AEG lors de l'évaluation et de la certification par l'agence de l'avion 737 MAX de Boeing. Comme allégué dans l'acte d'accusation, Forkner a fourni à l'agence des informations matériellement fausses, inexactes et incomplètes sur une nouvelle partie des commandes de vol du Boeing 737 MAX appelée Système d'augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS).

« Pour tenter d'économiser de l'argent pour Boeing, Forkner aurait caché des informations critiques aux régulateurs », a déclaré le procureur américain par intérim Chad E. Meacham pour le district nord du Texas. « Son choix impitoyable d'induire la FAA en erreur a entravé la capacité de l'agence à protéger le public volant et a laissé les pilotes dans l'embarras, manquant d'informations sur certaines commandes de vol du 737 MAX. Le ministère de la Justice ne tolérera pas la fraude, en particulier dans les secteurs où les enjeux sont si importants ».

Forkner aurait caché des informations cruciales sur le Boeing 737 Max et trompé la FAA, montrant un mépris flagrant pour ses responsabilités et la sécurité des clients et des équipages des compagnies aériennes », a déclaré le directeur adjoint Calvin Shivers du FBI. « Le FBI continuera de détenir des individus comme Forker. responsables de leurs actes frauduleux qui portent atteinte à la sécurité publique ».

« Il n'y a aucune excuse à ceux qui trompent les organismes de réglementation de la sécurité pour des raisons de gain personnel ou d'opportunité commerciale », a déclaré l'inspecteur général Eric J. Soskin du département américain des Transports. « Notre bureau travaille en permanence pour aider à garder le ciel sûr pour le vol et à protéger le public voyageur des dangers inutiles. Les accusations portées aujourd'hui démontrent notre engagement indéfectible à travailler avec nos partenaires chargés de l'application de la loi et des poursuites pour tenir pour responsables ceux qui mettent des vies en danger. »

Forkner est accusé de deux chefs de fraude impliquant des pièces d'avion dans le commerce interétatique et de quatre chefs de fraude par fil. Il devrait comparaître pour la première fois vendredi à Fort Worth, au Texas, devant le juge américain Jeffrey L. Cureton du tribunal de district américain du district nord du Texas. S'il est reconnu coupable, il encourt une peine maximale de 20 ans de prison pour chaque chef d'accusation de fraude électronique et de 10 ans de prison pour chaque chef d'accusation de fraude impliquant des pièces d'avion dans le commerce interétatique. Un juge d'un tribunal fédéral de district déterminera toute peine après avoir pris en compte les directives américaines sur la détermination de la peine et d'autres facteurs statutaires.

Source : ministère de la Justice
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/11/2021 à 22:02
Boeing admet être entièrement responsable du crash du modèle 737 Max en Éthiopie suite à des problèmes avec le logiciel MCAS,
une « étape importante » selon les avocats des familles

Boeing a reconnu l'entière responsabilité du deuxième crash de son modèle 737 Max en Éthiopie, dans le cadre d'un accord juridique avec les familles des 157 victimes. Les avocats des familles ont déclaré qu'il s'agissait d'une « étape importante » pour que les familles obtiennent justice.

La stipulation légale, déposée mercredi à Chicago et en attente de l'approbation du tribunal mardi prochain, indique que l'avionneur accepte la responsabilité du crash du vol 302 d'Ethiopian Airlines en mars 2019, après avoir « produit un avion dans un état dangereux », et ne chercherait pas à blâmer toute autre partie, notamment les pilotes.

Cela ouvre la voie aux familles de toutes les victimes de l'accident, originaires de 35 pays, pour demander une indemnisation aux États-Unis en vertu de la loi de l'Illinois, en échange de ne pas demander de dommages et intérêts punitifs contre Boeing, limitant la responsabilité financière potentielle du constructeur.

Le 737 Max d'Ethiopian Airlines s'est écrasé peu après son décollage d'Addis-Abeba pour Nairobi. Il s'agissait de la deuxième catastrophe du 737 Max en six mois après le crash d'un avion de Lion Air en Indonésie en octobre 2018, tuant 189 personnes.

Le rapport qui met en évidence les défaillances dans la conception de l'avion

Un rapport, publié en septembre 2020, a mis en évidence des défaillances dans la conception de l'avion et une relation trop étroite entre la compagnie et le régulateur. Boeing a caché des défauts de conception de son jet 737 Max aux pilotes et aux autorités de réglementation alors qu'il s'efforçait de faire certifier l'avion comme étant apte à voler, selon l’enquête.

Le rapport de la commission parlementaire a examiné les défauts d'ingénierie et de conception technique de Boeing, en particulier dans le développement du nouveau logiciel de contrôle MCAS. Après 17 mois d'enquête, il a indiqué comment Boeing a tenté de minimiser la formation nécessaire des pilotes pour piloter le nouveau Max, qui était sorti en toute hâte pour tenter de concurrencer l'Airbus A320neo.

Le rapport a révélé que la compagnie avait réussi à persuader la FAA de ne pas classer le système anti-décrochage comme « critique pour la sécurité », ce qui signifie que de nombreux pilotes ne connaissaient même pas son existence avant de piloter le Max. La Commission a aussi détaillé les hypothèses erronées et dépassées que les ingénieurs ont faites sur la façon dont les pilotes réagiraient dans une telle crise et comment Boeing n'a pas installé un système d'alerte qui aurait pu avertir l'équipage, entre autres défaillances techniques.

Le rapport a regretté qu’une « culture de la dissimulation » chez Boeing ait contribué aux échecs : « Dans plusieurs cas critiques, Boeing a dissimulé des informations cruciales à la FAA, à ses clients et aux pilotes de 737 MAX ». Mais il y a eu des problèmes au sein de la FAA également. « Le fait qu'un avion conforme ait souffert de deux crashs mortels en moins de cinq mois est la preuve évidente que le système réglementaire actuel est fondamentalement défectueux et doit être réparé », selon le rapport.

Selon l’enquête, « [Les deux crashs] ont été l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la [Federal Aviation Administration] - le résultat pernicieux de la mainmise réglementaire de la part de la FAA en ce qui concerne ses responsabilités d'exercer une surveillance rigoureuse sur Boeing et de garantir la sécurité du public voyageur ».

« Les faits exposés dans ce rapport font état d'une série inquiétante de mauvais calculs techniques et d'erreurs de jugement troublantes de la part de Boeing en matière de gestion. Il met également en lumière de nombreux manquements à la surveillance et aux responsabilités de la FAA qui a joué un rôle important dans les crashs des 737 Max », lit-on dans le rapport de 238 pages qui détaille comment Boeing a tenté de minimiser les tests réglementaires.

Le modèle a été cloué au sol dans le monde entier, mais a repris du service cette année, des compagnies aériennes, dont Ryanair, prenant livraison de l'avion.


Boeing admet sa responsabilité

Les avocats principaux des familles, Robert Clifford, Steven Marks et Justin Green, ont déclaré : « Il s'agit d'une étape importante pour les familles dans leur quête de justice contre Boeing, car cela garantira qu'elles seront toutes traitées de manière équitable et éligibles pour récupérer l'intégralité des dommages et intérêts. En vertu de la loi de l'Illinois tout en créant une voie leur permettant de procéder à une résolution finale, que ce soit par le biais de règlements ou d'un procès.»

« Nous sommes convaincus que cet accord historique et l'indemnisation à verser aux familles de la tragédie serviront à tenir Boeing pleinement responsable et contribueront à rapprocher leurs familles de la fermeture de cette page douloureuse de la perte de leur bien-aimé ».

Boeing a conclu en janvier un règlement de 2,5 milliards de dollars (environ 2,18 milliards d'euros) avec le ministère américain de la Justice d'amendes et d'indemnisations, qui comprenait un fonds de 500 millions de dollars pour indemniser les familles des 346 victimes des deux accidents du 737 Max.

Les experts disent que les règlements sont plus susceptibles d'avoir lieu que de voir les cadres être traduits en justice. James Healy-Pratt de Keystone Law, qui a agi dans des affaires similaires, a déclaré que l'accord était une « nouvelle bienvenue », ajoutant : « Selon toute probabilité, ces réclamations feront l'objet d'une médiation privée jusqu'à résolution ».

Un porte-parole de Boeing a déclaré : « Boeing s'engage à faire en sorte que toutes les familles qui ont perdu des êtres chers dans les accidents soient entièrement et équitablement indemnisées pour leur perte. L'accord déposé auprès du tribunal est une étape importante dans ce processus. En acceptant la responsabilité, l'accord de Boeing avec les familles permet aux parties de concentrer leurs efforts sur la détermination de l'indemnisation appropriée pour chaque famille. »

Les proches britanniques de l'une des victimes ont salué l'aveu de responsabilité de Boeing. Mark Pegram, le père de Sam Pegram, un travailleur humanitaire décédé dans l'accident, a déclaré à la BBC : « Le principal point positif pour nous est que Boeing admet sa responsabilité et ne rejette pas la responsabilité sur Ethiopian Airlines ou les pilotes ».

La famille a déclaré qu'elle utiliserait toute compensation pour créer un organisme de bienfaisance au nom de Pegram.

L'ancien pilote technique en chef de Boeing inculpé pour fraude suite à des problèmes avec le logiciel MCAS

Le 14 octobre, un grand jury fédéral du district nord du Texas a inculpé l'ancien pilote technique en chef de Boeing qui est accusé d'avoir trompé le groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Administration dans le cadre de son évaluation de l'avion 737 MAX de Boeing et d'avoir comploté pour frauder les clients de la compagnie aérienne américaine de Boeing afin d'obtenir des dizaines de millions de dollars pour Boeing.

Selon des documents judiciaires, Mark A. Forkner, 49 ans aurait trompé la FAA AEG lors de l'évaluation et de la certification par l'agence de l'avion 737 MAX de Boeing. Comme allégué dans l'acte d'accusation, Forkner a fourni à l'agence des informations matériellement fausses, inexactes et incomplètes sur une nouvelle partie des commandes de vol du Boeing 737 MAX appelée Système d'augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS).

« Pour tenter d'économiser de l'argent pour Boeing, Forkner aurait caché des informations critiques aux régulateurs », a déclaré le procureur américain par intérim Chad E. Meacham pour le district nord du Texas. « Son choix impitoyable d'induire la FAA en erreur a entravé la capacité de l'agence à protéger le public volant et a laissé les pilotes dans l'embarras, manquant d'informations sur certaines commandes de vol du 737 MAX. Le ministère de la Justice ne tolérera pas la fraude, en particulier dans les secteurs où les enjeux sont si importants ».

« Forkner aurait caché des informations cruciales sur le Boeing 737 Max et trompé la FAA, montrant un mépris flagrant pour ses responsabilités et la sécurité des clients et des équipages des compagnies aériennes », a déclaré le directeur adjoint Calvin Shivers du FBI. « Le FBI continuera de détenir des individus comme Forker. responsables de leurs actes frauduleux qui portent atteinte à la sécurité publique ».

« Il n'y a aucune excuse à ceux qui trompent les organismes de réglementation de la sécurité pour des raisons de gain personnel ou d'opportunité commerciale », a déclaré l'inspecteur général Eric J. Soskin du département américain des Transports. « Notre bureau travaille en permanence pour aider à garder le ciel sûr pour le vol et à protéger le public voyageur des dangers inutiles. Les accusations portées aujourd'hui démontrent notre engagement indéfectible à travailler avec nos partenaires chargés de l'application de la loi et des poursuites pour tenir pour responsables ceux qui mettent des vies en danger. »

Source : BBC
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Le 15/12/2021 à 19:58
Accidents mortels du 737 Max : des ingénieurs mis à l'écart, une pénurie d'expertise, la délégation des fonctions de surveillance,
le rapport accablant des dénonciateurs de Boeing

Le rapport Aviation Whistleblower publié mardi par un comité du Sénat américain cite de nombreuses lacunes en matière de surveillance au sein du gouvernement et de l'industrie aéronautique. Le rapport a été produit à la demande du Comité sénatorial du commerce, des sciences et des transports en réponse à deux accidents de Boeing 737 MAX en 2018 et 2019 qui ont fait 346 morts. Il est basé sur les témoignages de sept dénonciateurs de l'industrie de Boeing, GE et de la Federal Aviation Administration (FAA).

Boeing a conçu le 737 Max pour concurrencer l'Airbus A320neo. Afin d'atteindre un rendement énergétique comparable, Boeing a essentiellement installé de nouveaux moteurs sur la cellule existante du 737, ce qui a permis à l'avion de passagers d'éviter de passer par un nouveau processus d'approbation réglementaire.

Le 737 Max résultant, cependant, avait des caractéristiques de conduite différentes de celles du 737, et Boeing a tenté de compenser en ajoutant une couche logicielle appelée MCAS, le système d'augmentation des caractéristiques de manœuvre.

Le MCAS ajuste la position de l'avion, en réglant les surfaces de contrôle de l'avion pour maintenir une position définie. Il a été conçu pour le faire sur la base d'une entrée d'un seul capteur d'angle d'attaque, par rapport à trois capteurs dans le modèle Airbus comparable. Et cela s'est avéré désastreux.

En 2019, un avion 737 Max exploité par Ethiopian Airlines s'est écrasé cinq mois seulement après qu'un autre avion appartenant à l'Indonésie, Lion Air 610 (un 737 Max), a plongé dans la mer. Les enquêteurs ont découvert qu'à ces deux occasions, un capteur défectueux a provoqué un déclenchement erroné du système automatique anti-décrochage, le « Maneuvering Characteristics Augmentation System » (MCAS), forçant l'avion à piquer du nez. Les pilotes de Lion Air et d'Ethiopian Airlines se sont battus pour redresser leurs jets, mais ont été dépassés par le système automatique à chaque fois qu'ils ont essayé.

En 2019, les pilotes du vol 302 d'Ethiopian Airlines, également un 737 Max, ont tenté de contrer les effets du MCAS mais n'ont pas pu déplacer physiquement la roue de compensation mécanique en raison de la force aérodynamique de la plongée vers le sol.

Boeing a conclu en janvier un règlement de 2,5 milliards de dollars (environ 2,18 milliards d'euros) avec le ministère américain de la Justice d'amendes et d'indemnisations, qui comprenait un fonds de 500 millions de dollars pour indemniser les familles des 346 victimes des deux accidents du 737 Max. Le fabricant n'a cependant pas reconnu immédiatement sa culpabilité, ce qui l'aurait empêché de recevoir de futurs contrats gouvernementaux. Au lieu de cela, il a conclu un accord de poursuite différée.

Mais en novembre, suite à des rapports qui mettaient en évidence les défaillances dans la conception de l'avion, l'américain a été forcé de l'admettre.

Un porte-parole de Boeing a déclaré : « Boeing s'engage à faire en sorte que toutes les familles qui ont perdu des êtres chers dans les accidents soient entièrement et équitablement indemnisées pour leur perte. L'accord déposé auprès du tribunal est une étape importante dans ce processus. En acceptant la responsabilité, l'accord de Boeing avec les familles permet aux parties de concentrer leurs efforts sur la détermination de l'indemnisation appropriée pour chaque famille. »

Les proches britanniques de l'une des victimes ont salué l'aveu de responsabilité de Boeing. Mark Pegram, le père de Sam Pegram, un travailleur humanitaire décédé dans l'accident, a déclaré à la BBC : « Le principal point positif pour nous est que Boeing admet sa responsabilité et ne rejette pas la responsabilité sur Ethiopian Airlines ou les pilotes ».

Aucun dirigeant d'entreprise ne risque d'emprisonnement pour l'inconduite reconnue par l'entreprise. Boeing a licencié le PDG Dennis Muilenburg fin 2019 pour les accidents du 737 Max et il est parti avec 62 millions de dollars d'indemnisation.


L'ancien pilote technique en chef de Boeing inculpé pour fraude

Le ministère de la Justice a inculpé en octobre Mark A. Forkner, un ancien pilote technique en chef du Boeing 737 MAX, pour fraude. Le gouvernement soutient que Forkner a fourni à la FAA des informations fausses, inexactes et incomplètes sur le MCAS, ce qui a conduit aux malentendus qui ont contribué aux deux accidents.

Le 14 octobre, le ministère de la Justice a inculpé l'ancien pilote technique en chef de Boeing pour fraude. Mark A. Forkner est accusé d'avoir trompé le groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Administration dans le cadre de son évaluation de l'avion 737 MAX de Boeing et d'avoir comploté pour frauder les clients de la compagnie aérienne américaine de Boeing afin d'obtenir des dizaines de millions de dollars pour Boeing. Comme allégué dans l'acte d'accusation, Forkner a fourni à l'agence des informations matériellement fausses, inexactes et incomplètes sur une nouvelle partie des commandes de vol du Boeing 737 MAX appelée Système d'augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS).

« Pour tenter d'économiser de l'argent pour Boeing, Forkner aurait caché des informations critiques aux régulateurs », a déclaré le procureur américain par intérim Chad E. Meacham pour le district nord du Texas. « Son choix impitoyable d'induire la FAA en erreur a entravé la capacité de l'agence à protéger le public volant et a laissé les pilotes dans l'embarras, manquant d'informations sur certaines commandes de vol du 737 MAX. Le ministère de la Justice ne tolérera pas la fraude, en particulier dans les secteurs où les enjeux sont si importants ».

« Forkner aurait caché des informations cruciales sur le Boeing 737 Max et trompé la FAA, montrant un mépris flagrant pour ses responsabilités et la sécurité des clients et des équipages des compagnies aériennes », a déclaré le directeur adjoint Calvin Shivers du FBI. « Le FBI continuera de détenir des individus comme Forker. responsables de leurs actes frauduleux qui portent atteinte à la sécurité publique ».

Le rapport Aviation Whistleblower

Le rapport du Sénat Aviation Whistleblower fait suite à la loi sur la certification, la sécurité et la responsabilité des aéronefs, une loi de réforme de la sécurité aérienne promulguée en décembre 2020 pour résoudre les problèmes qui ont conduit aux deux accidents.

Il détaille le témoignage d'Ed Pierson, un ancien cadre supérieur de Boeing, qui a décrit 13 autres incidents de sécurité signalés avec le 737 Max qui n'ont entraîné aucune perte de vie. Il a observé :

« Le plus choquant de tous, 11 de ces 13 incidents de sécurité se sont produits dans les cinq mois entre le crash de Lion Air et celui d'Ethiopian Airlines. Donc 2 incidents de sécurité par mois. Ainsi, à un moment où Boeing et la FAA auraient dû fonctionner avec une conscience extrêmement élevée après le crash de Lion Air, le MAX a continué à enregistrer en moyenne deux incidents de sécurité par mois pendant les cinq mois qui ont précédé le crash d'Ethiopian Airlines. À ce rythme, si le MAX n'avait pas été immobilisé au sol en mars 2019, il aurait pu y avoir 42 autres incidents de sécurité impliquant des systèmes de l'avion (autres que le MCAS) d'ici décembre 2020, ce qui signifie une probabilité d'autant plus élevée d'un autre accident mortel ».

Le rapport a révélé que le processus de certification de la FAA met le personnel de l'aviation sous une pression indue.

Par exemple, Richard Kucera, un ancien ingénieur de GE Aviation, a raconté « avoir été placé dans une position intenable où il était responsable de la conduite des tests de conformité des moteurs au nom de [la] FAA, tout en étant également chargé de préparer les moteurs GE pour passer ces mêmes tests ». Et le personnel de Boeing, est-il expliqué dans le rapport, a fait face à une pression de calendrier « implacable » en ce qui concerne le 737 Max.

La FAA, selon les dénonciateurs, avait trop peu d'ingénieurs en sécurité dans son bureau de Seattle supervisant Boeing et avait des processus de certification qui ne reflétaient pas les normes de navigabilité actuelles.

Non seulement cela, les ingénieurs seniors de la FAA qui ont soulevé des problèmes de sécurité « ont été mis à l'écart lors de la certification du 737 Max », indique le rapport.

La FAA et l'industrie aéronautique, selon le rapport, sont également confrontées au défi de certifier et d'exploiter des systèmes techniques complexes qui impliquent l'interaction de personnes et de systèmes automatisés, aggravé par la rareté d'experts qui comprennent vraiment ces systèmes.

« Alors que les systèmes de contrôle de vol automatisés peuvent améliorer la sécurité, le recours accru à l'automatisation crée de nouveaux défis en matière de sécurité », indique le rapport.

« Ceux-ci vont de l'échec des pilotes à utiliser correctement les systèmes de vol automatisés, aux dysfonctionnements logiciels qui génèrent des données erronées, à la dégradation des compétences de pilotage manuel. »

Le rapport fait de nombreuses recommandations pour augmenter les capacités de surveillance de la FAA, en particulier en ce qui concerne son programme d'autorisation de désignation d'organisation (ODA) - par lequel le gendarme de l'aviation américaine délègue ses tâches de surveillance aux travailleurs des entreprises qu'il est censé surveiller.

Cette pratique consistant à laisser les employés des entreprises aéronautiques agir au nom du personnel de la FAA, comme le note le rapport, a conduit à l'approbation de systèmes qui n'auraient pas dû être approuvés.

Par exemple, Michael Collins, un ancien ingénieur de la FAA, a témoigné que les directeurs de la FAA ont délégué 95 pour cent de la certification du Boeing 787 Dreamliner au personnel de Boeing.

« Cette décision de délégation comprenait la certification d'une nouvelle technologie d'installation de batteries à haut risque, une décision prise contre la recommandation d'un spécialiste technique qui a identifié le défaut de conception critique pour la sécurité du système », indique le rapport.

« En l'absence de supervision des ingénieurs techniques et de sécurité de la FAA, l'ODA de Boeing a estimé que la conception du système de batterie au lithium était conforme. Plus tard, ce défaut de conception exact a conduit à de dangereux incendies de 787 et à l'éventuelle mise à la terre par la FAA du 787 Dreamliner ».

Source : rapport
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Le 07/02/2020 à 9:07
Ça me rappel des projets que j'ai pu faire et pour lesquels on ne me laissait pas le temps de faire de vrais tests.

Bref, ça craint de voir encore une faille de sécu en plus. Ca donne vraiment l'impression que c'était des tombeaux volant.
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Le 21/09/2021 à 15:30
Un responsable de Boeing devrait être mis en examen pour crimes suite à des problèmes avec le système MCAS du Boeing 737 Max
qui a conduit à la mort de centaines de personnes

Les procureurs fédéraux se préparent à inculper un ancien pilote d'essai de Boeing soupçonné d'avoir induit les régulateurs de l'aviation en erreur sur les problèmes de sécurité responsables de deux accidents mortels de 737 MAX, a rapporté jeudi le Wall Street Journal, citant des personnes proches du dossier. Ce serait, selon le journal, « la première tentative de tenir un employé de Boeing responsable » de sa conduite avant les deux accidents. Mark Forkner était le pilote technique en chef du 737 MAX de Boeing pendant le développement de l'avion, il était le contact principal entre le géant de l'aviation et la Federal Aviation Administration sur la façon dont les pilotes devraient être formés pour piloter les avions, a rappelé le journal.

Boeing fait l'objet de multiples enquêtes depuis 2019, lorsqu'un avion Max exploité par Ethiopian Airlines s'est écrasé cinq mois seulement après qu'un autre avion appartenant à l'Indonésie, Lion Air, a plongé dans la mer. Les enquêteurs ont découvert qu'à ces deux occasions, un capteur défectueux a provoqué un déclenchement erroné du système automatique anti-décrochage, le « Maneuvering Characteristics Augmentation System » (MCAS), forçant l'avion à piquer du nez. Les pilotes de Lion Air et d'Ethiopian Airlines se sont battus pour redresser leurs jets, mais ont été dépassés par le système automatique à chaque fois qu'ils ont essayé.

Un rapport, publié en septembre 2020, a mis en évidence des défaillances dans la conception de l'avion et une relation trop étroite entre la compagnie et le régulateur. Boeing a caché des défauts de conception de son jet 737 Max aux pilotes et aux autorités de réglementation alors qu'il s'efforçait de faire certifier l'avion comme étant apte à voler, selon l’enquête.


Le rapport de la commission parlementaire a examiné les défauts d'ingénierie et de conception technique de Boeing, en particulier dans le développement du nouveau logiciel de contrôle MCAS. Après 17 mois d'enquête, il a indiqué comment Boeing a tenté de minimiser la formation nécessaire des pilotes pour piloter le nouveau Max, qui était sorti en toute hâte pour tenter de concurrencer l'Airbus A320neo.

Le rapport a révélé que la compagnie avait réussi à persuader la FAA de ne pas classer le système anti-décrochage comme « critique pour la sécurité », ce qui signifie que de nombreux pilotes ne connaissaient même pas son existence avant de piloter le Max. La Commission a aussi détaillé les hypothèses erronées et dépassées que les ingénieurs ont faites sur la façon dont les pilotes réagiraient dans une telle crise et comment Boeing n'a pas installé un système d'alerte qui aurait pu avertir l'équipage, entre autres défaillances techniques.

Le rapport a regretté qu’une « culture de la dissimulation » chez Boeing ait contribué aux échecs : « Dans plusieurs cas critiques, Boeing a dissimulé des informations cruciales à la FAA, à ses clients et aux pilotes de 737 MAX ». Mais il y a eu des problèmes au sein de la FAA également. « Le fait qu'un avion conforme ait souffert de deux crashs mortels en moins de cinq mois est la preuve évidente que le système réglementaire actuel est fondamentalement défectueux et doit être réparé », selon le rapport.

Selon l’enquête, « [Les deux crashs] ont été l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la [Federal Aviation Administration] - le résultat pernicieux de la mainmise réglementaire de la part de la FAA en ce qui concerne ses responsabilités d'exercer une surveillance rigoureuse sur Boeing et de garantir la sécurité du public voyageur ».

« Les faits exposés dans ce rapport font état d'une série inquiétante de mauvais calculs techniques et d'erreurs de jugement troublantes de la part de Boeing en matière de gestion. Il met également en lumière de nombreux manquements à la surveillance et aux responsabilités de la FAA qui a joué un rôle important dans les crashs des 737 Max », lit-on dans le rapport de 238 pages qui détaille comment Boeing a tenté de minimiser les tests réglementaires.

Boeing était au courant du problème du 737 MAX

Le constructeur américain avait nié qu’il était au courant des problèmes qu’avait le 737 MAX, mais les messages que se sont échangés les pilotes Mark A. Forkner et Patrik Gustavsson en 2016 et révélés en octobre 2019 ont prouvé le contraire. L’un deux, Mark A. Forkner, alors pilote technique en chef du Boeing 737, disait dans l’un de ses messages envoyés à Patrik Gustavsson que le MCAS s'engageait « comme un fou », en qualifiant le problème de « flagrant ». Il a aussi abordé le fait que Boeing avait induit en erreur la Federal Aviation Administration (FAA).

« J'ai donc essentiellement menti aux organismes de réglementation (sans le savoir) », a-t-il écrit. Forkner s’est, semble-t-il, rendu compte de ses erreurs après avoir pratiqué des tests techniques sur le 737 Max et son logiciel MCAS dans un simulateur. À son tour, Patrik Gustavsson lui avait répondu que « ce n'était pas un mensonge », ajoutant « personne ne nous a dit que c'était le cas ». Ces messages en date de 2016, un an avant la certification du 737 Max, montrent que Boeing a menti, mais aussi, qu'il a induit la FAA en erreur quant à la sécurité de son aéronef.

Le Wall Street Journal a déclaré qu'il n'était pas clair à quelles charges Forkner ferait face.

Le 737 MAX a été officiellement certifié en mars 2017, mais a été immobilisé dans le monde entier pendant 20 mois à la suite des accidents d'octobre 2018 et de mars 2019, qui ont fait 346 morts. Le MAX a été autorisé à voler à nouveau fin 2020, une fois le logiciel MCAS modifié.


En plus du MCAS qui a connu une amélioration, d’autres mises à jour supplémentaires sans rapport avec les accidents ont également été apportées. Il s’agit notamment de la modification de certains câblages pour répondre aux exigences de la FAA, ce qui a nécessité d’installer deux mises à jour logicielles supplémentaires. Par ailleurs, eu égard aux améliorations apportées à l’appareil, les pilotes des compagnies aériennes qui disposent du 737 Max doivent effectuer une formation avant de prendre à nouveau les commandes de l’appareil. En outre, chaque avion Max sera soumis à une inspection interne et à un vol de préparation avant de transporter des passagers. Ce sont toutes ces mesures associées à d’autres qui ont incité la FAA à accorder son autorisation pour la remise en service du 737 Max. Elle a depuis été rejointe par des régulateurs au Brésil.

Boeing a reconnu sa responsabilité dans la tromperie des régulateurs et a accepté de payer plus de 2,5 milliards de dollars pour régler certaines poursuites.

Un avocat de Forkner, David Gerger, n'a pas répondu aux demandes de commentaires du Journal. Gerger a déclaré dans le passé que Forkner, un pilote et vétéran de l'Air Force, ne mettrait pas les pilotes ou les passagers en danger.

Le Journal avait précédemment rapporté que les procureurs se concentraient sur Forkner et un deuxième ex-pilote de Boeing, Patrik Gustavsson, qui traitait également avec la FAA.

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de la tournure des évènements ?

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Le 07/02/2020 à 8:19
Boeing a découvert un autre bug logiciel sur le 737 Max
mais la société reste confiante sur la remise en service de l’avion pour mi-2020

Alors qu’on croyait que les choses sont enfin en train de s’améliorer pour Boeing et ses avions 737 MAX, la découverte d’un bug dans le système informatique de l’avion vient compliquer la situation. Le bug a été découvert lors d'un audit de la technologie embarquée de l'avion, tenu le week-end dernier avec le régulateur américain de l'aviation. Le problème était qu'un voyant, conçu pour avertir d'un dysfonctionnement d'un système qui permet de soulever et d'abaisser le nez de l'avion, s'allumait alors qu'il n'était pas censé le faire.

Ayant découvert le problème, Boeing a immédiatement informé la Federal Aviation Administration (FAA) et la société fait savoir qu’elle travaille déjà à résoudre ce problème. C’est ce qu’a déclaré un porte-parole de la société : « Nous faisons les mises à jour nécessaires et travaillons avec la FAA sur la résolution de ce bug. Nos clients et fournisseurs sont constamment tenus informés des avancées. Notre priorité absolue est de garantir que le 737 Max est sûr et répond à toutes les exigences réglementaires. Nous intégrerons une modification du logiciel 737 Max avant la remise en service de la flotte pour nous assurer que ce voyant ne s'allume que comme prévu ».


Ce nouveau problème n’arrange pas les choses pour Boeing qui prévoyait remettre en service ses avions d’ici la mi-2020, mais jusqu'à ce que le défaut soit corrigé, il est peu probable que le 737 Max revienne dans le ciel. Par ailleurs, le chef de la FAA, Steve Dickson, a déclaré aux journalistes à Londres qu'un vol de certification pour le 737 MAX pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Il est donc plus qu’urgent pour Boeing de corriger ce bug le plus tôt possible afin de réussir ce vol de certification s’il veut à nouveau voir ses 737 Max dans le ciel.

Ce bug est rappelons-le, la troisième faille logicielle découverte et signalée depuis les crashs du 737 Max qui ont tué 346 personnes. Malgré tout ceci, Boeing s'attend toujours à ce que le 737 Max reprenne ses vols d'ici mi-2020. Seulement, la FAA a clairement fait savoir qu’elle ne fonctionne pas sur la base d’un calendrier prescrit, mais qu’elle suit un processus approfondi pour autoriser à nouveau les 737 Max à voler. Il ne reste plus qu’à espérer pour Boeing que le bug sera rapidement corrigé et qu’aucune autre surprise désagréable ne viendra remettre en doute la sûreté de ses 737 MAX.

Source : CNN

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous qu’on soit prêt de revoir voler les 737 MAX de si tôt ?

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Le logiciel de vol du 737 Max est défectueux, car Boeing a confié le travail à des ingénieurs payés 9 $/h ? Oui, selon d'anciens employés du groupe
Boeing aurait délibérément bloqué le déploiement de mises à jour de sécurité destinées au 737 MAX Avant les deux crashs mortels pour réduire les couts, selon un dénonciateur interne
Des messages texte montrent que des employés de Boeing étaient au courant en 2016 des problèmes qui ont conduit aux accidents mortels du 737 Max Liés au MCAS
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