
De nombreux rapports et vidéos disponibles publiquement montrent que les forces armées de plusieurs pays expérimentent l'utilisation de "systèmes d'armes létales autonomes" (SALA) sur les théâtres d'opérations. L'armée chinoise a récemment dévoilé un nouveau type de compagnon de combat pour ses soldats : un robot-chien avec une mitrailleuse attachée sur son dos. Il s'agirait d'une variante du fusil d'assaut QBZ-95 de 5,8 x 42 mm. Une vidéo diffusée par l'agence de presse CCTV montre des militaires chinois opérer sur un champ de tir aux côtés du robot dans le cadre des exercices militaires conjoints avec le Cambodge.
Le robot-chien déployé lors des exercices militaires a été fabriqué par la société chinoise Unitree Robotics. Dans l'un des scénarios, les soldats chinois se tenaient de part et d'autre d'une porte, tandis que le robot-chien pénètre dans le bâtiment devant eux. Dans un autre scénario, le robot-chien tire une rafale de balles alors qu'il avance vers une cible. « Il peut servir comme nouveau membre dans nos opérations de combat urbain, remplaçant nos membres pour mener la reconnaissance, identifier l'ennemi et frapper la cible pendant notre entraînement », explique un soldat chinois dans le reportage publié par CCTV.
Selon un nouveau rapport de Newsweek, les robots tueurs autonomes de la Chine pourraient servir l'armée chinoise sur le champ de bataille d'ici deux ans. Le rapport indique que la Chine et la Russie ont déjà collaboré au développement d'armes autonomes dotées d'une IA. Lors d'un salon de l'armement près de Moscou en 2022, la Russie a présenté une version modifiée d'un robot-chien développé par Unitree Robotics. Elle a été rebaptisée M-81 et est équipée d'un lance-grenades propulsé par fusée. Mais selon certains experts, la Chine a une longueur d'avance dans le domaine et pourrait déployer ses robots tueurs en avance.
« Je serais surpris de ne pas voir des machines autonomes sortir de Chine d'ici deux ans », affirme Francis Tusa, analyste de premier plan dans le domaine de la défense, pour National Security News. Il a ajouté que la Chine développe de nouveaux navires, sous-marins et avions dotés d'une technologie d'IA à une "vitesse vertigineuse". « Ils avancent quatre ou cinq fois plus vite que les États-Unis », a-t-il averti. Steve Goose, directeur des campagnes sur les armes pour Human Rights Watch, une ONG basée à New York, préconise de nouveaux cadres juridiques mondiaux afin de limiter l'utilisation de systèmes d'armes autonomes.
« Malheureusement, la Chine semble avancer rapidement vers l'acquisition de robots tueurs, à l'instar d'autres grandes puissances militaires. La rhétorique de la Chine lors des réunions diplomatiques sur les robots tueurs (où elle appelle à des restrictions sur les armes létales autonomes) ne s'est pas reflétée dans ses actions », a déclaré Goose. La Chine aurait déjà commencé à utiliser des machines pilotées par l'IA pour développer des armes, ce qui, selon certains experts, pourrait tripler sa production de bombes et d'obus d'ici 2028. Outre la Chine et la Russie, les Occidentaux semblent tout aussi intéressés par ces armes.
L'année dernière, le Pentagone a expérimenté l'équipement de robots terrestres quadrupèdes avec sa carabine standard M4A1 de 5,56 x 45 mm, le fusil XM7 de 6,8 mm que l'armée américaine est en train d'adopter dans le cadre de son programme « Next Generation Squad Weapon », et même l'arme antichar légère M72 LAW qui est en service au sein des troupes américaines depuis la guerre du Vietnam. Les responsables américains de la Défense se sont empressés de souligner que le développement de robots-chiens armés était, à ce stade, purement expérimental. Mais les préoccupations sont croissantes dans la communauté.
Peu avant la diffusion de la vidéo de CCTV, le Marine Corps Special Operations Command (MARSOC) des États-Unis a révélé qu'il expérimente le montage sur ses propres robots-chiens d'armes basés sur le système d'armes à distance SENTRY de l'entreprise de défense Onyx. Les robots-chiens américains seront également dotés d'une technologie d'IA. Alors que Tusa a déclaré que le développement de ces systèmes en Occident serait retardé par des objections juridiques et éthiques, ainsi que par les remparts démocratiques auxquels se heurte l'obtention d'un financement militaire, Goose s'est, quant à lui, montré moins optimiste.
En septembre 2022, l'armée israélienne a installé une arme automatique à un poste de contrôle très fréquenté de la ville d'Hébron (Al-Khalil), en Cisjordanie occupée. Les tourelles jumelles ont été installées au sommet d'une tour de garde surplombant le camp de réfugiés d'Al-Aroub. « Elle tire toute seule sans l'intervention d'un soldat. Quand un soldat israélien voit un petit garçon, il appuie sur un bouton ou quelque chose comme ça et elle tire toute seule. Elle est très rapide, plus rapide que les soldats. Les bombes lacrymogènes qu'il tire peuvent atteindre l'extrémité du camp et tout le reste », a déclaré un résident du camp.
Selon les médias locaux, l'armée israélienne a déclaré qu'elle teste la possibilité d'utiliser le système pour appliquer des méthodes approuvées de dispersion de la foule, qui n'incluent pas le tir à balles réelles. « Dans le cadre des préparatifs de l'armée pour faire face aux personnes qui perturbent l'ordre, elle examine la possibilité d'utiliser des systèmes télécommandés pour employer des mesures approuvées de dispersion de foule. Cela n'inclut pas le contrôle à distance de tirs à balles réelles », explique un porte-parole de l'armée israélienne. Mais cela n'a pas suffi à calmer les craintes des militants des droits de l'homme.
Les armes létales autonomes sont de plus en plus utilisées dans le monde. Les drones, notamment les drones kamikazes, sont largement utilisés en Ukraine et les armes télécommandées ont été utilisées par les États-Unis en Irak, par la Corée du Sud le long de la frontière avec la Corée du Nord et par les rebelles syriens. Par ailleurs, la dépendance de l'armée israélienne à l'égard des systèmes automatisés s'est accrue au fils des ans. Ces dernières années, Israël a adopté de plus en plus de systèmes automatisés à des fins militaires, dont certains sont controversés. Cela comprend des robots et des chars d'assaut dotés d'une IA.
En Europe, Milrem Robotics, leader européen en matière de robotique et de systèmes autonomes, a partagé en juin dernier une vidéo mettant en scène un char doté d'une IA qui fait exploser des voitures et d'autres cibles. La société a déclaré que le char, baptisé Type-X, est conçu pour permettre aux troupes de "percer les positions défensives de l'ennemi avec un risque minimal". Il devrait fournir aux troupes "une puissance de feu et une utilisation tactique égales ou supérieures à celles d'une unité équipée de véhicules de combat d'infanterie". Les critiques ont déclaré que la démonstration...
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