Elon Musk l’avait promis : le lancement pilote des robotaxis de Tesla au Texas marquerait une étape historique dans l’autonomie automobile. Et à première vue, les résultats semblent spectaculaires. Les véhicules sans conducteur ont été vus sillonnant les rues d’Austin, déclenchant une envolée de plus de 10 % du cours de l’action Tesla. Pourtant, derrière le discours triomphal, les vidéos amateurs et les rapports critiques commencent à dresser un portrait moins reluisant de cette « réussite » annoncée. Dépassements de vitesse, changements de voie dangereux, intervention du régulateur américain... Le robotaxi de Tesla pose une question pressante : la technologie est-elle vraiment prête ?En 2015, Musk a déclaré aux actionnaires que les voitures Tesla atteindraient une « autonomie complète » dans les trois ans. En 2016, il a déclaré qu'un véhicule électrique Tesla serait capable de traverser un pays sans nécessiter d'intervention humaine avant la fin de l'année 2017. Et en 2019, lors d'un appel avec des investisseurs institutionnels qui l'a aidé à lever plus de 2 milliards de dollars, Musk a déclaré que Tesla aurait 1 million de véhicules prêts pour le robotaxi sur les routes en 2020, capables d'effectuer 100 heures de travail de conduite par semaine chacun, faisant gagner de l'argent à leurs propriétaires.
Rien de tout cela ne s'est produit.
Entre-temps, Waymo, propriété d'Alphabet, a déclaré avoir dépassé les 10 millions de trajets payants le mois dernier. Des concurrents en Chine, dont Apollo Go de Baidu, WeRide et Pony.ai, exploitent également des flottes commerciales de robotaxis.
Après des années de promesses ambitieuses, Tesla a finalement déployé une flotte limitée de Model Y équipés de sa technologie de conduite autonome intégrale (FSD) à Austin. Ce programme pilote, payant et accessible sur invitation, vise à tester la capacité des véhicules à naviguer de manière autonome dans un environnement urbain. Elon Musk, PDG de Tesla, a salué ce déploiement comme une « culmination de dix ans de travail acharné », soulignant le développement interne des équipes logicielles et de conception de puces.
L’événement a été présenté comme une démonstration éclatante des capacités de l’intelligence artificielle embarquée dans les voitures Tesla. Les robotaxis, déployés dans certaines zones d’Austin, circulent sans chauffeur humain, entièrement pilotés par le système Full Self-Driving (FSD). La promesse est alléchante : réduire les accidents, fluidifier le trafic et révolutionner la mobilité urbaine.
Les premiers retours des utilisateurs privilégiés, souvent des influenceurs technologiques ou des fans de la marque, ont été globalement positifs. Ils ont décrit des trajets fluides, des arrêts précis, et une capacité surprenante du système à naviguer au milieu des piétons, des cyclistes et des obstacles urbains imprévus. Certains témoignages ont même vanté la capacité du véhicule à se « débarrasser » de situations délicates, comme un véhicule mal garé bloquant une voie. L'excitation était palpable, et le marché a réagi favorablement, les actions de Tesla bondissant de près de 10 %, signe de l'espoir immense placé dans ce nouveau pilier d'activité.
Mais les premiers retours du terrain ont rapidement fait déchanter les observateurs. Plusieurs vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux montrent des comportements inquiétants de ces véhicules autonomes.
L'ombre au tableau : des incidents qui alertent la NHTSA
Cette image idyllique a été rapidement ternie par la diffusion de vidéos montrant des comportements inattendus et potentiellement dangereux de la part des robotaxis. Parmi les incidents les plus notables, on a pu voir un véhicule Tesla se déporter dans la mauvaise voie de circulation et y rouler pendant plusieurs secondes, tandis qu'une autre vidéo rapportait un robotaxi dépassant la limite de vitesse.
Dans une vidéo prise par l'investisseur Rob Maurer, qui a animé un podcast sur Tesla, la Model Y qu'il conduit s'engage dans un carrefour d'Austin sur une voie réservée aux véhicules tournant à gauche. La Tesla hésite à tourner, se déporte sur la droite et s'engage dans une voie inoccupée réservée aux véhicules circulant en sens inverse.
De son côté, Sawyer Merritt, investisseur et fan de Tesla, a posté une vidéo de son trajet en robotaxi dans laquelle la voiture sans conducteur accélère au-delà de la limite de vitesse de 30 miles par heure (environ 50 kilomètres par heure) lors de la présentation de dimanche à Austin, au Texas. Le YouTubeur Herbert Ong a décrit une expérience similaire dans sa vidéo.
Parmi les scènes diffusées, certaines montrent clairement les robotaxis :
- Franchir des lignes continues pour entrer dans la voie opposée sans raison apparente ;
- Rouler bien au-delà de la limite autorisée, y compris dans des zones résidentielles ;
- Effectuer des virages brusques ou inappropriés à des intersections complexes ;
- Ignorer des piétons engagés ou mal interpréter des signalisations routières.
L'une des vidéos les plus partagées montre un robotaxi traversant une double ligne jaune à vive allure pour doubler un cycliste, un comportement qui aurait pu provoquer un accident.
Ces images ont immédiatement attiré l'attention de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l'agence américaine en charge de la sécurité routière. L'agence a confirmé être en contact avec Tesla pour recueillir des informations...
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