Tesla reste sur sa pente descendante. Le PDG Elon Musk peine à renouveler une gamme de véhicules électriques vieillissante alors que Tesla est confronté à une concurrence féroce de la part du chinois BYD. Le Cybertruck est un immense échec commercial, et les stocks invendus du pickup futuriste se sont accumulés tout au long de l'année 2025. Tesla a annoncé une baisse de son chiffre d'affaires et de ses bénéfices pour la deuxième année consécutive. Face à ces revers, Elon Musk a annoncé que Tesla met fin à la production des Models S et X et convertit les chaînes de production de l'usine de Fremont pour fabriquer ses robots humanoïdes Optimus.Tesla est une multinationale américaine spécialisée dans l'automobile et les énergies propres. Basée à Austin, au Texas, la société conçoit, fabrique et commercialise des véhicules électriques à batterie (BEV), des dispositifs de stockage d'énergie à batterie stationnaires à usage domestique ou à l'échelle du réseau, des panneaux solaires et des bardeaux solaires, ainsi que des produits et services connexes. Mais Tesla se retrouve désormais en difficulté.
Les ventes de Tesla ne cessent de baisser. Entre bogues logiciels, Autopilot sous enquête, la promesse du véhicule entièrement autonome formulée par Elon Musk depuis des années se fissure. Au-delà de Tesla, la question de l’atteinte d'une autonomie de niveau 5 par l'industrie se pose désormais avec acuité.
Le logiciel Full Self-Driving (FSD) de Tesla est très impopulaire et rebute davantage de consommateurs qu'il n'en attire. Selon une étude, c’est le résultat des pratiques commerciales trompeuses. Elon Musk a considérablement terni l'image de marque en affichant publiquement ses idéologies d'extrême droite, ce qui a fortement nui à l'attrait de ses voitures. De plus, la concurrence dans ce secteur est plus forte que jamais, en particulier celle de la Chine.
Face à ces difficultés, Tesla change de cap : les Models S et X sont abandonnés au profit de son robot humanoïde Optimus et de l'IA. « Il est temps de mettre fin aux programmes Model S et X en leur accordant une sortie honorable. Si vous souhaitez acheter un Model S ou un Model X, c'est le moment de passer commande », a déclaré Elon Musk lors de la présentation des résultats financiers du quatrième trimestre de l'entreprise, le 28 janvier 2026.
Tesla met fin à la production de deux de ses plus anciens véhicules
Tesla met fin à la production des Models S et X et utilisera l'usine de Fremont, en Californie, pour construire des robots humanoïdes Optimus. Après le Roadster original, ces deux modèles sont les plus anciens véhicules de Tesla. Ces dernières années, Tesla a considérablement réduit leurs prix en raison de la concurrence croissante dans le secteur. Tesla a commencé à commercialiser la berline Model S en 2012, puis le SUV Model X trois ans plus tard.
Le prix de la Model S commence actuellement à environ 95 000 $, tandis que celui de la Model X commence à environ 100 000 $. Les Models les plus populaires de Tesla sont les 3 et Y, qui ont représenté 97 % des 1,59 million de livraisons de l'entreprise en 2025. La Model 3 est désormais proposée à partir d'environ 37 000 $, et le Model Y à environ 40 000 $. L'entreprise a lancé des versions plus abordables de ces véhicules à la fin de l'année dernière.
En annonçant ses résultats le 28 janvier, Tesla a fait état de sa première baisse annuelle de chiffre d'affaires jamais enregistrée, avec des ventes en baisse au cours de trois des quatre derniers trimestres. C'est la deuxième année consécutive de baisse globale, avec une forte diminution de 61 % des bénéfices au quatrième trimestre de l'année dernière, par rapport à la même période de l'année précédente. Il s'agit d'une chute spectaculaire pour Tesla.
Elon Musk tente de détourner l'attention des véhicules électriques classiques pour la diriger vers un avenir fait de voitures sans conducteur et de robots humanoïdes, des domaines dans lesquels la société n'est actuellement pratiquement pas présente. Au cours des dernières années, Elon Musk a répété à de nombreuses reprises à qui veut l'entendre que Tesla est n'est pas qu'un simple constructeur automobile, mais une société de robotique intelligente.
« Nous prévoyons de réduire la production des Models S et X au cours du prochain trimestre, puis de l'arrêter complètement. C'est un peu triste, mais il est temps de mettre fin aux programmes S et X, cela fait partie de notre transition globale vers un avenir autonome », a expliqué Elon Musk aux actionnaires.
Tesla veut confirmer son statut de société de robotique intelligente
Le recul de Tesla est d’autant plus notable que l'entreprise a été l’un des premiers acteurs à s’imposer comme pionnier du véhicule électrique, contribuant largement à la généralisation de cette technologie à l’échelle mondiale. Cependant, les pertes accumulées dans son cœur de métier et l’échec du Cybertruck semblent avoir signalé à Elon Musk un changement profond de trajectoire. (Le pickup futuriste du milliardaire s'est avéré un flop monumental.)
De plus, l'engouement de Wall Street pour l'IA était probablement trop difficile à résister. Pour l’instant, les investisseurs semblent tout à fait disposés à suivre Elon Musk dans sa promesse de transformer Tesla, d’un constructeur automobile, en une entreprise spécialisée dans l’IA et la robotique.
Malgré des perspectives financières catastrophiques, le cours de son action a fait preuve de résilience, atteignant un sommet historique de près de 500 dollars le mois dernier avant de retomber à environ 422 dollars le 29 janvier, à la suite de la publication des résultats du quatrième trimestre. Elon Musk a des projets extrêmement optimistes pour Optimus. Le dirigeant a précédemment déclaré que 80 % de la valeur de Tesla proviendrait de l'humanoïde.
Elon Musk a déclaré que l'usine de Fremont produirait un million d'unités par an, ce qui constitue un objectif à long terme. Cependant, si l'on en croit les informations provenant d'initiés l'année dernière, l'entreprise a eu du mal à atteindre son objectif beaucoup plus réaliste de produire seulement 5 000 unités l'année dernière. Elon Musk a promis de présenter une troisième génération dès ce trimestre, le premier modèle destiné à la production de masse.
Musk peut-il facilement convertir Tesla en un fabricant de robots ?
L'autonomie reste un objectif déclaré pour Tesla : l'entreprise a annoncé qu'elle passait à une approche purement basée sur un abonnement pour son système d'aide à la conduite partiellement automatisé Full Self-Driving (FSD) pour toutes les nouvelles Tesla achetées à partir de la mi-février 2026. Dans le même temps, le constructeur supprime complètement le logiciel Autopilot, une aide à la conduite partiellement automatisée, mais moins performante.
L'objectif déclaré de l'entreprise est plus ambitieux : vendre des robotaxis (appelés Cybercab) à deux places qui ne disposent même pas de volant ni de pédales, mais seulement une fois que la technologie aura fait ses preuves, ce qu'elle tente actuellement sans grand succès dans les rues d'Austin, au Texas.
Mais même les robotaxis ont perdu de leur éclat. Pour Elon Musk, l'action réelle se trouve dans ses robots Optimus. Selon lui, ceux-ci se vendront par milliards, ajoutant jusqu'à 20 000 milliards de dollars à la capitalisation boursière de Tesla à un moment donné dans le futur. Et il a besoin d'espace dans ses usines pour construire ces robots Optimus, qui, selon Tesla, seront mis en vente en 2027. Cela signifie la fin de la berline Model S et du SUV Model X.
Tesla développe Optimus dans le but de le commercialiser un jour comme un robot bipède intelligent capable de tout faire, du travail en usine à la garde d'enfants. Elon Musk a ajouté que Tesla prévoit d'augmenter les effectifs de son usine de Fremont et d'augmenter considérablement la production.
Y a-t-il de bonnes raisons de penser que le développement du robot Optimus se déroulera plus facilement que le « développement infernal » qui a tourmenté les Models X, 3, Y et Cybertruck ? Elon Musk a admis que les robots ne faisaient aucun travail utile dans l'usine Tesla, et l'idée que Tesla construise 10 000 robots cette année semble en contradiction avec le fait qu'Optimus en soit encore à un stade très précoce et toujours en phase de R&D.
Quelques raisons expliquant l'effondrement spectaculaire de Tesla
Bien que Tesla conserve sa place parmi les leaders mondiaux des véhicules électriques, son influence sur le marché ne cesse de s'effondrer, notamment en Europe. Les consommateurs sont désormais confrontés à une offre pléthorique de modèles plus modernes et se détournent progressivement de la gamme vieillissante de Tesla. Certains rejettent également l'image toxique d'Elon Musk, dont les polémiques répétées semblent peser sur les ventes.
L'effondrement spectaculaire des ventes de Tesla ne s'explique pas uniquement par des facteurs conjoncturels, mais aussi par un ensemble de problèmes structurels, technologiques et d'image. Voici quelques-unes des raisons qui pourraient expliquer l'effondrement des ventes de Tesla, notamment en Europe :
Défaillances techniques des logiciels Autopilot et Full Self-Driving
Les systèmes Autopilot et Full Self-Driving (FSD) de Tesla, longtemps présentés comme les piliers de son avance en matière de conduite autonome, sont aujourd’hui au cœur de nombreuses controverses. Plusieurs accidents, parfois mortels, impliquant des véhicules Tesla en mode Autopilot, ont déclenché des enquêtes fédérales aux États-Unis, notamment par la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) et le département de la Justice (DOJ).
Ces autorités cherchent à déterminer si Tesla a minimisé les limites de ses systèmes et surestimé leurs capacités dans ses communications publiques. Même les terminologies (« Autopilot » et « Full Self-Driving ») sont critiquées. Selon les experts, ces terminologies peuvent induire les conducteurs en erreur, en leur laissant croire que leur Tesla peut réellement se conduire toute seule, alors qu'il ne s'agit que d'un système d'assistance à la conduite.
Fait intéressant, en mars 2025, Tesla a annoncé la suppression de l'appellation Full Self-Driving de son logiciel de conduite autonome en Chine. En abandonnant cette terminologie en Chine, l'entreprise semble vouloir éviter toute confusion et désillusion auprès des consommateurs chinois qui pourraient avoir des attentes irréalistes quant aux capacités réelles de son logiciel. Tesla a déjà été condamné en Corée du Sud pour publicité mensongère.
En parallèle, le logiciel Full Self-Driving de Tesla, vendu à un prix élevé est toujours en phase bêta et l'objet de nombreuses critiques pour son manque de fiabilité. De nombreux propriétaires de Tesla et des analyses indépendantes ont rapporté des comportements incohérents des Tesla en mode Full Self-Driving, comme des freinages fantômes, des hésitations aux intersections, ou des réactions inappropriées dans des environnements urbains complexes.
Ces dysfonctionnements techniques, combinés à la pression réglementaire, sapent la crédibilité de Tesla. À l'international, notamment en Europe, cette insécurité perçue contribue à détourner les consommateurs au profit de constructeurs proposant des systèmes plus transparents et mieux encadrés. Aux États-Unis, la NHTSA a ouvert plus de 40 enquêtes sur les accidents impliquant les systèmes de conduite assistée Autopilot et Full Self-Driving de Tesla.
Tesla fortement critiqué pour sa gamme de véhicules vieillissante
L'une des critiques fréquemment formulées à l'encontre de Tesla est que sa gamme de véhicules commence à se faire un peu vieille. La Model X aura 10 ans cette année, tandis que la Model S en aura 15. Les deux véhicules n'ont reçu que des mises à jour mineures depuis leur lancement initial. (Un dirigeant de Tesla a promis un rafraîchissement plus tard dans l'année.) Les mises à jour logicielles des véhicules souffrent également de plusieurs défaillances.
Les Model 3 et Y, qui représentent l'essentiel des revenus de Tesla dans le secteur automobile, ont tous deux été mis à jour récemment, mais le retard dans les mises à jour régulières a ouvert une...
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