L'action Tesla s'effondre de 14 % et atteint son plus bas niveau depuis août 2025. Cette baisse est intervenue après que le constructeur a publié des résultats financiers décevants au deuxième trimestre 2026. Malgré une hausse des revenus, la rentabilité de Tesla s'effondre en raison d'investissements massifs dans l'IA et le développement de robots humanoïdes. Elon Musk tente de transformer le constructeur automobile en une firme technologique polyvalente, mais cette stratégie inquiète profondément les marchés financiers. Certains accusent Elon Musk de dispersion, alors que Tesla souffre des défaillances techniques de l'Autopilot et du Full Self Driving.Le 22 juillet, Tesla a annoncé ses résultats financiers du deuxième trimestre. Le constructeur a déclaré un chiffre d’affaires de 28,24 milliards de dollars, supérieurs aux 26,32 milliards attendus par Wall Street, soit une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente. Tesla a affiché un bénéfice par action ajusté de 0,33 dollar, inférieur à l’estimation de 0,50 dollar. L’EBITDA ajusté s’est établi à 3,2 milliards de dollars, contre 4 milliards attendus.
L'action Tesla a connu une chute vertigineuse de plus de 13 % à la suite de la publication de ces résultats particulièrement décevants. Le titre oscille désormais autour de 324 dollars, marquant une baisse de plus de 15 % sur cinq jours et d'environ 28 % depuis le début de l'année. La consommation de trésorerie et la production de produits physiques liés à l'IA, tels que le Cybercab et le robot humanoïde Optimus, pourraient susciter des inquiétudes.
Le 23 juillet, l'action Tesla a clôturé en baisse de 14,5 % à 319,69 dollars, son plus bas niveau depuis le 5 août 2025 ; les investisseurs évaluent à la fois les résultats inférieurs aux attentes et les efforts de l'entreprise dans le domaine de l'IA physique. Le constructeur affirme que la production du robot humanoïde Optimus se déroulait comme prévu pour une mise sur le marché plus tard dans l’année, bien que des détails clés n’aient pas été fournis.
Le changement de stratégie par Tesla préoccupe les investisseurs
Bien que l'activité automobile de base de l'entreprise ait généré un peu plus de 20 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 23 % par rapport à l'année précédente, les bénéfices bruts ont quant à eux chuté. Cette baisse s'explique par une augmentation des dépenses d'exploitation bien plus rapide que celle des revenus, principalement en raison des investissements colossaux dans les mégas centres de données destinés à l'IA et dans la R&D.
Les investisseurs se montrent de plus en plus méfiants face à la volonté d'Elon Musk de réinventer l'entreprise. Il tente en effet de réorienter Tesla, délaissant la vente de voitures électriques au profit des robotaxis, de l'IA et d'un robot humanoïde nommé Optimus. Cette série de projets très ambitieux pèse lourdement sur la trésorerie de l'entreprise, qui continue de brûler des dizaines de milliards de dollars pour mener de front toutes ces initiatives.
Concernant le robot Optimus, la production devrait commencer prochainement, mais les défis industriels demeurent immenses. Lors de l'appel sur les résultats, Elon Musk a souligné ce défi : « ce sera le produit le plus difficile à faire évoluer en matière de fabrication que nous ayons jamais conçu chez Tesla, car tout, sur ce robot, est nouveau ». Alors que le projet peine à décoller, les concurrents comme Unitree ont déjà pris de l'avance sur Tesla.
Tesla a expliqué : « les premiers modèles Optimus seront utilisés au sein de notre Optimus Academy pour la collecte de données d’entraînement et le développement de nouvelles fonctionnalités ». Toutefois, Tesla n’a pas précisé quand la dernière version d’Optimus serait dévoilée ni quand la production en série serait lancée. La société a également ajouté que le service de robotaxis est cours de déploiement dans six grandes métropoles américaines.
Mais il accuse un retard important par rapport à son principal concurrent, Waymo, la filiale d'Alphabet. Par ailleurs, Waymo a admis que ses véhicules autonomes font appel à des opérateurs humains basés aux Philippines, ce qui pousse beaucoup à considérer les robotaxis comme une escroquerie.
Les conséquences négatives sur SpaceX et les rumeurs de fusion
La consommation de trésorerie de Tesla s'est poursuivie au cours du trimestre, même si elle s'est avérée inférieure aux prévisions, s'établissant à -1,09 milliard de dollars contre une estimation de -3,64 milliards. Elon Musk a annoncé que « 2026 serait une année marquée par d'énormes dépenses d'investissement ». Le directeur financier, Vaibhav Taneja, a confirmé que les dépenses d'investissement dépasseraient 25 milliards de dollars cette année.
Les analystes s’attendaient à ce que les dépenses d’investissement sur l’ensemble de l’année atteignent 25,16 milliards de dollars. Tesla réalise d’importants investissements sur plusieurs fronts à la fois : la production du robot Optimus, les centres de données et l’accélération de la production du Cybercab. Ce sont ces paris qui justifient la valorisation élevée de Tesla, mais ils absorbent aussi des liquidités alors même que l’activité automobile s’améliore.
D'un autre côté, les investisseurs s'inquiètent du fait que Tesla n'investisse pas suffisamment dans ses projets concrets liés à l'IA, et s'interrogent sur ce que l'on entend par « succès ». Les difficultés financières et stratégiques rencontrées par Tesla semblent également avoir des conséquences négatives sur SpaceX.
Le cours de l'action SpaceX a atteint son plus bas niveau depuis l'introduction en bourse le 12 juin, fragilisé par l'échec d'un test de lancement du vaisseau Starship et par un projet controversé de centres de données orbitaux, poussant les investisseurs à parier massivement contre l'entreprise. L'un des sujets majeurs abordés lors de l'annonce des résultats financiers de Tesla a été la rumeur persistante d'une éventuelle fusion entre Tesla et SpaceX.
Loin de démentir cette possibilité, Elon Musk a entretenu le mystère en affirmant : « nous ne pouvons pas parler de fusion d'entreprises lors d'une conférence de résultats ». Il a ensuite précisé que si une telle opération devait avoir lieu, elle devrait respecter les règles de l'art : « cela doit se faire selon la procédure appropriée ». Cette opération de fusion serait probablement l'un des événements financiers les plus incroyables de l'histoire économique.
Problèmes techniques des logiciels Autopilot et Full Self-Driving
Les logiciels Autopilot et Full Self-Driving de Tesla, longtemps présentés comme les piliers de l'avance de l'entreprise en matière de conduite autonome, sont aujourd’hui au cœur de nombreuses controverses. Plusieurs accidents, parfois mortels, impliquant des véhicules Tesla en mode Autopilot, ont donné lieu à des enquêtes aux États-Unis, notamment par la NHTSA et le ministère de la Justice (DOJ), dont certaines ont déclenché un rappel massif.
Les autorités cherchent à déterminer si Tesla a minimisé les limites de ses systèmes et surestimé leurs capacités dans ses communications publiques. Même les terminologies (« Autopilot » et « Full Self-Driving ») sont critiquées. Selon les experts, ces terminologies peuvent induire les conducteurs en erreur, en leur laissant croire que leur Tesla peut réellement se conduire toute seule, alors qu'il ne s'agit que d'un système d'assistance à la conduite.
En parallèle, le logiciel Full Self-Driving de Tesla, vendu à un prix élevé est toujours en phase bêta et fait l'objet de critiques pour son manque de fiabilité. De nombreux propriétaires de Tesla et des analyses indépendantes ont rapporté des comportements incohérents des Tesla en mode Full Self-Driving, comme des freinages fantômes, des hésitations aux intersections, ou des réactions inappropriées dans des environnements urbains complexes.
Ces dysfonctionnements techniques, combinés à la pression réglementaire, sapent la crédibilité de Tesla. À l'international, notamment en Europe, cette insécurité perçue contribue à détourner les consommateurs au profit de constructeurs...
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