
Qui questionne sur la valeur réelle de la filière du véhicule automobile
Les ventes de Tesla ont chuté de 60 % en France, d’après des données du premier trimestre de l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA). La raison a à voir avec le logiciel Full Self Driving (FSD) à propos duquel plus de la moitié des 8000 consommateurs interrogés dans le cadre d’une récente enquête de l’Electric Vehicle Intelligence Report (EVIR) déclarent qu’il devrait être illégal. C’est le résultat des pratiques commerciales trompeuses de l’entreprise qui finissent par attirer les regards sur la valeur réelle de la filière du véhicule automobile dans son ensemble.
Tesla a récemment supprimé le terme « Full Self-Driving » (FSD) du nom de son logiciel de conduite autonome en Chine, le FSD ayant déjà été taxé de publicité mensongère pour avoir laissé croire que les véhicules Tesla étaient entièrement autonomes.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a pour sa part déclaré que ses agents avaient enquêté sur la filiale française de Tesla entre 2023 et 2024 après que des plaintes aient été déposées sur une plateforme dédiée aux consommateurs.
L'enquête a révélé « des pratiques commerciales trompeuses concernant les capacités de conduite entièrement autonome des véhicules Tesla, la disponibilité de certaines options et les offres de reprise de véhicules », selon la DGCCRF.
L'agence a également cité des retards dans le remboursement des commandes annulées, un manque d'informations sur le lieu de livraison et des contrats de vente incomplets, entre autres infractions.
Tesla a obtenu un délai de quatre mois pour se mettre en conformité avec la réglementation. L'entreprise s'expose à une amende journalière de 50 000 euros si elle ne met pas fin à ses pratiques commerciales trompeuses concernant l'option de conduite entièrement autonome de certains modèles Tesla.
L'enquête de la DGCCRF fait écho à des préoccupations plus générales concernant la technologie de conduite autonome de Tesla. Lors d'un test de 1 600 kilomètres mené par la société indépendante AMCI, le système Full Self-Driving (FSD) de Tesla a commis des erreurs occasionnelles dangereuses et a nécessité l'intervention du conducteur à plus de 75 reprises alors que le système était actif.
Ces préoccupations sont d'autant plus importantes que les statistiques de sécurité sont inquiétantes. Selon une récente étude, malgré des fonctionnalités avancées telles que l'Autopilot et le Full Self-Driving, censées réduire l'erreur humaine, Tesla aurait le taux d'accidents mortels le plus élevé parmi les marques automobiles. Ce constat soulève de nombreuses questions sur la sécurité des voitures électriques, l’efficacité des systèmes d’assistance à la conduite et le comportement des conducteurs.
La combinaison du lidar et des caméras peut-elle permettre de coller à l’objectif de pleine autonomie desdits véhicules ?
C’est ce qui ressort de l’enquête EVIR selon laquelle les consommateurs préfèrent largement que les véhicules autonomes équipés à la fois de LiDAR et de caméras (comme c'est le cas chez Waymo), plutôt que de l'approche de Tesla qui utilise uniquement des caméras. 70 % des Américains estiment que les véhicules autonomes devraient utiliser à la fois le LiDAR et des caméras, tandis que seulement 3 % soutiennent le modèle de Tesla qui utilise uniquement des caméras. Et 71 % souhaitent que le gouvernement impose les deux.
Les avis divergent néanmoins dans la filière du véhicule automobile avec des acteurs comme Tesla et Nodar qui sont d’avis que la caméra surpasse le lidar.
Les technologies du LiDAR et de la caméra offrent toutes deux une formidable puissance, ainsi que des avantages distincts. Le LiDAR peut cartographier des villes avec une précision de moins d'un millimètre, tandis que le capteur d'images et la technologie des caméras sont plus évolués et bénéficient d'une production de masse. Des résultats intéressants et encourageants, puisque Tesla a abandonné le LIDAR et même le sonar au profit de caméras et qu'il rencontre des problèmes persistants tels que le freinage fantôme.
À ce jour, le lidar (type de capteur utilisant des lasers pour créer une carte en trois dimensions du monde autour de la voiture) est utilisé par presque tous les constructeurs de voitures autonomes. Ce qui ne semble pas être du goût du PDG de Tesla, Elon Musk, qui affirme que ces entreprises font une énorme erreur. « Ils vont tous se débarrasser du lidar », a déclaré Elon Musk lors d'un événement mettant en vedette l'expertise de Tesla en matière d'auto-conduite. « Quiconque compte sur lidar est condamné ». « Le lidar est connu comme un raccourci », a ajouté Andrej Karpathy, gourou de l'IA chez Tesla. « Cela évite les problèmes élémentaires de reconnaissance visible qui sont essentiels à l’autonomie. Cela donne une fausse impression de progrès et est finalement une béquille ».
Quel est l’état des lieux en matière de voitures, bus et camions entièrement autonomes en dépit de l’utilisation combinée (ou pas) du lidar et des caméras ?
L’autonomie des véhicules se définit selon des paliers :
- Niveau 0 : c’est l’automobiliste qui reste maître à bord ;
- Niveau 1 : l’ordinateur peut intervenir pour gérer la vitesse ou la direction (régulateur de vitesse, alerte distance de sécurité) mais le conducteur garde le contrôle du véhicule ;
- Niveau 2 : la voiture peut « se conduire » temporairement, en se garant toute seule par exemple (park assist). Le conducteur reste responsable de la conduite ;
- Niveau 3 : le conducteur peut déléguer la conduite à l’ordinateur dans certaines situations comme les bouchons. La fonction embouteillage du XC 90 de Volvo illustre parfaitement ce niveau. L’ordinateur peut aussi indiquer au conducteur quand il doit reprendre le véhicule en main ;
- Niveau 4 : plus besoin du conducteur dans certains cas prédéfinis ; le véhicule dépose son conducteur, se gare seul et revient chercher son propriétaire ;
- Niveau 5 : la voiture est totalement autonome et contrôle toutes les fonctions du véhicule. Le conducteur peut être présent ou non.
Mercedez Benz est devenue la première entreprise automobile à obtenir un certificat de conformité pour véhicules autonomes de niveau 3. Les rapports ont fait état de ce qu’un véhicule Waymo était équipé d’un Advanced Driving Systems de niveau 4 lorsqu’il a écrasé un chien à San Francisco à mi-parcours de l’année 2023.
Pour ce qui est du niveau 5, Kyle Vogt, PDG de Cruise, indique que « même dans des décennies vous n’obtiendrez pas de véhicules autonomes à 100 %. » Ce dernier est d’avis que l’assistance à distance va rester sur le long terme. Luc Julia, l’un des inventeurs de l’assistant vocal Siri d’Apple, actuel vice-président innovation de Samsung Monde, et directeur du laboratoire de recherche en IA de Samsung déclare pour sa part que « la voiture autonome n’existera jamais La charge cognitive nécessaire pour la conduite est trop importante pour la confier à une machine. Cela fonctionnera à 98 %, mais il restera toujours 2 % que seul l’humain pourra accomplir. »
Source : EVIR
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