La capture par l'Iran d'un drone sous-marin militaire américain offre à Téhéran l'occasion d'étudier et, éventuellement, de procéder à une ingénierie inverse de l'appareil, ce qui constitue un revers pour le Pentagone et le fabricant de drones Anduril. L'armée américaine et Anduril ont minimisé l'importance de la capture de ce drone par l'Iran. Selon les analystes, l'Iran a peu de chances de tirer un avantage militaire décisif du drone capturé, mais cet épisode représente néanmoins une victoire en termes de propagande pour Téhéran et un revers embarrassant pour les efforts de Washington visant à affirmer sa supériorité technologique.En juillet 2026, pour la première fois de son histoire, l'armée américaine a envoyé au combat des drones nautiques chargés d’explosifs pour attaquer un sous-marin miniature iranien et un port naval. Cette utilisation de drones nautiques kamikazes par les USA intervenait près d’une décennie après que les forces iraniennes et houthistes avaient fait la démonstration de ce type d’armes pour la première fois. Les armées de par le monde ne cessaient de transformer leur stratégie militaire grâce à l’intégration de l’IA et de la robotique.
Anduril Industries, Inc. est une entreprise américaine spécialisée dans les technologies militaires, plus particulièrement dans le développement de systèmes autonomes de pointe. Elle a été fondée en 2017 par Palmer Luckey, Trae Stephens, Matt Grim, Joe Chen et Brian Schimpf. Anduril commercialise auprès du ministère américain de la Défense des systèmes intégrant l'intelligence artificielle (IA) et la robotique. Parmi les principaux produits d'Anduril figurent des systèmes aériens sans pilote (UAS) et des systèmes de lutte contre les UAS (CUAS), des systèmes de surveillance autonomes semi-portables, ainsi que des logiciels de commandement et de contrôle en réseau.
Le 8 septembre 2026, le Corps des Gardiens de la révolution iraniens (CRI) a annoncé la capture d'un drone sous-marin autonome américain (UAV/AUV) à l'entrée du détroit d'Hormuz. Les médias d'État iraniens et les experts ont identifié l'appareil comme étant le Dive-LD, un véhicule sous-marin autonome de grande taille développé par l'entreprise de défense américaine Anduril Industries. Alors que l'Iran qualifie cette saisie de capture de haute technologie lors d'une « opération d'intelligence complexe », le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (CentCom) minimise l'incident. Washington affirme qu'il s'agit d'un modèle ancien tombé en panne en mission de routine.
La capture par l’Iran d’un drone sous-marin militaire américain offre à Téhéran l’occasion d’étudier et, éventuellement, de procéder à une ingénierie inverse de l’appareil, ce qui constitue un revers pour le Pentagone et le fabricant de drones Anduril. L’armée américaine et Anduril ont minimisé l’importance de la capture de ce drone par l’Iran. Cet engin, un véhicule sous-marin autonome de type Dive-LD conçu pour la surveillance à longue portée et d’autres missions sous-marines, fait partie d’une nouvelle génération de drones militaires destinés à fonctionner pendant plusieurs jours avec une intervention humaine minimale. Washington avait auparavant considéré la perte de drones de pointe au profit de l’Iran comme un problème grave.
Après la capture par l’Iran d’un drone de reconnaissance furtif RQ-170 Sentinel en 2011, le président de l’époque, Barack Obama, avait publiquement demandé à Téhéran de restituer l’appareil. L’Iran avait ensuite affirmé avoir procédé à une ingénierie inverse du drone et avait par la suite dévoilé des modèles de fabrication nationale qui semblaient s’inspirer largement de sa conception.
Plus récemment, l’armée américaine est intervenue rapidement pour empêcher les forces iraniennes de s’emparer de technologies maritimes sans équipage. En 2022, un navire de patrouille de la Marine américaine et un hélicoptère MH-60S Seahawk ont été déployés après qu’un navire de la marine iranienne eut tenté de remorquer un navire de surface Saildrone dans le Golfe, selon la Marine.
Selon les analystes, l’Iran a peu de chances de tirer un avantage militaire décisif du drone capturé, mais cet épisode représente néanmoins une victoire en termes de propagande pour Téhéran et un revers embarrassant pour les efforts de Washington visant à affirmer sa supériorité technologique.
Les ambassades iraniennes se moquent des USA
Les ambassades iraniennes à travers le monde se sont moquées des USA pour avoir perdu leur drone. L’ambassade d’Iran au Ghana, dans une publication sur X, s’est vantée d’avoir récupéré le drone submersible dans « un détroit contrôlé par des gens capables d’entendre un écrevisse éternuer », ajoutant que « nos gars l’ont repêché comme une bouteille en plastique dans un filet de pêche. Entièrement intact. Il clignote toujours comme un idiot. Mes condoléances à celui qui tenait le joystick. »
Le capitaine de vaisseau Tim Hawkins, du Commandement central américain, a déclaré que « ce drone défectueux était un ancien modèle qui ne collectait pas de données sensibles et ne transportait aucun équipement sonar ou radar classifié ». Anduril n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire. « Bien sûr, l’Iran saisira chaque occasion pour en faire un succès de propagande », a déclaré Farzin Nadimi, chercheur senior au Washington Institute for Near East Policy. « Cela peut aider le Corps des gardiens de la révolution islamique à mettre au point de meilleures versions de ses propres modèles. »
L'Iran tentera très certainement de démonter le matériel du drone, mais le logiciel de celui-ci intègre des mécanismes de défense, a déclaré Bryan Clark, chercheur senior et directeur du Centre pour les concepts et technologies de défense à l'Institut Hudson. Les ingénieurs iraniens « pourraient sans aucun doute procéder à une ingénierie inverse des systèmes mécaniques », a-t-il ajouté, rappelant les antécédents de Téhéran en matière d'appareils américains capturés.
« Cérémonie de déballage par nos ingénieurs en rétro-ingénierie, demain matin ! », a écrit l’ambassade d’Iran à Hyderabad sur X. Cet incident a également mis en évidence un décalage entre le message d’Anduril et celui de son client, la Marine américaine. Des responsables de la Marine ont déclaré que le Dive-LD était un véhicule d’un modèle plus ancien qui avait subi une panne et avait été récupéré par les forces iraniennes après avoir été laissé « à la dérive ».
Anduril a présenté le Dive-LD comme « le plus fiable et le plus polyvalent » des grands véhicules sous-marins autonomes disponibles, affirmant qu’il était capable de fonctionner jusqu’à 10 jours dans des conditions difficiles. Outre son utilisation par la Marine américaine, le Dive-LD a servi de banc d’essai pour le développement du nouveau grand drone sous-marin australien, le Ghost Shark.
« C’est un sujet que l’Iran a su exploiter avec brio à son avantage, en cherchant à présenter les États-Unis, dans ce cas précis, comme incompétents et à affirmer sa capacité à conserver en quelque sorte le contrôle du détroit d’Ormuz », a déclaré Mona Yacoubian, directrice du programme Moyen-Orient au Center for Strategic and International Studies.
En mai 2026, Elon Musk a accusé l'administration Trump d’avoir enfreint les conditions d’utilisation de SpaceX en déployant le réseau « civil » Starlink sur des drones de combat en Iran. Bien qu'il ait attribué cette erreur de configuration à un sous-traitant militaire, les tensions s'intensifiaient autour de la dépendance du Pentagone envers une technologie privée sans concurrence réelle. Le litige découlait d'un désaccord financier majeur, SpaceX réclamant 25 000 dollars par mois pour un accès de niveau militaire au lieu des 5 000 dollars initialement payés par le Pentagone. Dans le même temps, l'Iran traquait les terminaux Starlink introduits clandestinement dans le pays.
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