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American Airlines ramène discrètement le Boeing 737 Max,
Mais les pilotes américains disent que le nouveau manuel de l'avion « peut conduire à des erreurs en cas d'urgence »

Le , par Stan Adkens

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9  0 
Depuis plus d’un an, le Boeing 737 Max n'était manifestement pas prêt à décoller suite aux défaillances logicielles révélées par deux crashs mortels en seulement cinq mois. Lors des deux incidents horribles, 346 personnes sont mortes. Dans les deux cas, les pilotes n'ont pas été capables de manipuler le système logiciel anti-décrochage MCAS de manière à corriger le nez de l'avion poussé vers le bas, ce qui a finalement entraîné des conséquences fatales. Le Max a été mis hors service et Boeing contraint à apporter les corrections nécessaires.

Comme faire voler un avion implique une confiance absolue dans la technologie et les hommes qui la font fonctionner, l’avionneur américain se bat depuis lors pour regagner la confiance des autorités et de ses clients, sans parvenir à gagner la confiance de tout monde pour l’instant. Cependant, comme l'attention aux États-Unis se concentrait sur les élections, American Airlines a discrètement annoncé en octobre que la compagnie allait remettre le Max dans son programme le mois prochain.


Mais ce que disent les pilotes américains pourrait ternir le retour dans la flotte de la compagnie de l’avion cloué au sol depuis mars 2019 et dont la sécurité continue de faire l’objet de critique. Le syndicat représentant les pilotes de Southwest Airlines a déclaré la semaine dernière « que le nouveau manuel du Boeing 737 Max peut conduire à des erreurs en cas d'urgence ». Le syndicat a déclaré, selon USA Today, que la FAA devrait réduire le nombre d'étapes que les pilotes doivent retenir et effectuer dans le type d'urgence qui s'est produit avant les deux accidents du Max.

Les régulateurs européens de l'EASA ont déclaré en octobre que le Max est sûr. Ce qui est curieux, c'est que Boeing n'a pas encore effectué les modifications logicielles que les régulateurs européens ont jugé nécessaires. L’ESEA avait en outre exigé le développement d'un capteur dit synthétique, le troisième capteur sur le 737 Max. Patrick Ky, directeur exécutif de l'Agence européenne, a déclaré que le capteur synthétique simplifierait le travail des pilotes lorsqu'un ou les deux capteurs mécaniques d'angle d'attaque du Max tombent en panne.

Pendant ce temps, aux États-Unis, le Max a réussi ses vols d'essai de certification. Et American Airlines, qui prévoit de piloter le Max dès décembre, prévoit des visites client du Boeing 737 Max et appelle ses pilotes pour renforcer la confiance du public dans l’avion après deux accidents mortels, a rapporté CNBC en octobre. Tout cela dégage une confiance tranquille. Mais les Américains comprennent que les passagers seront nerveux, car c'est une chose de corriger un logiciel. C'en est une autre de s'assurer que ceux qui l'utilisent en connaissent toutes les nuances.

Lundi 2 novembre était la date limite pour les commentaires sur la proposition par la FAA pour la formation des pilotes. L'agence pourrait publier une règle finale dans les semaines à venir, éliminant l'un des derniers obstacles pour les compagnies aériennes à reprendre l'utilisation de l'avion. Boeing attend l'approbation de la FAA avant la fin de l'année. Cependant, selon les syndicats de pilotes américains, l'administration fédérale de l'aviation devrait améliorer sa proposition visant à former les pilotes à la gestion de l’inclinaison en piqué du Boeing 737 Max, qui a été cloué au sol après deux accidents mortels.

Les pilotes s'inquiètent du fait que le manuel de l’agence fédérale américaine de l’aviation pour le maniement du nouveau logiciel en cas d'urgence est inadéquat. Ils disent qu'il y a tout simplement trop d'étapes à se rappeler. Cela, insistent-ils, a été prouvé lors de vols en simulateur. Pendant que la FAA propose une formation des pilotes tous les trois ans, les pilotes d'American Airlines ont déclaré que les pilotes de Max devraient s'entraîner pour la gestion des cas d’urgence tous les deux ans.

Divulguer tous les documents relatifs aux derniers essais du Boeing 737 Max

Un groupe de pression américain a demandé à un juge fédéral d'ordonner à la FAA de publier une centaine de documents relatifs à la recertification du Boeing 737 Max par l'agence. Flyers Rights Education Fund, un groupe de défense des consommateurs qui se concentre sur les questions relatives aux compagnies aériennes a déposé la requête auprès du tribunal de district américain pour le District de Columbia le 28 octobre.

Il affirme que la FAA, suite à la demande de Boeing, a omis de divulguer des informations qui pourraient aider « les experts indépendants en matière de sécurité et le public ... à examiner la base sur laquelle la FAA a l'intention de faire décoller l'avion ». Les documents recherchés par Flyers Rights concernent les plans de certification du 737 Max, les méthodes d'essai, la conformité réglementaire, les plans d'essai en vol et les analyses de sécurité, selon des documents judiciaires.

Flyers Rights a déjà demandé ces documents à la FAA, après avoir déposé une demande dans le cadre de la loi sur la liberté de l'information du gouvernement américain. La FAA a effectivement publié une centaine de documents, mais ces documents ont été fortement expurgés, les laissant vides de « l'essentiel des informations de fond », selon Flyers Rights.

Les documents judiciaires montrent que Boeing s'est opposé à la publication de détails, invoquant la nécessité de protéger les informations exclusives et « techniques très détaillées ». FlyersRights insiste sur le fait que l'information qu'il recherche ne concerne pas des informations propriétaires, mais plutôt « le processus par lequel la FAA déterminerait si les correctifs proposés par Boeing fonctionnent et sont satisfaisants ».

American Airlines prévoit de démarrer des vols 737 MAX entre Miami et New York à partir du 29 décembre, selon un rapport de Reuters. Le 737 MAX a déjà volé entre New York et Miami, ce n'est donc pas une nouvelle route pour le MAX. Le problème c’est comment les clients d'American Airlines peuvent être sûrs que le Max peut voler en toute sécurité.

Les passagers, qui n’avaient pas peur auparavant en montant dans un 737 Max, pourraient maintenant être préoccupés par ce qui se passe dans le cockpit de l’avion. Auparavant, bien que certains passagers se sont intéressés par le type d'avion qui les transporte, beaucoup s'en moquaient. Ils veulent plutôt savoir si l'avion est propre et si leurs pieds vont effectivement passer sous le siège avant. Mais avec l’actualité du 737 Max et un retour imminent dans les flottes des compagnies aériennes, ils chercheront certainement à connaître le type d’avion dans lequel ils voyagent.

Le Max aura sans aucun doute un avenir difficile. Southwest Airlines ne semble pas se presser pour le programmer dans sa flotte. Les compagnies aériennes n'en commandent pas plus, selon un article publié par Bloomberg en octobre. Certaines, dont Southwest Airlaines, examineraient des alternatives de l'Airbus au lieu de commander plus de Max.

Un élément intrigant est de savoir si American Airlines et d'autres compagnies aériennes diront à leurs clients qu'ils voyagent dans un 737 Max. À la fin de l'année dernière, elles ont commencé à l'appeler le 737-8, d’après une publication de Will Horton dans Forbes. Ce qui est assez bizarre, étant donné qu'il existe déjà un 737-800, un bastion de l'aviation depuis de nombreuses années.

Pour signer un retour réussi dans les airs, la mise à jour logicielle du Boeing 737 Max ne doit tout simplement pas se tromper. Elle doit être absolument parfaite et bénéficier de la confiance absolue de ceux qui l'utilisent.

Sources : USA Today, Flyers Rights Education Fund, Reuters

Et vous ?

Que vous inspire la programmation des 737 Max en décembre par American Airlines ?
Monteriez-vous volontiers dans les premiers Max après la recertification ? Pourquoi ?

Voir aussi :

Boeing 737 Max jugé sûr par le régulateur européen de l'aviation, qui a déclaré que « le niveau de sécurité atteint est suffisamment élevé pour nous »
La proposition de correction américaine pour les problèmes du Boeing 737 Max ne tient pas compte du scénario de crash d'Ethiopian Airlines, met en garde le syndicat des pilotes britanniques
Les correctifs proposés par la FAA ne sont pas suffisants pour le 737 Max, cloué au sol à cause des problèmes logiciels, d'après un dénonciateur de Boeing
Boeing licencie l'un de ses cadres moyens suite à la divulgation de courriels "embarrassants" pour la société, alors même que ce dernier ne semble pas impliqué dans cette affaire

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Avatar de Christ D
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 28/01/2021 à 23:35
Tous les journalistes mettent tout sur le dos du système MCAS.
Evidement oui, c'est lui qui a décidé lors des accidents de faire baissez le nez d' l'avion si brutalement que cela a aboutit à 2 crashs.
Mais le vrai problème n'est pas là.
Le vrai problème est que Boeing a eu besoin d'installer un tel système de contrôle d'incidence.
La raison est simple : le 737 , best-seller de Boeing date des années 1970.
De base, sa cellule est "basse sur patte" parce qu'à l'origine, les moteurs montés étaient des simples flux de faible puissance et fort consommateurs de pétrole dont l'encombrement est faible.
Boeing n'a cessé de modernisé le 737 pour bénéficier de la bonne image auprès des clients (comme vW le fait avec la Golf) et économiser l'argent nécessaire au développement d'un nouvel appareil.
Petit à petit, la puissance a doublé, des doubles flux ont été monté, ils avaient installé des nacelles spéciales dont la base est presque plate pour éviter que les nacelles moteurs ne trainent par terre (ça passait tout juste). Jusque là tout allait bien.
Puis ils ont voulu monter les tout derniers moteurs, les plus économes en carburant et aussi les plus puissant (comme Airbus l'a fait sur le 330 et le 350... mais pas sur le 320).
Mais la soufflante de ces moteurs est si immense, qu'il était impossible de les monter là où se trouve normalement les moteurs du 737.
Donc ils ont avancé (et pas qu'un peu) le pylône pour rehausser la fixation des moteurs, ce qui coûte bien moins cher que de modifier le train donc son logement dans le fuselage donc le fuselage et ainsi de suite jusqu'à la production d'un nouvel avion.
Ils ont donc complètement déplacer le centre de poussée , multiplié par 2 la puissance ce qui peut génèrer un couple cabreur ingérable.
On obtient un avion mal né, qui ne peut pas volé sans être contrôlé par de l'informatique. Et de là vient l'installation du système MCAS disposant de la puissance nécessaire pour contrer ce couple cabreur. Couple qu'un humain ne pourrait pas contrer tout comme il ne peut pas contrer le système MCAS lorsque celui-ci prend une décision erronée.
Si un avion est mal conçus, l'informatique n'y pourra rien.
Le 737 MAX aurait pu être un magnifique nouveau best-seller 7X7 si boeing avait voulut y mettre le prix

1ère version du 737 avec ces simples flux :
https://static01.nyt.com/images/2019...y=90&auto=webp

version modernisée avec des SNECMA CFM 56 double flux avec nacelles spéciales :
https://i.ebayimg.com/images/g/7WQAA...54l/s-l500.jpg

737-MAX
https://www.lesuricate.org/wp-conten...06/ryanair.jpg

Airbus fait des avions disposant d'automatismes de sécurité depuis 40 ans mais pas des avions ne pouvant pas voler sans eux. Boeing si
12  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 21/09/2021 à 15:30
Un responsable de Boeing devrait être mis en examen pour crimes suite à des problèmes avec le système MCAS du Boeing 737 Max
qui a conduit à la mort de centaines de personnes

Les procureurs fédéraux se préparent à inculper un ancien pilote d'essai de Boeing soupçonné d'avoir induit les régulateurs de l'aviation en erreur sur les problèmes de sécurité responsables de deux accidents mortels de 737 MAX, a rapporté jeudi le Wall Street Journal, citant des personnes proches du dossier. Ce serait, selon le journal, « la première tentative de tenir un employé de Boeing responsable » de sa conduite avant les deux accidents. Mark Forkner était le pilote technique en chef du 737 MAX de Boeing pendant le développement de l'avion, il était le contact principal entre le géant de l'aviation et la Federal Aviation Administration sur la façon dont les pilotes devraient être formés pour piloter les avions, a rappelé le journal.

Boeing fait l'objet de multiples enquêtes depuis 2019, lorsqu'un avion Max exploité par Ethiopian Airlines s'est écrasé cinq mois seulement après qu'un autre avion appartenant à l'Indonésie, Lion Air, a plongé dans la mer. Les enquêteurs ont découvert qu'à ces deux occasions, un capteur défectueux a provoqué un déclenchement erroné du système automatique anti-décrochage, le « Maneuvering Characteristics Augmentation System » (MCAS), forçant l'avion à piquer du nez. Les pilotes de Lion Air et d'Ethiopian Airlines se sont battus pour redresser leurs jets, mais ont été dépassés par le système automatique à chaque fois qu'ils ont essayé.

Un rapport, publié en septembre 2020, a mis en évidence des défaillances dans la conception de l'avion et une relation trop étroite entre la compagnie et le régulateur. Boeing a caché des défauts de conception de son jet 737 Max aux pilotes et aux autorités de réglementation alors qu'il s'efforçait de faire certifier l'avion comme étant apte à voler, selon l’enquête.


Le rapport de la commission parlementaire a examiné les défauts d'ingénierie et de conception technique de Boeing, en particulier dans le développement du nouveau logiciel de contrôle MCAS. Après 17 mois d'enquête, il a indiqué comment Boeing a tenté de minimiser la formation nécessaire des pilotes pour piloter le nouveau Max, qui était sorti en toute hâte pour tenter de concurrencer l'Airbus A320neo.

Le rapport a révélé que la compagnie avait réussi à persuader la FAA de ne pas classer le système anti-décrochage comme « critique pour la sécurité », ce qui signifie que de nombreux pilotes ne connaissaient même pas son existence avant de piloter le Max. La Commission a aussi détaillé les hypothèses erronées et dépassées que les ingénieurs ont faites sur la façon dont les pilotes réagiraient dans une telle crise et comment Boeing n'a pas installé un système d'alerte qui aurait pu avertir l'équipage, entre autres défaillances techniques.

Le rapport a regretté qu’une « culture de la dissimulation » chez Boeing ait contribué aux échecs : « Dans plusieurs cas critiques, Boeing a dissimulé des informations cruciales à la FAA, à ses clients et aux pilotes de 737 MAX ». Mais il y a eu des problèmes au sein de la FAA également. « Le fait qu'un avion conforme ait souffert de deux crashs mortels en moins de cinq mois est la preuve évidente que le système réglementaire actuel est fondamentalement défectueux et doit être réparé », selon le rapport.

Selon l’enquête, « [Les deux crashs] ont été l'horrible point culminant d'une série d'hypothèses techniques erronées des ingénieurs de Boeing, d'un manque de transparence de la part de la direction de Boeing et d'une surveillance grossièrement insuffisante de la [Federal Aviation Administration] - le résultat pernicieux de la mainmise réglementaire de la part de la FAA en ce qui concerne ses responsabilités d'exercer une surveillance rigoureuse sur Boeing et de garantir la sécurité du public voyageur ».

« Les faits exposés dans ce rapport font état d'une série inquiétante de mauvais calculs techniques et d'erreurs de jugement troublantes de la part de Boeing en matière de gestion. Il met également en lumière de nombreux manquements à la surveillance et aux responsabilités de la FAA qui a joué un rôle important dans les crashs des 737 Max », lit-on dans le rapport de 238 pages qui détaille comment Boeing a tenté de minimiser les tests réglementaires.

Boeing était au courant du problème du 737 MAX

Le constructeur américain avait nié qu’il était au courant des problèmes qu’avait le 737 MAX, mais les messages que se sont échangés les pilotes Mark A. Forkner et Patrik Gustavsson en 2016 et révélés en octobre 2019 ont prouvé le contraire. L’un deux, Mark A. Forkner, alors pilote technique en chef du Boeing 737, disait dans l’un de ses messages envoyés à Patrik Gustavsson que le MCAS s'engageait « comme un fou », en qualifiant le problème de « flagrant ». Il a aussi abordé le fait que Boeing avait induit en erreur la Federal Aviation Administration (FAA).

« J'ai donc essentiellement menti aux organismes de réglementation (sans le savoir) », a-t-il écrit. Forkner s’est, semble-t-il, rendu compte de ses erreurs après avoir pratiqué des tests techniques sur le 737 Max et son logiciel MCAS dans un simulateur. À son tour, Patrik Gustavsson lui avait répondu que « ce n'était pas un mensonge », ajoutant « personne ne nous a dit que c'était le cas ». Ces messages en date de 2016, un an avant la certification du 737 Max, montrent que Boeing a menti, mais aussi, qu'il a induit la FAA en erreur quant à la sécurité de son aéronef.

Le Wall Street Journal a déclaré qu'il n'était pas clair à quelles charges Forkner ferait face.

Le 737 MAX a été officiellement certifié en mars 2017, mais a été immobilisé dans le monde entier pendant 20 mois à la suite des accidents d'octobre 2018 et de mars 2019, qui ont fait 346 morts. Le MAX a été autorisé à voler à nouveau fin 2020, une fois le logiciel MCAS modifié.


En plus du MCAS qui a connu une amélioration, d’autres mises à jour supplémentaires sans rapport avec les accidents ont également été apportées. Il s’agit notamment de la modification de certains câblages pour répondre aux exigences de la FAA, ce qui a nécessité d’installer deux mises à jour logicielles supplémentaires. Par ailleurs, eu égard aux améliorations apportées à l’appareil, les pilotes des compagnies aériennes qui disposent du 737 Max doivent effectuer une formation avant de prendre à nouveau les commandes de l’appareil. En outre, chaque avion Max sera soumis à une inspection interne et à un vol de préparation avant de transporter des passagers. Ce sont toutes ces mesures associées à d’autres qui ont incité la FAA à accorder son autorisation pour la remise en service du 737 Max. Elle a depuis été rejointe par des régulateurs au Brésil.

Boeing a reconnu sa responsabilité dans la tromperie des régulateurs et a accepté de payer plus de 2,5 milliards de dollars pour régler certaines poursuites.

Un avocat de Forkner, David Gerger, n'a pas répondu aux demandes de commentaires du Journal. Gerger a déclaré dans le passé que Forkner, un pilote et vétéran de l'Air Force, ne mettrait pas les pilotes ou les passagers en danger.

Le Journal avait précédemment rapporté que les procureurs se concentraient sur Forkner et un deuxième ex-pilote de Boeing, Patrik Gustavsson, qui traitait également avec la FAA.

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de la tournure des évènements ?

Voir aussi

Boeing révèle l'arrivée d'un avion de chasse autonome l'année prochaine qui pourrait mener des missions de reconnaissance auprès d'autres avions
USA, cybersécurité aéronautique : les avions commerciaux exposés aux potentielles attaques, de nombreuses vulnérabilités ont été découvertes
Le chasseur américain F-35 Lightning II aurait plus à craindre du piratage informatique que des armes ennemies
10  0 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/11/2020 à 14:47
Les régulateurs européens se préparent à une remise en service du 737 Max en 2021
et publient une proposition de directive de navigabilité concernant l'avion

Environ deux ans après les deux accidents mortels d'octobre 2018 et mars 2019, le Boeing 737 Max s'apprête à voler de nouveau dans l'espace aérien européen. Pour cela, les régulateurs européens ont publié une proposition de directive de navigabilité (PAD - Proposed Airworthiness Directive) qui permettrait au Boeing 737 Max de voler à nouveau dans les semaines à venir. La publication de la directive par l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (AESA) mardi marque le début d'une période de consultation publique de 28 jours au terme de laquelle l'agence examinera à nouveau l'avion et pourra l'autoriser à voler.

L'AESA est prêt à accueillir de nouveau le Boeing 737 Max dans l'espace aérien européen

Le Boeing 737 Max est un aéronef de la quatrième génération de la famille d'avions 737 construite par Boeing Commercial Airplanes. L'avion a été mis en service pour la première fois en avril 2017. Mais dès octobre 2018, celui-ci a été immobilisé au sol à la suite de deux crashs successifs peu après le décollage n'ayant laissé aucun survivant, celui du vol 610 Lion Air le 29 octobre 2018 et celui du vol 302 Ethiopian Airlines le 10 mars 2019. En cause, le Maneuvering Characteristics Augmentation System (MCAS), un système spécifique aux 737 Max, qui s'activait de façon intempestive.

À partir de l'été 2019, plusieurs rapports ont mis en lumière les nombreux défauts de conception du 737 Max, en particulier du logiciel MCAS. En septembre 2020, plus d'un an après que l'avionneur a été sonné de régler les défauts de l'avion pour qu'il soit autorisé à voler de nouveau, un rapport du Congrès américain a révélé que Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS. La FAA est toutefois disposée à autoriser de nouveaux vols du 737 Max dans les prochains mois, si tous les problèmes sont résolus.

L'Administration fédérale de l'aviation des États-Unis (FAA), pays d'origine des avions Boeing, a publié son approbation finale du 737 MAX modifié (mis à jour) dans le registre fédéral le 20 novembre 2020. Cette semaine, c'est au tour des régulateurs européens de montrer la marche à suivre à Boeing pour que ses aéronefs puissent voler de nouveau dans l'union. Mardi, l'AESA a publié une proposition de directive de navigabilité concernant le 737 MAX pour consultation publique, signalant son intention d'approuver le retour de l'avion dans le ciel européen d'ici quelques semaines.


L'annonce de l'AESA est très similaire à celle de la FAA américaine concernant la remise en service du Max. Notons que l'agence avait déclaré en 2019 qu'elle ne suivrait pas le verdict de la FAA au sujet du 737 Max. Elle a déclaré à l'époque qu'elle effectuera ses propres tests sur l'avion avant d'approuver un retour aux vols commerciaux. « L'AESA a clairement indiqué dès le départ que nous mènerions notre propre évaluation objective et indépendante du 737 MAX, en étroite collaboration avec la FAA et Boeing, afin de garantir que ces accidents tragiques, qui ont touché la vie de tant de personnes, ne se reproduisent plus », a rappelé cette semaine le directeur exécutif de l'AESA, Patrick Ky.

« Je suis convaincu que nous n'avons rien négligé dans notre évaluation de l'avion avec son approche de conception modifiée », a-t-il ajouté. Il a expliqué que chaque problème résolu donnait encore lieu à un examen plus approfondi. « Chaque fois qu'il est apparu que des problèmes étaient résolus, nous avons creusé plus profondément et posé encore plus de questions. Le résultat a été un examen approfondi et complet de la façon dont cet avion vole et de ce que c'est pour un pilote de piloter le MAX, nous donnant l'assurance qu'il peut maintenant voler en toute sécurité », a-t-il déclaré.

L'annonce de l'AESA a toutefois ajouté quelques exigences supplémentaires en matière de formation des pilotes. Selon le régulateur européen, les vols reprendront une fois que les pilotes auront reçu une formation supplémentaire à la satisfaction du régulateur européen. Ils devront se faire former à nouveau afin de connaître les détails du fonctionnement du logiciel MCAS. Dans la publication du mardi, l'agence a écrit qu'un problème fondamental du MCAS original est que de nombreux pilotes ne savaient même pas qu'il était là.

Un point clé du retour du 737 Max est la formation des pilotes au fonctionnement du MCAS

Les examens effectués par l'AESA ont révélé que, dans la version de l'avion accidenté, il n'y avait pas de voyant d'avertissement pour faire prendre conscience au pilote que le capteur AoA (l'angle d'attaque du système anti-givrage de la sonde d'incidence) était défectueux, ce qui rendait presque impossible de déterminer la cause profonde du problème. C'est pourquoi l'AESA propose maintenant que les modifications de la conception de l'avion qui seront exigées par la directive de navigabilité finale soient accompagnées d'un programme de formation obligatoire pour les pilotes.

Cela comprend une formation sur simulateur de vol, afin de garantir que les pilotes connaissent tous les aspects du système de commande de vol du 737 MAX et qu'ils réagiront de manière appropriée aux scénarios de défaillance typiques. En résumé, la proposition de directive de navigabilité de l'AESA impose les principales actions suivantes :

  • mises à jour des logiciels pour l'ordinateur de contrôle de vol, y compris le MCAS ;
  • mises à jour du logiciel permettant d'afficher une alerte en cas de désaccord entre les deux capteurs AoA ;
  • séparation physique des câbles acheminés du cockpit au moteur de compensation du stabilisateur ;
  • mise à jour des manuels de vol : limites opérationnelles et amélioration des procédures pour permettre aux pilotes de comprendre et de gérer tous les scénarios de défaillance pertinents ;
  • formation obligatoire pour tous les pilotes de 737 MAX avant de reprendre le vol, et mise à jour de la formation initiale et périodique des pilotes sur le MAX ;
  • tests des systèmes, y compris le système de capteurs AoA ;
  • un vol de préparation opérationnelle, sans passagers, avant l'utilisation commerciale de chaque avion pour s'assurer que toutes les modifications de conception ont été correctement mises en œuvre et que l'avion est sorti avec succès et en toute sécurité de sa longue période de stockage.

Selon le régulateur européen, la proposition de directive de navigabilité est maintenant ouverte pour une période de consultation de 28 jours. Une fois cette période terminée, il prendra le temps d'examiner les commentaires formulés, avant de publier la directive de navigabilité finale. Cette publication finale est attendue à partir de la mi-janvier 2021 et constituera la décision officielle levant l'immobilisation au sol pour tous les 737 MAX exploités par les États membres de l'AESA. En outre, après la remise en service, l'AESA s'est engagée à surveiller étroitement l'avion en service.


Cela devrait lui permettre de détecter précocement tout problème éventuel. Par ailleurs, en conjonction avec la proposition de directive sur la navigabilité, l'AESA a également publié une directive préliminaire sur la sécurité pour une consultation de 28 jours. Cette directive exigera des compagnies aériennes non européennes qui sont titulaires d'une autorisation d'opérateur de pays tiers (TCO) de l'AESA qu'elles mettent en œuvre des exigences équivalentes, y compris la formation des équipages.

Cela permettra la remise en service du 737 MAX lorsque les avions concernés sont exploités sous une autorisation TCO de l'AESA à l'intérieur, à l'extérieur ou sur le territoire des États membres de l'AESA.

L'Europe, les USA et le Canada partagent les mêmes critères de remise en service du 737 Max

Mardi, le régulateur européen a également indiqué que l'AESA, ainsi que les autorités réglementaires du Canada et du Brésil, a travaillé en étroite collaboration avec la FAA et Boeing au cours des 20 derniers mois pour remettre l'avion en service en toute sécurité. La directive de navigabilité proposée par l'EASA exige les mêmes modifications de l'avion que celles apportées par la FAA, ce qui signifie qu'il n'y aura aucune différence logicielle ou technique entre les aéronefs exploités par les compagnies américaines et ceux des États membres de l'EASA (les 27 membres de l'UE, ainsi que l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse).

Le Royaume-Uni est également concerné par ces mêmes directives de navigabilité, car le pays continue d'être traité comme un État membre de l'UE jusqu'au 31 décembre 2020. Toutefois, les exigences de l'EASA diffèrent de celles de la FAA sur deux points principaux. L'EASA autorise explicitement les équipages de conduite à intervenir pour empêcher un vibreur de manche de continuer à vibrer une fois qu'il a été activé par erreur par le système, afin d'éviter que cela ne distraie l'équipage. L'AESA exige également, pour l'instant, que le pilote automatique de l'avion ne soit pas utilisé pour certains types d'atterrissages de haute précision.

Ce dernier point devrait être une restriction à court terme. Quant à la formation obligatoire des pilotes, elle est globalement la même pour les deux autorités. Avant que les compagnies aériennes individuelles puissent affecter l'avion à leur programme de vol, elles devront effectuer toutes les mises à jour de logiciels et les actions de maintenance décrites dans la directive finale sur la navigabilité. Elles doivent également former leurs pilotes de 737 MAX. Cela dit, comme il n'y a qu'un nombre limité de simulateurs, la programmation peut prendre un certain temps.

Selon l'AESA, une partie de ce travail peut être entamée dès maintenant, même avant la publication de la directive de navigabilité finale. Par ailleurs, certains États membres de l'AESA ont publié leur propre décision interdisant l'exploitation du 737 MAX l'année dernière pour leur espace aérien souverain. Ces interdictions devront être levées avant que l'avion puisse voler à nouveau dans l'espace aérien de ces pays. L'AESA a indiqué dans sa note qu'elle travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales compétentes pour y parvenir.

Enfin, l'AESA a également convenu avec Boeing que le constructeur s'efforcera d'accroître encore la résilience des systèmes de l'avion aux défaillances des capteurs de l'AoA afin de renforcer encore la sécurité de l'avion. De même, il a été également décidé que Boeing procédera à une évaluation complémentaire des facteurs humains de ses systèmes d'alerte de l'équipage au cours des 12 prochains mois, dans le but de les moderniser éventuellement pour les adapter à une approche de conception plus moderne.

Sources : Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (AESA), AESA Proposed Airworthiness Directive

Et vous ?

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Voir aussi

Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS, d'après un rapport du Congrès

L'Europe n'acceptera pas le verdict américain sur la sécurité du 737 Max de Boeing en difficulté, l'AESA effectuera ses propres tests sur l'avion avant d'approuver un retour aux vols commerciaux

Le cauchemar du 737 MAX ne cesse de s'aggraver, un rapport accablant des enquêteurs de la Chambre US montre la pire défaillance de sécurité dans l'avion cloué au sol à cause des problèmes logiciels

La FAA aurait assoupli le processus d'approbation du logiciel MCAS du Boeing 737 Max en 2017, selon les résultats d'une enquête

Les correctifs proposés par la FAA ne sont pas suffisants pour le 737 Max, cloué au sol à cause des problèmes logiciels, d'après un dénonciateur de Boeing
9  0 
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/01/2021 à 16:26
Boeing 737 Max autorisé « trop tôt » à voler à nouveau,
Un logiciel de contrôle de vol MCAS est à l’origine de deux accidents mortels ayant conduit à l’interdiction de l’avion

Alors que l'Europe s'apprête à lever cette semaine une interdiction de vol de 22 mois due à une défaillance logicielle sur le Boeing 737 MAX, après avoir examiné les propositions des experts du secteur et des dénonciateurs, un ancien cadre supérieur de l'usine 737 de Boeing à Seattle a fait part de nouvelles inquiétudes concernant la sécurité du 737 Max de la compagnie. Ce qui met en colère les proches encore endeuillés de certaines des 346 victimes d'accidents, qui estiment que cette décision est bien trop « prématurée ».

Le feu vert de l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) est une étape clé dans la résolution d'une crise de sécurité qui dure depuis près de deux ans, après les crashs en Indonésie et en Éthiopie des avions à réaction les plus vendus liés à un logiciel de pilotage défectueux. Les États-Unis ont levé leur propre interdiction en novembre, suivis par le Brésil et le Canada. La Chine, qui a été la première à interdire l'avion après le deuxième crash en mars 2019 et qui représente un quart des ventes de MAX, n'a pas encore dit quand elle agira.


Mais dans un nouveau rapport, Ed Pierson affirme qu'une enquête plus approfondie sur les questions électriques et les problèmes de qualité de la production de l'usine 737 est absolument nécessaire. Les régulateurs américains et européens insistent sur le fait que leurs examens ont été approfondis et que l'avion 737 Max est désormais sûr. Mais Pierson affirme que les régulateurs et les enquêteurs ont largement ignoré des facteurs qui, selon lui, pourraient avoir joué un rôle direct dans les accidents. Il les relie explicitement aux conditions qui régnaient à l'époque dans l'usine de la compagnie à Renton, près de Seattle. Boeing affirme que cela n'est pas fondé.

Pour rappel, le vol JT610 de Lion Air s'est écrasé en mer au large de l'Indonésie en octobre 2018. Cinq mois plus tard, le vol ET302 d'Ethiopian Airlines s'est écrasé quelques minutes après son décollage de la capitale éthiopienne Addis-Abeba. Les enquêteurs pensent que les deux accidents ont été déclenchés par la défaillance d'un seul capteur. Celui-ci a envoyé des données inexactes à un logiciel de contrôle de vol, appelé MCAS.

Ce système automatisé a ensuite forcé à plusieurs reprises le nez de l'avion vers le bas, alors que les pilotes essayaient de gagner de l'altitude. En fin de compte, chaque avion a été poussé dans un piqué irrécupérable. Après que les régulateurs dans plusieurs pays aient cloué le 737 Max au sol, les efforts de Boeing pour rendre l’avion sûr se sont concentrés sur la reconception du logiciel MCAS, et sur la garantie qu'il ne peut plus être déclenché par une seule défaillance du capteur.

Pour Ed Pierson, cela ne va pas assez loin. Vétéran de la marine américaine, qui a joué un rôle de premier plan sur la chaîne de production du 737 de 2015 à 2018, il a été un témoin vedette lors des audiences du Congrès sur les catastrophes impliquant l’avion Max. Pierson a déclaré aux législateurs qu'il était devenu si préoccupé par les conditions de travail à l'usine qu'il avait dit à ses patrons qu'il hésitait à emmener sa propre famille dans un avion Boeing.

Des défauts dans les systèmes de câblage du Max 737 auraient pu contribuer au déploiement erroné du MCAS

Le rapport de Pierson s'appuie sur des éléments tirés des enquêtes officielles. Il affirme que les deux avions écrasés ont souffert, selon lui, de défauts de production, presque dès leur entrée en service. Il s'agit notamment de problèmes intermittents du système de commande de vol et d'anomalies électriques qui se sont produits dans les jours et les semaines précédant les accidents. Il affirme qu'il s'agissait peut-être de symptômes de défauts dans les systèmes de câblage très complexes des avions, ce qui aurait pu contribuer au déploiement erroné des MCAS.

Il souligne également que les défaillances des capteurs ont contribué aux deux accidents et demande pourquoi de telles défaillances se produisaient sur des machines flambant neuves. Dans le cas de l'avion Lion Air, un capteur défectueux a été remplacé par une autre pièce qui n'était pas correctement calibrée. Tous les signes, a dit Pierson, « renvoient à l'endroit où ces avions ont été produits, l'usine 737 ».

Cependant, il insiste sur le fait que la possibilité que des défauts de production jouent un rôle dans les accidents n'a pas été prise en compte par les régulateurs. Il affirme que cela pourrait conduire à d'autres tragédies, impliquant le Max ou même une version antérieure du 737. Les préoccupations de Pierson sont soutenues par le militant de la sécurité aérienne, le capitaine Chesley Sullenberger, ancien pilote de ligne américain, expert en sécurité aérienne et enquêteur sur des accidents. Il estime lui aussi que les modifications apportées au Max ne vont pas assez loin.


Il estime qu'il faut modifier les systèmes d'alerte à bord de l'avion, qui ont été repris d'une version précédente du 737 et qui « ne sont pas conformes aux normes modernes ». « Le rapport d'Ed Pierson est très inquiétant, à propos des problèmes de fabrication dans les usines Boeing qui vont bien au-delà du Max, et qui affectent également... la version précédente du 737 », a-t-il déclaré.

« Il y a de nombreuses questions d'une importance capitale qui restent sans réponse. Boeing et la Federal Aviation Administration (FAA) doivent enfin devenir plus transparents, et commencer à fournir des informations et des données, afin que des experts indépendants puissent déterminer la valeur du travail qui a été fait ».

Un ancien inspecteur principal de l'Air Accident Investigations Branch (AAIB) du Royaume-Uni, qui travaille désormais comme spécialiste de la sécurité, prévient également que les conclusions de Pierson doivent être considérées dans un contexte plus large. Le rapport, dit-il, fait quelques « observations valables » sur les pressions exercées sur la chaîne de production et le contrôle qualité de Boeing, et sur les préoccupations concernant des composants spécifiques.

Toutefois, il ajoute que « prendre les informations limitées contenues dans un rapport d'accident... et en faire de nouvelles interprétations, ce n'est pas la même chose que de mener une nouvelle enquête ». Les questions mises en évidence, ajoute-t-il, « peuvent avoir déjà fait l'objet d'une enquête et avoir été rejetées, pour de bonnes raisons ».

Un retour prématuré et inapproprié du 737 Max

La FAA, quant à elle, insiste sur le fait qu'elle n'a approuvé la remise en service du Max qu'à l'issue d'un « processus d'examen de la sécurité complet et méthodique ». Il ajoute : « Aucune des nombreuses enquêtes menées sur les deux accidents n'a permis d'établir qu'un défaut de production avait joué un rôle », et souligne que « chaque avion quittant l'usine est inspecté par une équipe d'inspecteurs de la FAA avant d'être autorisé à être livré ».

Boeing lui-même n’a pas fait de commentaires au motif que cette question relève des autorités chargées de l'enquête. Il a cependant qualifié de « totalement infondées » les suggestions de lien entre les conditions de travail à Renton et les deux accidents, soulignant qu'aucune des autorités chargées de l'enquête sur les accidents n'a trouvé un tel lien.

Après avoir donné son approbation provisoire en novembre, l'EASA a passé au crible les contributions de 38 commentateurs et « a reçu directement un certain nombre de rapports de dénonciateurs que nous avons analysés en profondeur et pris en compte », a déclaré lundi le directeur exécutif Patrick Ky. Cela, a-t-il dit, n'a pas révélé de nouveaux problèmes techniques. Il a déclaré qu'il était « certain » que l'avion était sûr, selon Reuters.

Toutefois, un groupe de victimes basé en France, Solidarité et Justice, a qualifié cette démarche de « prématurée, inappropriée et même dangereuse ». Les proches des personnes décédées à bord de l'ET302 continuent de demander à l'agence de ne pas autoriser le 737 Max à voler en Europe, « tant que les inquiétudes persistantes concernant la sécurité de l'avion n'auront pas été pleinement et ouvertement dissipées ».

Pour ne pas faciliter a tâche au régulateur européen, un Boeing Co 737-8 Max d'Air Canada en route entre l'Arizona et Montréal avec trois membres d'équipage à bord a souffert d'un problème de moteur qui a forcé l'équipage à dérouter l'avion vers Tucson, en Arizona, a déclaré la compagnie aérienne canadienne dans un communiqué envoyé par courriel aux médias le vendredi 25 décembre.

Selon une récente enquête, les voyageurs s'inquiètent de la sécurité du Boeing 737 Max et beaucoup hésiteront à voler à bord de cet appareil - même si les autorités de régulation le jugent sûr. Cela pourrait constituer un sérieux défi pour les compagnies aériennes désireuses de rassurer le public alors que les avions reprennent du service après deux accidents mortels.

En effet, seulement un cinquième des personnes interrogées ont déclaré qu'elles utiliseraient le 737 Max immédiatement après sa réintroduction dans les flottes aériennes, selon l'enquête de la Bank of America Merrill Lynch. Près des deux tiers des personnes interrogées ont déclaré qu'elles attendraient au moins six mois avant de prendre l'avion ou qu'elles ne le prendraient jamais, tandis que la plupart des personnes interrogées ont déclaré qu'elles changeraient d'avion si elles en avaient la possibilité. D’autres personnes et groupes de personnes ont affirmé avant l’approbation américaine que les correctifs proposés par la FAA n’étaient pas suffisants pour le 737 Max.

Source : Ed Pierson

Et vous ?

Que pensez-vous du rapport d’Ed Pierson  ?
L'EASA va-t-elle accorder son approbation définitive malgré le nouveau rapport et les protestations des familles des victimes ?
Monteriez-vous dans un Boeing 737 Max après l’approbation de l'EASA cette semaine ?

Voir aussi :

Le Boeing 737 Max est de retour en service et effectue son premier vol commercial, de Sao Paulo à Porto Alegre avec 8 passagers à bord
Boeing est accusé de complot de fraude au 737 Max et accepte de payer plus de 2,5 milliards de dollars, dans le cadre d'un accord de poursuite différée
Les correctifs proposés par la FAA ne sont pas suffisants pour le 737 Max, cloué au sol à cause des problèmes logiciels, d'après un dénonciateur de Boeing
Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS, d'après un rapport du Congrès
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 08/01/2021 à 11:57
Boeing est accusé de complot de fraude au 737 Max et accepte de payer plus de 2,5 milliards de dollars
dans le cadre d'un accord de poursuite différée

Hier, le ministère de la Justice des USA a annoncé que Boeing a conclu un accord avec le ministère pour résoudre une accusation criminelle liée à un complot visant à frauder le groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Administration (FAA AEG) dans le cadre de l'évaluation par la FAA AEG de l'avion 737 MAX de Boeing. En raison de "déclarations trompeuses et omissions communiquées par les employés de Boeing" au groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Authority, Boeing a accepté de payer plus de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d'un accord de poursuite différée.

La multinationale basée aux États-Unis qui conçoit, fabrique et vend des avions commerciaux à des compagnies aériennes du monde entier, est accusée de complot en vue de frauder les États-Unis. Les 2,5 milliards de dollars sont composés d'une amende pénale de 243,6 millions de dollars, de paiements d'indemnisation aux clients de la compagnie aérienne Boeing 737 MAX de 1,77 milliard de dollars, et de la création d'un fonds de 500 millions de dollars pour les victimes d'accidents afin d'indemniser les héritiers, les parents et les ayants droit des 346 passagers décédés dans les accidents du Boeing 737 MAX du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines.

« Les crashs tragiques du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines ont mis en évidence la conduite frauduleuse et trompeuse des employés de l'un des principaux constructeurs d'avions commerciaux du monde », a déclaré le procureur général adjoint par intérim, David P. Burns, de la division criminelle du ministère de la Justice. « Les employés de Boeing ont choisi la voie du profit plutôt que celle de la franchise en dissimulant des informations importantes à la FAA concernant l'exploitation de son avion 737 Max et en s'engageant dans un effort pour dissimuler leur tromperie. Cette résolution tient Boeing pour responsable de la conduite criminelle de ses employés, aborde l'impact financier pour les compagnies aériennes clientes de Boeing et, espérons-le, prévoit une certaine mesure de compensation pour les familles et les bénéficiaires des victimes du crash », ajouta-t-il.


L’accord sur les poursuites différées met fin à l’enquête d’environ deux ans du DoJ et abandonne toutes les accusations après trois ans s’il n’y a pas de violations supplémentaires. Les procureurs ont déclaré que Boeing avait « sciemment et volontairement » conspiré pour frauder les États-Unis en sapant la capacité de la Federal Aviation Administration à évaluer la sécurité de l’avion. Boeing a admis que deux de ses pilotes techniques de vol 737 Max avaient « trompé » la FAA sur les capacités d’un système de contrôle de vol sur les avions, un logiciel qui a ensuite été impliqué dans les deux accidents, a déclaré le ministère de la Justice.

« Les déclarations trompeuses, les demi-vérités et les omissions communiquées par les employés de Boeing à la FAA ont entravé la capacité du gouvernement à assurer la sécurité du public voyageur. Cette affaire envoie un message clair : le ministère de la Justice va tenir des fabricants comme Boeing pour responsables d'avoir fraudé les régulateurs - en particulier dans les industries où les enjeux sont aussi importants », a déclaré le procureur américain Erin Nealy Cox pour le district nord du Texas.

« L'accord de poursuites différées d'aujourd'hui tient Boeing et ses employés responsables de leur manque de franchise avec la FAA concernant le MCAS. Les pénalités et compensations substantielles que Boeing paiera, démontrent les conséquences d'un manque de transparence totale avec les régulateurs gouvernementaux. Le public devrait être convaincu que les régulateurs gouvernementaux font effectivement leur travail, et que ceux qu'ils réglementent sont honnêtes et transparents », a déclaré l'agent spécial responsable Emmerson Buie Jr. du bureau du FBI à Chicago.

« Nous continuons à pleurer aux côtés des familles, des proches et des amis des 346 personnes qui ont péri sur le vol 610 de Lion Air et le vol 302 d'Ethiopian Airlines. L'accord de report des poursuites conclu aujourd'hui avec la compagnie Boeing est le résultat du travail acharné du Bureau de l'inspecteur général avec nos partenaires chargés de l'application de la loi et des poursuites. Cet accord historique de report des poursuites servira à jamais de rappel brutal de l'importance primordiale de la sécurité dans l'industrie de l'aviation commerciale, et du fait que l'intégrité et la transparence ne doivent jamais être sacrifiées au nom de l'efficacité ou du profit », a déclaré l'agent spécial responsable Andrea M. Kropf, du Bureau de l'inspecteur général du ministère des Transports (DOT-OIG) de la région du Midwest.

« Il s’agit d’un règlement substantiel d’une question très sérieuse, et je suis fermement convaincu que la conclusion de cette résolution est la bonne chose à faire pour nous – une mesure qui reconnaît de manière appropriée à quel point nous n’avons pas répondu à nos valeurs et à nos attentes », a déclaré Dave Calhoun, le PDG du constructeur, dans une note aux employés de Boeing.

Que s'est-il passé au juste à propos du 737 Max ?

Pour rappel, le 737 Max de Boeing était censé être un avion qui aiderait la compagnie à suivre le rythme d'une nouvelle offre plus économe en carburant de son concurrent Airbus. Mais la compagnie a précipité la conception et, par conséquent, l'avion était susceptible de décrocher dangereusement dans certaines situations de décollage. Boeing a créé un logiciel pour pallier ce défaut de conception en poussant automatiquement le nez de l'avion vers le bas. Mais la société n'a jamais parlé du logiciel à la FAA, aux compagnies aériennes ou aux pilotes afin de gagner du temps et de l'argent.

Pire encore, ce logiciel fonctionnait à partir des données d'un capteur isolé situé à l'extérieur de l'avion, ce qui signifie qu'il n'y avait aucun moyen de savoir s'il agissait avec de mauvaises informations ou si le capteur était endommagé. C'est cette série de défauts de conception et le manque de franchise de Boeing qui ont conduit aux deux crashs mortels de 737 Max, comme cela a été découvert dans les enquêtes et les rapports ultérieurs du Congrès. En ne les divulguant pas aux régulateurs ou aux compagnies aériennes, Boeing a laissé aux pilotes du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines des logiciels de combat dont ils ignoraient même l'existence.

Certains employés de Boeing étaient bien conscients que ce qu'ils faisaient était mal, comme l'ont montré les messages de chat internes et les e-mails publiés par le Congrès au début de l'année 2020. Le 737 Max a depuis été autorisé à reprendre l'air après que Boeing ait travaillé pour résoudre ces problèmes, et les compagnies aériennes du monde entier réintroduisent lentement l'avion dans leurs flottes. Mais dans un rapport du Sénat publié le mois dernier, il a été découvert que Boeing et la FAA ont travaillé à manipuler certains des tests effectués pendant le processus de recertification. L'approche laxiste de la FAA en matière de réglementation a également été accusée d'avoir contribué aux problèmes qui ont conduit aux deux accidents mortels du 737 Max.

Source : DoJ

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

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Avatar de ddoumeche
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/09/2021 à 10:58
La France, via la DGAC, serait bien inspirée d'annoncer la suspension définitive les autorisations de vols de cet avion, ce qui en achèverait sans doute sa carrière et porterait un coup très dur à Boeing. Quite à forcer la main des autres autorités d'aviation civiles en europe.

Après tout, Boeing a fait une donation pour la campagne de Joe. Et ensuite on verra si Joe et ses coreligionnaires la ramènent encore.
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Avatar de damthemad
Membre actif https://www.developpez.com
Le 24/09/2021 à 9:11
le capitalisme dans toute sa beauté.
Il serait souhaitable qu'au lieu de faire payer uniquement le lampiste de service, les dirigeants et vrais responsables soient mis en cause. D'autant plus si il y a de la corruption des autorités de régulation
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Avatar de marsupial
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 12/11/2020 à 14:53
pemmore, t'es bien conscient d'être hors-sujet ?

Lors des deux incidents (sic) horribles, 346 personnes sont mortes. Dans les deux cas, les pilotes n'ont pas été capables de manipuler le système logiciel anti-décrochage MCAS de manière à corriger le nez de l'avion poussé vers le bas, ce qui a finalement entraîné des conséquences fatales. Le Max a été mis hors service et Boeing contraint à apporter les corrections nécessaires.
Vu que les deux accidents ont eu lieu peu après le décollage et que les tests ont validé une altitude minimale de 8 000 pieds nécessaires au rattrapage du MCAS, même si les pilotes savaient faire, les avions se seraient tout de même crashés.

American Airlines a discrètement annoncé en octobre que la compagnie allait remettre le Max dans son programme le mois prochain.
Je me demande sur quelles lignes AA va faire voler ses Max étant donné que même l'ESEA pourtant plus chaude que la FAA n'a toujours pas donné son accord pour faire revoler le Max.

Monteriez-vous volontiers dans les premiers Max après la recertification ? Pourquoi ?
Ne prenant pas l'avion, je ne suis pas concerné. Mais si je l'étais je ne le prendrai pas : 8 000 pieds de plancher pour rattraper une cagade de conception, ce serait rédhibitoire.
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Avatar de Jeff_67
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 27/11/2020 à 10:01
Ryanair a prévenu qu'il ne mentionnerait pas le type de 737 sur les billets. Je vais personnellement éviter toute les compagnies exploitant des Boeing à l'avenir.

C'est tant mieux pour easyJet et sa flotte d'Airbus. Paraît-il que les pilotes y sont bien mieux rémunérés que dans les autres compagnies low-cost.
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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 03/12/2020 à 18:49
Le Boeing 737 Max modernisé effectue son premier vol avec les médias à bord
l'avionneur américain accélère la remise en service avant la fin de l'année

Après 20 mois d'immobilisation, à passer des tests et à faire des mises à jour logicielles, le 737 Max amorce les vols d'essai et a décollé pour la première fois ce mercredi. À son bord, des médias, annonçant ainsi la phase de propagande autour de la sureté de l'avion qui devrait avoir lieu durant les prochaines semaines. En fait, le vol d'essai, effectué par American Airlines, a lieu, alors que les transporteurs cherchent à démontrer aux passagers que le jet repensé est sûr après une interdiction de sécurité à la suite des deux accidents mortels d'octobre 2018 et de mars 2019.

Pour rappel, le jet le plus vendu de Boeing a été cloué au sol en mars 2019 après que deux crashs en cinq mois ont tué 346 personnes au total, marquant la pire crise de sécurité de l'industrie depuis des décennies et sapant le leadership américain en matière de réglementation de l'aviation. Après avoir cloué les 737 Max au sol, la FAA (l'Administration fédérale de l'aviation américaine) et d'autres organismes privés ont procédé à des tests sur l'avion et découvert de nombreuses irrégularités sur ce dernier, pour lesquelles il ne devrait même pas être autorisé à voler.

À partir de l'été 2019, plusieurs rapports ont mis en lumière les nombreux défauts de conception du 737 Max, en particulier du logiciel MCAS. En septembre 2020, plus d'un an après que l'avionneur a été sonné de régler les défauts de l'avion pour qu'il soit autorisé à voler de nouveau, un rapport du Congrès américain a révélé que Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS. La FAA est toutefois disposée à autoriser de nouveaux vols du 737 Max dans les prochains mois, si tous les problèmes sont résolus.

Boeing force le retour des vols commerciaux de son 737 Max

L'Administration fédérale de l'aviation des États-Unis, pays d'origine des avions Boeing, a publié son approbation finale du 737 MAX modifié (mis à jour) dans le registre fédéral le 20 novembre 2020. Boeing accélère donc le mouvement et s'entoure d'allier de taille pour mener une compagne publicitaire visant à rassurer les voyageurs que l'avion est désormais plus sûr. Les passagers du vol test de mercredi étaient essentiellement des journalistes, environ 90 journalistes, hôtesses de l'air et d'autres employés d'American Airlines.

Alors, des vols tests de courtes durées réussis démontrent-ils de la sureté de l'avion dans le cadre de vols sur une longue durée ? Le vol 737 MAX d'American Airlines de mercredi était un trajet de 45 minutes de Dallas, au Texas, à Tulsa, dans l'Oklahoma. Il intervient quelques semaines avant le premier vol commercial de passagers prévu pour le 29 décembre, et fait partie d'un effort de relations publiques visant à dissiper toute inquiétude concernant l'avion. L'effort de Boeing et de la compagnie American Airlines devrait être soutenu par d'autres compagnies aériennes américaines et européennes.


À ce propos, un rapport de Reuters mercredi a révélé que, dans une autre manifestation de confiance, la compagnie aérienne européenne à bas prix Ryanair s'apprête à passer une commande importante de 75 avions à réaction 737 MAX supplémentaires. Le média londonien a annoncé tenir cette information de certaines sources du secteur. En effet, il est certain qu'il sera difficile de dissiper les doutes entourant le 737 Max depuis les accidents d'il y a environ deux ans, mais la propagande par rapport à la sureté de l'aéronef est menée par de grosses compagnies aériennes.

American Airlines est classée comme l'une des plus grandes compagnies aériennes dans le monde et Ryanair, une compagnie aérienne à bas prix fondée en 1984 dont le siège social est situé à Swords, en Irlande, serait la première compagnie aérienne en Europe en nombre de passagers transportés. Selon les critiques, la commande de 75 avions 737 Max représente un grand soutien à la reprise des vols commerciaux de l'aéronef et à la reprise de la production de l'avion phare de Boeing, l'avionneur a temporairement cessé de fabriquer de nouveaux 737 Max en janvier dernier, pour une durée indéterminée.

La suspension de la fabrication du 737 Max a eu un impact sur les fournisseurs de l'avionneur. En effet, si Boeing n'a pas libéré le personnel travaillant sur le 737 Max, cela n'a pas été le cas chez ses fournisseurs. Le plus grand fournisseur de Boeing, Spirit AeroSystems (SPR), qui fabrique le fuselage et d'autres pièces pour la Max, a annoncé le 10 janvier qu'il allait licencier 2 800 employés à Wichita, dans le Kansas. L'arrêt de Spirit durera probablement plus longtemps que celui de Boeing, car il a continué à fabriquer 52 fuselages par mois depuis mars, soit plus que le rythme réduit auquel Boeing construisait.

D'autres fournisseurs de Boeing auraient également licencié du personnel sans faire d'annonces publiques. Selon l'agence de notation Moody's, au moins sept autres fournisseurs de Boeing ont tiré 10 % ou plus de leurs revenus du programme 737 Max. Quant à l'équipementier Spirit, le Max représentait environ 50 % des activités. Pendant ce temps, Airbus a décidé d’augmenter la production de l’A321 Neo. Toutefois, tout semble désormais rentrer dans l'ordre pour Boeing, car, après la FAA aux USA, l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (AESA) devrait donner le feu vert aux vols commerciaux du 737 Max prochainement.

Les voyageurs pourraient rester sceptiques encore longtemps

« L'histoire de l'aviation est construite autour d'une chaîne de sécurité », a déclaré le capitaine Pete Gamble aux passagers juste avant le décollage mercredi. « Lorsque la chaîne de sécurité se brise, c'est à ceux d'entre nous qui travaillent dans l'industrie de la réparer et de la ramener ». Le mois dernier, l'administration fédérale américaine de l'aviation a autorisé le jet à la suite à des changements de conception et à une nouvelle formation des pilotes sur le logiciel MCAS. La formation des pilotes constitue d'ailleurs un point clé des critères d'autorisation listés par l'AESA.

Une remise en service en douceur du MAX est considérée comme essentielle pour la réputation et les finances de Boeing, qui ont été durement touchées par le gel des livraisons du MAX ainsi que par la crise du coronavirus. Les compagnies aériennes et les sociétés de leasing ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour acheter la dernière mise à niveau du 737. Attirées par des rabais importants et désireuses de contribuer à réparer la réputation du MAX autour duquel elles ont construit leurs plans de flotte, certaines compagnies aériennes interviennent maintenant pour apporter un soutien commercial.

L'action d'American Airlines est tout à fait fondée, car elle a tout intérêt à ce que tout marche bien de nouveau pour le 737 Max. En effet, sa flotte comporte 24 Boeing 737 Max et 76 autres sont en commande. Elle serait la troisième organisation à posséder autant de 737 Max en service et l'une de celles qui en ont commandé le plus. L'on comprend donc pourquoi elle œuvre pour que les livraisons de l'aéronef reprennent et que le public retrouve la confiance dans cet avion. À ce propos, quelques commentaires recueillis dans la communauté au sujet du vol test de mercredi montrent que les gens sont toujours sur leur garde.

« Peu importe. Montrez-moi un vrai mouvement sur l'état d'esprit de l'entreprise. L'avion est un problème qui peut être résolu par les ingénieurs STEM. Le désordre de l'entreprise qui a fait passer ce problème dans les autorisations de vol ne l'est pas. Je viserai à piloter un Airbus jusqu'à ce que Boeing comprenne cette différence et en répare la cause », a déclaré un pilote, faisant référence aux dysfonctionnements du MCAS cachés par Boeing, et découverts plus tard après les accidents mortels, ainsi qu'aux circonstances dans lesquels l'avion a été autorisé à voler par la FAA.


« Ce qui m'a le plus énervé, c'est le refus de Boeing d'admettre sa responsabilité et la lutte contre les autorités qui clouaient l'avion au sol. Ils savaient que des gens mouraient et étaient prêts à laisser d'autres personnes mourir sans remords. Dans mon esprit, c'était une action criminelle », a fait savoir un autre. « Ce type de comportement sociopathe est le résultat naturel d'une culture d'entreprise qui vise uniquement à maximiser la valeur pour les actionnaires. Je ne suis pas sûr de ce que l'on peut faire pour y remédier », a écrit un autre.

Il y a eu une bonne dose de critiques négatives au sujet de ce premier vol d'essai transportant des civils. « On peut faire beaucoup pour arranger les choses. Poursuite rapide contre la direction, y compris des accusations d'homicide involontaire, le cas échéant. Il ne s'agit plus d'un "clin d'œil, clin d'œil, coup de pouce" étirant les règles qui prévalent. Des centaines de personnes ont déjà perdu la vie », a recommandé un autre en réponse au commentaire précédent.

Une campagne de propagande intensive sur le 737 Max se prépare

Selon le rapport de Reuters, des sources du secteur lui ont révélé que Boeing se prépare à une publicité intense, même en cas de pépins de routine, en mettant en place une "salle de crise" ouverte 24 heures sur 24 pour surveiller tous les vols du 737 MAX dans le monde, et a informé certains commentateurs de l'industrie sur les détails de la remise en service. « Nous continuons à travailler en étroite collaboration avec les régulateurs mondiaux et nos clients pour remettre la flotte en service commercial en toute sécurité », a déclaré un porte-parole de Boeing.

En outre, les gestes de soutien devraient également se multiplier pendant les prochaines semaines et les prochains mois. Reuters a rapporté mercredi que le brésilien Gol Linhas Aereas Inteligentes prévoit un événement médiatique pour le MAX remanié ce mois-ci. De même, selon une personne connaissant bien le sujet, United Airlines devrait recevoir la première livraison d'un Max depuis l'immobilisation de l'avion. Toujours selon le rapport, si tout va bien, les initiatives européennes pour soutenir le retour du 737 Max devraient se faire sentir très prochainement.

Les efforts de relations publiques sont conçus pour mettre en avant les mises à jour des logiciels et des formations qui, selon la FAA, lèvent tout doute sur la sécurité de l'avion. Cela dit, les familles des victimes des crashs ont protesté contre la reprise du service, affirmant qu'il est prématuré avant la publication d'un rapport d'enquête final sur le second crash en Éthiopie. Par ailleurs, selon certaines sources industrielles, Boeing a réduit ses plans initiaux pour la remise en service de l'avion, car la crise a duré plus longtemps que prévu, abandonnant une campagne de publicité très médiatisée, une cérémonie dans la région de Seattle et une tournée avec un 737 MAX d'Oman.

Source : Reuters

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Voir aussi

Les régulateurs européens se préparent à une remise en service du 737 Max en 2021 et publient une proposition de directive de navigabilité concernant l'avion

Boeing 737 Max jugé sûr par le régulateur européen de l'aviation, qui a déclaré que « le niveau de sécurité atteint est suffisamment élevé pour nous »

Boeing a officiellement cessé de fabriquer les avions 737 Max cloués au sol à cause des problèmes logiciels, pendant qu'Airbus a décidé d'augmenter la production de l'A321 Neo

Le Boeing 737 Max commandé par la compagnie Ryanair a changé de nom au profit du 737-8200, alors que les versions précédentes portaient le nom 737 Max
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