IdentifiantMot de passe
Loading...
Mot de passe oublié ?Je m'inscris ! (gratuit)

Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Les correctifs proposés par la FAA ne sont pas suffisants pour le 737 Max, cloué au sol à cause des problèmes logiciels,
D'après un dénonciateur de Boeing

Le , par Stan Adkens

69PARTAGES

11  0 
L'Administration fédérale américaine de l'aviation (FAA) a proposé, en août, une longue liste de correctifs au 737 Max suite aux crashs qui ont tué 346 personnes avant de l'autoriser à nouveau à transporter des passagers. L’agence a ensuite demandé les commentaires du public sur les changements qu'elle prévoit d'exiger pour l'avion. Mais le syndicat représentant les ingénieurs de l'Administration fédérale de l'aviation, qui supervise la nouvelle conception du 737 Max cloué au sol, affirme que les solutions proposées par le gouvernement pour réparer l'avion ne vont pas assez loin, selon Bloomberg. Un dénonciateur de Boeing suggère également que les régulateurs ajoutent plus de protections à l'avion.

Les autorités de régulation de l'aviation américaine ont proposé de multiples corrections pour le 737 Max de Boeing immobilisé au sol depuis l’année dernière, dans l'un des ensembles d'exigences les plus complets que l'agence ait émis à la suite d'un accident. Parmi les changements : le système logiciel anti-décrochage MCAS qui faisait piquer le nez de l'avion dans les deux accidents ne serait plus activé de manière répétée et diverses mesures ont été prises pour minimiser les risques de dysfonctionnement.


En plus des corrections spécifiques au système impliqué dans les accidents, l’agence imposerait de vastes changements informatiques pour améliorer la fiabilité, ajouterait un voyant d'avertissement qui était inopérant lors des deux crashs et exigerait le réacheminement des fils électriques qui ne respectent pas les règles de sécurité. La FAA a donné 45 jours au public, depuis août, pour commenter ses nouveaux changements.

Selon un article publié par Bloomberg lundi, la National Air Traffic Controllers Association (NATCA), qui représente les ingénieurs de la FAA qui examinent et approuvent la certification de l'avion, a déclaré dans ses commentaires déposés lundi que le Max devrait devoir adhérer à des normes plus strictes sur les alertes dans le cockpit. Comme l'avion a été adapté à partir de versions antérieures, certaines parties de sa conception n'ont pas dû répondre aux dernières exigences de sécurité. Le syndicat a déclaré que les réglementations les plus récentes devraient s'appliquer.

Selon Bloomberg, les commentaires du groupe sont importants, car ils suggèrent qu'au moins une partie du personnel technique de la FAA n'est pas d'accord avec les révisions importantes proposées pour l'avion. Par ailleurs, un dénonciateur de Boeing a séparément demandé aux régulateurs d'ajouter des protections supplémentaires à l'avion.

Mais avant que l’agence fédérale ne puisse imposer les corrections, elle doit passer au crible les commentaires, qui s'élevaient à plus de 200 en date de lundi après-midi, la période des commentaires arrivant justement à sa fin en fin de journée le lundi. Selon Bloomberg, les avis déposés vont de consommateurs effrayés qui disent qu'ils ne voleront pas sur un Max à des livres blancs très techniques rédigés par des ingénieurs.

Les commentaires de la NATCA ne disent pas si des ingénieurs individuels se sont opposés à l'approbation préliminaire par la FAA de la nouvelle conception de Boeing. Le personnel technique de l'agence a parfois accusé les directeurs d'avoir été injustement ignorés, selon plusieurs rapports publiés après les crashs, dont un des démocrates de la Chambre des représentants publié la semaine dernière.

La FAA a dit en août que les modifications coûteraient aux compagnies aériennes américaines environ un million de dollars pour les 73 avions enregistrés dans le pays. L'agence n'a pas estimé combien il en coûterait pour effectuer les changements nécessaires sur les quelques centaines de 737 Max enregistrés dans d'autres pays et n'a pas pris en compte les coûts de Boeing. Boeing pourrait couvrir une partie des coûts de réparation des compagnies aériennes sous garantie, a déclaré la FAA.

Les commentaires de la NATCA comprennent cinq recommandations distinctes, selon Bloomberg. Elles vont de changements relativement mineurs dans les procédures d'urgence à un appel à ce qui semble être des révisions plus importantes du système d'alerte du cockpit de l'avion.

Malgré les changements proposés pour l'avion, celui-ci serait toujours sujet à des avertissements erronés provenant d'un seul capteur, a déclaré le syndicat. « Cette conception n'est pas conforme » aux règlements de la FAA et pourrait entraîner une confusion chez les pilotes, a-t-il dit.

Les correctifs ne prennent pas en compte les multiples dangers identifiés dans les deux accidents mortels de Max

La semaine dernière, le Bureau national américain de la sécurité des transports a déclaré que les propositions de la FAA étaient conformes à ses recommandations émises l'année dernière sur l'avion, tandis que les familles et les amis des victimes du crash ont demandé des changements complets avant le retour de l'avion, a rapporté Bloomberg.

Certains commentaires viennent de l'Air Line Pilots Association, qui représente plus de 60 000 membres d'équipage en Amérique du Nord. Le groupe a proposé plusieurs changements au plan de la FAA, comme la possibilité pour les pilotes de désactiver l'avertissement sonore qui se produit lorsqu'un avion est sur le point d'entrer en décrochage aérodynamique.


Curtis Ewbank, un dénonciateur qui a déjà fait part de ses inquiétudes sur la conception de l'avion aux enquêteurs du Congrès, a déclaré dans des commentaires déposés auprès de la FAA qu'une proposition visant à rendre obligatoire la réparation de l'avion n'avait pas pris en compte les multiples dangers identifiés dans les deux accidents mortels de Max et les incidents antérieurs.

« Il est clair que davantage d'actions sont nécessaires pour réviser les processus de la FAA afin qu'elle évalue avec précision la conception des avions et qu'elle réglemente dans l'intérêt du public », a déclaré Ewbank dans les commentaires publiés sur le site Web Regulations.gov.

Ewbank a déclaré que la FAA et Boeing devraient faire plus pour interdire les lectures erronées du capteur impliqué dans les deux crashs et améliorer les systèmes d'alerte de l'avion. De plus, l'agence devrait faire un examen plus large de la façon dont les pilotes réagissent aux situations d'urgence et procéder à une refonte plus approfondie du système de contrôle du vol, a-t-il dit.

Selon Bloomberg, la FAA et l'Agence européenne de la sécurité aérienne envisagent également d'exiger de Boeing qu'il adopte, après le retour de l'avion, des correctifs à plus long terme, dont certains sont similaires à ceux que propose Ewbank.

Robert Bogash, qui a déclaré avoir travaillé sur le 737 il y a plusieurs décennies, a demandé à la compagnie de publier davantage d'informations techniques sur la conception du système impliqué dans les crashs. L’ingénieur de Boeing à la retraite, qui a déclaré avoir également participé aux enquêtes sur les accidents, a déclaré que des modifications plus simples de l'avion, telles que la limitation de son poids et de son équilibre, pourraient permettre d'accomplir la même chose que le système MCAS impliqué dans les deux crashs, avec moins de risques.

« Personnellement, aucun d'entre nous ne souhaite un autre accident de 737 - nous avons consacré notre carrière à ce remarquable avion - et mes suggestions et commentaires visent à garantir que les résultats de cette immobilisation prolongée au sol soient aussi efficaces que possible », a déclaré Bogash.

Les nombreux commentaires signifient que l'avion ne peut probablement pas obtenir le feu vert officiel pour revenir avant octobre au plus tôt. Les compagnies aériennes devant recycler les pilotes et effectuer la maintenance de la flotte au sol, il faudra des semaines ou des mois de plus avant que les avions commencent à transporter des passagers. Toutefois, selon Bloomberg, un groupe de consommateurs qui défend les intérêts des passagers aériens, Travelers United, a déclaré qu'il soutenait le retour de l'avion.

« Après cet examen approfondi et sans précédent de la sécurité de l'avion, il est temps de mettre les 737 Max au service du public voyageur afin qu'ils puissent améliorer les options de voyage pour les consommateurs et réduire les émissions de carbone et la consommation de carburant », a écrit le président du groupe, Charles Leocha.

Selon un commentateur, puisque ces avions sont déjà hors service de manière inédite, il serait plus raisonnable et rigoureux de traiter les « problèmes systémiques », au lieu de se limiter à remédier seulement aux causes immédiates des accidents, même si « cela impliquera un travail d'ingénierie important ». Et vous, qu’en pensez-vous ?

Sources : Bloomberg, Curtis Ewbank

Et vous ?

Que pensez-vous des commentaires apportés aux changements de la FAA ?
Selon vous, Boeing devrait traiter les problèmes systémiques de l’avion ou se limiter à traiter les causes des accidents ?

Voir aussi :

Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS, d'après un rapport du Congrès
Le correctif logiciel de Boeing pour le problème du 737 MAX submerge l'ordinateur de bord de l'avion, selon les pilotes de la FAA
La FAA aurait assoupli le processus d'approbation du logiciel MCAS du Boeing 737 Max en 2017, selon les résultats d'une enquête
Le cauchemar du 737 MAX ne cesse de s'aggraver, un rapport accablant des enquêteurs de la Chambre US montre la pire défaillance de sécurité dans l'avion cloué au sol à cause des problèmes logiciels

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Jeff_67
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 17/10/2020 à 11:40
Le régulateur européen n'a absolument aucune raison de faire une fleur à Boeing compte-tenu des 15% de taxes douanières sur les Airbus aux USA. Plus longtemps le 737 max sera interndit de voler en Europe, et mieux ce sera.
9  0 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/11/2020 à 14:47
Les régulateurs européens se préparent à une remise en service du 737 Max en 2021
et publient une proposition de directive de navigabilité concernant l'avion

Environ deux ans après les deux accidents mortels d'octobre 2018 et mars 2019, le Boeing 737 Max s'apprête à voler de nouveau dans l'espace aérien européen. Pour cela, les régulateurs européens ont publié une proposition de directive de navigabilité (PAD - Proposed Airworthiness Directive) qui permettrait au Boeing 737 Max de voler à nouveau dans les semaines à venir. La publication de la directive par l'Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (AESA) mardi marque le début d'une période de consultation publique de 28 jours au terme de laquelle l'agence examinera à nouveau l'avion et pourra l'autoriser à voler.

L'AESA est prêt à accueillir de nouveau le Boeing 737 Max dans l'espace aérien européen

Le Boeing 737 Max est un aéronef de la quatrième génération de la famille d'avions 737 construite par Boeing Commercial Airplanes. L'avion a été mis en service pour la première fois en avril 2017. Mais dès octobre 2018, celui-ci a été immobilisé au sol à la suite de deux crashs successifs peu après le décollage n'ayant laissé aucun survivant, celui du vol 610 Lion Air le 29 octobre 2018 et celui du vol 302 Ethiopian Airlines le 10 mars 2019. En cause, le Maneuvering Characteristics Augmentation System (MCAS), un système spécifique aux 737 Max, qui s'activait de façon intempestive.

À partir de l'été 2019, plusieurs rapports ont mis en lumière les nombreux défauts de conception du 737 Max, en particulier du logiciel MCAS. En septembre 2020, plus d'un an après que l'avionneur a été sonné de régler les défauts de l'avion pour qu'il soit autorisé à voler de nouveau, un rapport du Congrès américain a révélé que Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS. La FAA est toutefois disposée à autoriser de nouveaux vols du 737 Max dans les prochains mois, si tous les problèmes sont résolus.

L'Administration fédérale de l'aviation des États-Unis (FAA), pays d'origine des avions Boeing, a publié son approbation finale du 737 MAX modifié (mis à jour) dans le registre fédéral le 20 novembre 2020. Cette semaine, c'est au tour des régulateurs européens de montrer la marche à suivre à Boeing pour que ses aéronefs puissent voler de nouveau dans l'union. Mardi, l'AESA a publié une proposition de directive de navigabilité concernant le 737 MAX pour consultation publique, signalant son intention d'approuver le retour de l'avion dans le ciel européen d'ici quelques semaines.


L'annonce de l'AESA est très similaire à celle de la FAA américaine concernant la remise en service du Max. Notons que l'agence avait déclaré en 2019 qu'elle ne suivrait pas le verdict de la FAA au sujet du 737 Max. Elle a déclaré à l'époque qu'elle effectuera ses propres tests sur l'avion avant d'approuver un retour aux vols commerciaux. « L'AESA a clairement indiqué dès le départ que nous mènerions notre propre évaluation objective et indépendante du 737 MAX, en étroite collaboration avec la FAA et Boeing, afin de garantir que ces accidents tragiques, qui ont touché la vie de tant de personnes, ne se reproduisent plus », a rappelé cette semaine le directeur exécutif de l'AESA, Patrick Ky.

« Je suis convaincu que nous n'avons rien négligé dans notre évaluation de l'avion avec son approche de conception modifiée », a-t-il ajouté. Il a expliqué que chaque problème résolu donnait encore lieu à un examen plus approfondi. « Chaque fois qu'il est apparu que des problèmes étaient résolus, nous avons creusé plus profondément et posé encore plus de questions. Le résultat a été un examen approfondi et complet de la façon dont cet avion vole et de ce que c'est pour un pilote de piloter le MAX, nous donnant l'assurance qu'il peut maintenant voler en toute sécurité », a-t-il déclaré.

L'annonce de l'AESA a toutefois ajouté quelques exigences supplémentaires en matière de formation des pilotes. Selon le régulateur européen, les vols reprendront une fois que les pilotes auront reçu une formation supplémentaire à la satisfaction du régulateur européen. Ils devront se faire former à nouveau afin de connaître les détails du fonctionnement du logiciel MCAS. Dans la publication du mardi, l'agence a écrit qu'un problème fondamental du MCAS original est que de nombreux pilotes ne savaient même pas qu'il était là.

Un point clé du retour du 737 Max est la formation des pilotes au fonctionnement du MCAS

Les examens effectués par l'AESA ont révélé que, dans la version de l'avion accidenté, il n'y avait pas de voyant d'avertissement pour faire prendre conscience au pilote que le capteur AoA (l'angle d'attaque du système anti-givrage de la sonde d'incidence) était défectueux, ce qui rendait presque impossible de déterminer la cause profonde du problème. C'est pourquoi l'AESA propose maintenant que les modifications de la conception de l'avion qui seront exigées par la directive de navigabilité finale soient accompagnées d'un programme de formation obligatoire pour les pilotes.

Cela comprend une formation sur simulateur de vol, afin de garantir que les pilotes connaissent tous les aspects du système de commande de vol du 737 MAX et qu'ils réagiront de manière appropriée aux scénarios de défaillance typiques. En résumé, la proposition de directive de navigabilité de l'AESA impose les principales actions suivantes :

  • mises à jour des logiciels pour l'ordinateur de contrôle de vol, y compris le MCAS ;
  • mises à jour du logiciel permettant d'afficher une alerte en cas de désaccord entre les deux capteurs AoA ;
  • séparation physique des câbles acheminés du cockpit au moteur de compensation du stabilisateur ;
  • mise à jour des manuels de vol : limites opérationnelles et amélioration des procédures pour permettre aux pilotes de comprendre et de gérer tous les scénarios de défaillance pertinents ;
  • formation obligatoire pour tous les pilotes de 737 MAX avant de reprendre le vol, et mise à jour de la formation initiale et périodique des pilotes sur le MAX ;
  • tests des systèmes, y compris le système de capteurs AoA ;
  • un vol de préparation opérationnelle, sans passagers, avant l'utilisation commerciale de chaque avion pour s'assurer que toutes les modifications de conception ont été correctement mises en œuvre et que l'avion est sorti avec succès et en toute sécurité de sa longue période de stockage.

Selon le régulateur européen, la proposition de directive de navigabilité est maintenant ouverte pour une période de consultation de 28 jours. Une fois cette période terminée, il prendra le temps d'examiner les commentaires formulés, avant de publier la directive de navigabilité finale. Cette publication finale est attendue à partir de la mi-janvier 2021 et constituera la décision officielle levant l'immobilisation au sol pour tous les 737 MAX exploités par les États membres de l'AESA. En outre, après la remise en service, l'AESA s'est engagée à surveiller étroitement l'avion en service.


Cela devrait lui permettre de détecter précocement tout problème éventuel. Par ailleurs, en conjonction avec la proposition de directive sur la navigabilité, l'AESA a également publié une directive préliminaire sur la sécurité pour une consultation de 28 jours. Cette directive exigera des compagnies aériennes non européennes qui sont titulaires d'une autorisation d'opérateur de pays tiers (TCO) de l'AESA qu'elles mettent en œuvre des exigences équivalentes, y compris la formation des équipages.

Cela permettra la remise en service du 737 MAX lorsque les avions concernés sont exploités sous une autorisation TCO de l'AESA à l'intérieur, à l'extérieur ou sur le territoire des États membres de l'AESA.

L'Europe, les USA et le Canada partagent les mêmes critères de remise en service du 737 Max

Mardi, le régulateur européen a également indiqué que l'AESA, ainsi que les autorités réglementaires du Canada et du Brésil, a travaillé en étroite collaboration avec la FAA et Boeing au cours des 20 derniers mois pour remettre l'avion en service en toute sécurité. La directive de navigabilité proposée par l'EASA exige les mêmes modifications de l'avion que celles apportées par la FAA, ce qui signifie qu'il n'y aura aucune différence logicielle ou technique entre les aéronefs exploités par les compagnies américaines et ceux des États membres de l'EASA (les 27 membres de l'UE, ainsi que l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse).

Le Royaume-Uni est également concerné par ces mêmes directives de navigabilité, car le pays continue d'être traité comme un État membre de l'UE jusqu'au 31 décembre 2020. Toutefois, les exigences de l'EASA diffèrent de celles de la FAA sur deux points principaux. L'EASA autorise explicitement les équipages de conduite à intervenir pour empêcher un vibreur de manche de continuer à vibrer une fois qu'il a été activé par erreur par le système, afin d'éviter que cela ne distraie l'équipage. L'AESA exige également, pour l'instant, que le pilote automatique de l'avion ne soit pas utilisé pour certains types d'atterrissages de haute précision.

Ce dernier point devrait être une restriction à court terme. Quant à la formation obligatoire des pilotes, elle est globalement la même pour les deux autorités. Avant que les compagnies aériennes individuelles puissent affecter l'avion à leur programme de vol, elles devront effectuer toutes les mises à jour de logiciels et les actions de maintenance décrites dans la directive finale sur la navigabilité. Elles doivent également former leurs pilotes de 737 MAX. Cela dit, comme il n'y a qu'un nombre limité de simulateurs, la programmation peut prendre un certain temps.

Selon l'AESA, une partie de ce travail peut être entamée dès maintenant, même avant la publication de la directive de navigabilité finale. Par ailleurs, certains États membres de l'AESA ont publié leur propre décision interdisant l'exploitation du 737 MAX l'année dernière pour leur espace aérien souverain. Ces interdictions devront être levées avant que l'avion puisse voler à nouveau dans l'espace aérien de ces pays. L'AESA a indiqué dans sa note qu'elle travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales compétentes pour y parvenir.

Enfin, l'AESA a également convenu avec Boeing que le constructeur s'efforcera d'accroître encore la résilience des systèmes de l'avion aux défaillances des capteurs de l'AoA afin de renforcer encore la sécurité de l'avion. De même, il a été également décidé que Boeing procédera à une évaluation complémentaire des facteurs humains de ses systèmes d'alerte de l'équipage au cours des 12 prochains mois, dans le but de les moderniser éventuellement pour les adapter à une approche de conception plus moderne.

Sources : Agence de la sécurité aérienne de l'Union européenne (AESA), AESA Proposed Airworthiness Directive

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?

Voir aussi

Boeing a caché les défauts de conception des jets 737 Max aux pilotes et aux régulateurs, notamment la dissimulation de l'existence même du logiciel MCAS, d'après un rapport du Congrès

L'Europe n'acceptera pas le verdict américain sur la sécurité du 737 Max de Boeing en difficulté, l'AESA effectuera ses propres tests sur l'avion avant d'approuver un retour aux vols commerciaux

Le cauchemar du 737 MAX ne cesse de s'aggraver, un rapport accablant des enquêteurs de la Chambre US montre la pire défaillance de sécurité dans l'avion cloué au sol à cause des problèmes logiciels

La FAA aurait assoupli le processus d'approbation du logiciel MCAS du Boeing 737 Max en 2017, selon les résultats d'une enquête

Les correctifs proposés par la FAA ne sont pas suffisants pour le 737 Max, cloué au sol à cause des problèmes logiciels, d'après un dénonciateur de Boeing
9  0 
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 08/01/2021 à 11:57
Boeing est accusé de complot de fraude au 737 Max et accepte de payer plus de 2,5 milliards de dollars
dans le cadre d'un accord de poursuite différée

Hier, le ministère de la Justice des USA a annoncé que Boeing a conclu un accord avec le ministère pour résoudre une accusation criminelle liée à un complot visant à frauder le groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Administration (FAA AEG) dans le cadre de l'évaluation par la FAA AEG de l'avion 737 MAX de Boeing. En raison de "déclarations trompeuses et omissions communiquées par les employés de Boeing" au groupe d'évaluation des aéronefs de la Federal Aviation Authority, Boeing a accepté de payer plus de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d'un accord de poursuite différée.

La multinationale basée aux États-Unis qui conçoit, fabrique et vend des avions commerciaux à des compagnies aériennes du monde entier, est accusée de complot en vue de frauder les États-Unis. Les 2,5 milliards de dollars sont composés d'une amende pénale de 243,6 millions de dollars, de paiements d'indemnisation aux clients de la compagnie aérienne Boeing 737 MAX de 1,77 milliard de dollars, et de la création d'un fonds de 500 millions de dollars pour les victimes d'accidents afin d'indemniser les héritiers, les parents et les ayants droit des 346 passagers décédés dans les accidents du Boeing 737 MAX du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines.

« Les crashs tragiques du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines ont mis en évidence la conduite frauduleuse et trompeuse des employés de l'un des principaux constructeurs d'avions commerciaux du monde », a déclaré le procureur général adjoint par intérim, David P. Burns, de la division criminelle du ministère de la Justice. « Les employés de Boeing ont choisi la voie du profit plutôt que celle de la franchise en dissimulant des informations importantes à la FAA concernant l'exploitation de son avion 737 Max et en s'engageant dans un effort pour dissimuler leur tromperie. Cette résolution tient Boeing pour responsable de la conduite criminelle de ses employés, aborde l'impact financier pour les compagnies aériennes clientes de Boeing et, espérons-le, prévoit une certaine mesure de compensation pour les familles et les bénéficiaires des victimes du crash », ajouta-t-il.


L’accord sur les poursuites différées met fin à l’enquête d’environ deux ans du DoJ et abandonne toutes les accusations après trois ans s’il n’y a pas de violations supplémentaires. Les procureurs ont déclaré que Boeing avait « sciemment et volontairement » conspiré pour frauder les États-Unis en sapant la capacité de la Federal Aviation Administration à évaluer la sécurité de l’avion. Boeing a admis que deux de ses pilotes techniques de vol 737 Max avaient « trompé » la FAA sur les capacités d’un système de contrôle de vol sur les avions, un logiciel qui a ensuite été impliqué dans les deux accidents, a déclaré le ministère de la Justice.

« Les déclarations trompeuses, les demi-vérités et les omissions communiquées par les employés de Boeing à la FAA ont entravé la capacité du gouvernement à assurer la sécurité du public voyageur. Cette affaire envoie un message clair : le ministère de la Justice va tenir des fabricants comme Boeing pour responsables d'avoir fraudé les régulateurs - en particulier dans les industries où les enjeux sont aussi importants », a déclaré le procureur américain Erin Nealy Cox pour le district nord du Texas.

« L'accord de poursuites différées d'aujourd'hui tient Boeing et ses employés responsables de leur manque de franchise avec la FAA concernant le MCAS. Les pénalités et compensations substantielles que Boeing paiera, démontrent les conséquences d'un manque de transparence totale avec les régulateurs gouvernementaux. Le public devrait être convaincu que les régulateurs gouvernementaux font effectivement leur travail, et que ceux qu'ils réglementent sont honnêtes et transparents », a déclaré l'agent spécial responsable Emmerson Buie Jr. du bureau du FBI à Chicago.

« Nous continuons à pleurer aux côtés des familles, des proches et des amis des 346 personnes qui ont péri sur le vol 610 de Lion Air et le vol 302 d'Ethiopian Airlines. L'accord de report des poursuites conclu aujourd'hui avec la compagnie Boeing est le résultat du travail acharné du Bureau de l'inspecteur général avec nos partenaires chargés de l'application de la loi et des poursuites. Cet accord historique de report des poursuites servira à jamais de rappel brutal de l'importance primordiale de la sécurité dans l'industrie de l'aviation commerciale, et du fait que l'intégrité et la transparence ne doivent jamais être sacrifiées au nom de l'efficacité ou du profit », a déclaré l'agent spécial responsable Andrea M. Kropf, du Bureau de l'inspecteur général du ministère des Transports (DOT-OIG) de la région du Midwest.

« Il s’agit d’un règlement substantiel d’une question très sérieuse, et je suis fermement convaincu que la conclusion de cette résolution est la bonne chose à faire pour nous – une mesure qui reconnaît de manière appropriée à quel point nous n’avons pas répondu à nos valeurs et à nos attentes », a déclaré Dave Calhoun, le PDG du constructeur, dans une note aux employés de Boeing.

Que s'est-il passé au juste à propos du 737 Max ?

Pour rappel, le 737 Max de Boeing était censé être un avion qui aiderait la compagnie à suivre le rythme d'une nouvelle offre plus économe en carburant de son concurrent Airbus. Mais la compagnie a précipité la conception et, par conséquent, l'avion était susceptible de décrocher dangereusement dans certaines situations de décollage. Boeing a créé un logiciel pour pallier ce défaut de conception en poussant automatiquement le nez de l'avion vers le bas. Mais la société n'a jamais parlé du logiciel à la FAA, aux compagnies aériennes ou aux pilotes afin de gagner du temps et de l'argent.

Pire encore, ce logiciel fonctionnait à partir des données d'un capteur isolé situé à l'extérieur de l'avion, ce qui signifie qu'il n'y avait aucun moyen de savoir s'il agissait avec de mauvaises informations ou si le capteur était endommagé. C'est cette série de défauts de conception et le manque de franchise de Boeing qui ont conduit aux deux crashs mortels de 737 Max, comme cela a été découvert dans les enquêtes et les rapports ultérieurs du Congrès. En ne les divulguant pas aux régulateurs ou aux compagnies aériennes, Boeing a laissé aux pilotes du vol 610 de Lion Air et du vol 302 d'Ethiopian Airlines des logiciels de combat dont ils ignoraient même l'existence.

Certains employés de Boeing étaient bien conscients que ce qu'ils faisaient était mal, comme l'ont montré les messages de chat internes et les e-mails publiés par le Congrès au début de l'année 2020. Le 737 Max a depuis été autorisé à reprendre l'air après que Boeing ait travaillé pour résoudre ces problèmes, et les compagnies aériennes du monde entier réintroduisent lentement l'avion dans leurs flottes. Mais dans un rapport du Sénat publié le mois dernier, il a été découvert que Boeing et la FAA ont travaillé à manipuler certains des tests effectués pendant le processus de recertification. L'approche laxiste de la FAA en matière de réglementation a également été accusée d'avoir contribué aux problèmes qui ont conduit aux deux accidents mortels du 737 Max.

Source : DoJ

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

Après 20 mois d'interdiction de vol, le Boeing 737 Max effectue son premier vol commercial sur le territoire américain, plusieurs améliorations ont été apportées à l'aéronef

Le chef de la division commerciale de Boeing présente ses excuses à l'endroit de sa clientèle pour les décès survenus lors des crashs des 737 MAX

Boeing 737 MAX, pourquoi une mise à jour logicielle ne peut pas compenser son défaut de conception, Gregory Travis suggère une révision du design

Le Boeing 737 Max commandé par la compagnie Ryanair a changé de nom au profit du 737-8200 alors que les versions précédentes portaient le nom 737 Max
6  0 
Avatar de redcurve
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 17/10/2020 à 11:51
J'espère que cette histoire servira de leçon à Boeing, faire concevoir des softs par des ingé à 9$ de l'heure en outsourcing n'est pas l'idée du siècle. Finalement leurs ingé qui sont spécialisés dans ce type de système ont du réécrire complètement le soft de A à Z et bizarrement ça fonctionne vachement mieux
5  0 
Avatar de laloune
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 22/09/2020 à 13:23
L’ingénieur de Boeing à la retraite, qui a déclaré avoir également participé aux enquêtes sur les accidents[...]
ça commence à ressembler à un mauvais film hollywoodien cette histoire
4  0 
Avatar de TJ1985
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 25/09/2020 à 8:18
A voir, les avions cloués au sol ne manquent pas à grand monde. Alors qu'ils prennent leur temps et fassent bien les choses.
Et sur le fond, est-il toujours nécessaire de balader de l'humain dans chaque centimètre cube de la planète ? Est-ce une option durable ?
4  0 
Avatar de CaptainDangeax
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 28/09/2020 à 10:10
La méthode russe consistait à embarquer toute l'équipe d'ingénieurs lors des vols d'essais. Ainsi, ils étaient plus motivés pour fournir un travail de qualité.
C'est cette méthode qu'il faut employer avec Boeing : mettre tout le board dans l'avion et faire effectuer l'ensemble des tests de validation. On complète avec les N plus gros actionnaires. Si un seul membre du board manque à l'appel, pas de décollage et tous les avions restent cloués au sol. Une nouvelle forme de "la bourse ou la vie", quoi...
4  0 
Avatar de TJ1985
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/10/2020 à 12:11
Citation Envoyé par redcurve Voir le message
ça fonctionne vachement mieux
[quand c'est fait sur place.]

C'est marrant, ce constat est récurrent depuis les années 90, au début de l'out-sourcing en Inde. Les financiers ont vraiment la tête dure, ou les chefs de projets devraient de temps en temps développer un peu eux-mêmes avant de donner des délais et des budgets...
4  0 
Avatar de phil995511
Membre averti https://www.developpez.com
Le 17/10/2020 à 19:13
Citation Envoyé par Jeff_67 Voir le message
Le régulateur européen n'a absolument aucune raison de faire une fleur à Boeing compte-tenu des 15% de taxes douanières sur les Airbus aux USA. Plus longtemps le 737 max sera interdit de voler en Europe, et mieux ce sera.
En effet, quoi qu'on ne dise, on n'a plus du tout l'envie de voler en 737 max...
3  0 
Avatar de CaptainDangeax
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 19/10/2020 à 10:25
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
C'est pas dit.
Peut-être que maintenant le 737 Max est sûr, on verra bien.
De toute façon maintenant les pilotes savent quoi faire pour bypasser le pilote automatique. Donc le MCAS ne sera plus un problème. Si il y a un crash ce sera pour d'autres raisons.

Ça aurait fait perdre des milliards et des milliards à Boeing et en plus Boeing ne doit pas avoir d'alternative pour cette catégorie de modèle.

Si Boeing a créé le 737 Max à l'arrache ça devait être pour répondre rapidement à Airbus.
L'erreur a été de mettre au rebus le 757. Même fuselage à peu de chose près, mais un train différent qui donne une bien meilleure garde au sol à l'avion. Ainsi, le 757 aurait pu recevoir les nouveaux moteurs d'un diamètre supérieur sans modification majeure de l'équilibre de l'avion. Pour rappel, le 737 est tellement bas sur son train qu'on se cogne la tête en passant dessous et il n'y a pas de panneau obturant le train principal.
3  0