Pékin s'apprête à redéfinir les règles relatives à la conception intérieure des voitures. À compter du 1er juillet 2027, le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information exigera que les véhicules neufs soient équipés de commandes physiques pour les fonctions essentielles, telles que les clignotants et les essuie-glaces, plutôt que de les dissimuler dans des menus tactiles. Cette mesure, motivée par des préoccupations de sécurité liées à la distraction des conducteurs, remet directement en cause le design minimaliste axé sur les écrans tactiles que Tesla a contribué à populariser et que les constructeurs chinois de véhicules électriques ont largement adopté. Ces exigences pourraient influencer la conception automobile à l'échelle mondiale à mesure que les marques chinoises de véhicules électriques se développent à l'international.Cette initiative chinoise s'inscrit dans une tendance plus large déjà amorcée en Europe par les organismes de sécurité routière. En 2024, l'European New Car Assessment Program (Euro NCAP) a appelé les constructeurs automobiles européens à ramener les boutons physiques pour les fonctions de base telles que les clignotants ou les essuie-glaces, afin de promouvoir une conduite plus sûre. Matthew Avery, directeur du développement stratégique de l'Euro NCAP, avait alors dénoncé la hausse des accidents liés à la distraction au volant et précisé que l'organisme travaillait avec l'industrie pour introduire, dès 2026, de nouvelles évaluations de l'interface homme-machine des véhicules.
Ce mouvement de fond dépasse d'ailleurs largement le cadre réglementaire chinois ou européen. En mars 2026, les nombreuses plaintes répétées des utilisateurs concernant les écrans tactiles, conjuguées à plusieurs études comparatives, avaient incité de nombreux constructeurs à réintroduire les boutons physiques dans les véhicules, jugés plus adaptés pour maintenir la concentration des conducteurs. Les autorités de régulation de plusieurs pays ont progressivement emboîté le pas en introduisant des dispositions légales destinées à contraindre les constructeurs à privilégier à nouveau les commandes physiques.
Désormais, l'industrie automobile chinoise se prépare à un changement majeur en matière de conception intérieure, alors que de nouvelles réglementations visent à garantir que les fonctions essentielles des véhicules restent accessibles via des commandes physiques. Cette évolution intervient dans un contexte d'inquiétudes croissantes concernant la distraction des conducteurs, la fiabilité des écrans tactiles et la sécurité liée au recours à des interfaces numériques pour les opérations de conduite quotidiennes.
Depuis des années, les constructeurs automobiles ont adopté de grands écrans d'infodivertissement et des tableaux de bord minimalistes. Les écrans tactiles ont remplacé les boutons traditionnels pour des fonctions allant de la climatisation et des essuie-glaces à la sélection des vitesses et aux feux de détresse. Si cette approche a permis aux constructeurs de créer des habitacles épurés et pilotés par des logiciels, elle a également soulevé des questions quant à savoir si la commodité et l'esthétique ne prenaient pas le pas sur la facilité d'utilisation.
Les dernières orientations réglementaires chinoises indiquent que le pays souhaite que les constructeurs automobiles réexaminent cet équilibre.
La Chine impose le retour des boutons physiques dans les nouvelles voitures
Le ministère chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information a mis en place des exigences visant à garantir que les véhicules neufs conservent des commandes physiques pour les fonctions essentielles. Ces mesures devraient avoir une incidence sur la manière dont les constructeurs conçoivent les tableaux de bord, les volants et les consoles centrales.
Les fonctions concernées par ces exigences comprennent les clignotants, les feux de détresse, les klaxons, la sélection des rapports et les essuie-glaces. Les systèmes de désembuage et de dégivrage du pare-brise, les vitres électriques et les fonctions d’appel d’urgence font également partie des commandes visées par ces dispositions.
En outre, le cadre proposé prévoit que les véhicules électriques devront être équipés d’un interrupteur physique dédié permettant de couper l’alimentation.
L'objectif est simple : les conducteurs doivent pouvoir accéder rapidement aux fonctions essentielles sans avoir à parcourir plusieurs menus sur l'écran tactile. Les boutons et commutateurs physiques offrent un mode de fonctionnement familier, en particulier lorsque les conducteurs doivent s'adapter à des conditions de circulation changeantes.
Ces exigences portent également sur l'accessibilité et la facilité d'utilisation des commandes, notamment en ce qui concerne leur taille, leur emplacement et le retour d'information lors de leur utilisation.
Quand une tâche simple devient une source de distraction au volant
Les écrans tactiles ont révolutionné l'habitacle des voitures modernes. Un seul écran permet de gérer la navigation, la musique, la climatisation, les informations sur le véhicule et de nombreuses autres fonctionnalités. Les constructeurs automobiles bénéficient ainsi d'une réduction du nombre de composants physiques, d'une intégration logicielle flexible et de la possibilité d'introduire de nouvelles fonctions via des mises à jour.
Cette technologie présente toutefois des limites.
L'utilisation d'un écran tactile nécessite souvent une attention visuelle. Un conducteur peut être amené à baisser les yeux, à repérer une icône particulière ou à parcourir plusieurs menus avant de mener à bien une tâche simple. Cela peut s'avérer particulièrement problématique lorsqu'il s'agit d'actionner les essuie-glaces, de régler la climatisation ou d'activer les feux de détresse pendant la conduite.
Les commandes physiques, en revanche, peuvent souvent être localisées et actionnées au toucher seul. Les conducteurs se familiarisent avec l'emplacement d'un bouton ou d'un bouton rotatif, ce qui leur permet d'effectuer des gestes courants sans détourner leur attention de la route aussi longtemps.
Cette question prend encore plus d'importance en cas d'urgence, lorsqu'un conducteur peut être amené à réagir rapidement. Un bouton dédié peut être plus facile à repérer et à actionner qu'une interface numérique dont l'apparence varie en fonction de la conception du logiciel.
Comment la conception minimaliste de Tesla a influencé l'industrie
Cette évolution en Chine remet en question une philosophie de conception étroitement associée à Tesla et reprise par la suite par plusieurs autres constructeurs de véhicules électriques.
Tesla a contribué à populariser les tableaux de bord minimalistes, dominés par de grands écrans centraux. Sur certains modèles, les fonctions traditionnellement commandées par des boutons physiques ont été intégrées à des interfaces tactiles ou repensées autour de commandes numériques.
Les constructeurs chinois de véhicules électriques ont également fait des grands écrans un élément central de l’identité de leurs produits. Les entreprises qui se font concurrence sur le marché très disputé des véhicules électriques en Chine ont misé sur des systèmes d’infodivertissement avancés, des tableaux de bord numériques et des fonctionnalités logicielles pour différencier leurs produits.
Les nouvelles exigences réglementaires pourraient contraindre les constructeurs à revoir certains de ces choix de conception. Les entreprises pourraient devoir repenser l’aménagement intérieur de leurs modèles existants, ajouter des commutateurs physiques supplémentaires et veiller à ce que les fonctions dépendantes de logiciels disposent d’alternatives fiables.
Ces changements pourraient également entraîner une hausse des coûts de développement et de fabrication, en particulier pour les constructeurs qui ont massivement investi dans des architectures d'habitacle axées sur les écrans tactiles.
Des exigences qui pourraient redéfinir la concurrence sur le marché chinois des véhicules électriques
La Chine est l'un des plus grands marchés mondiaux des véhicules électriques, où la concurrence est intense entre les constructeurs automobiles établis et les start-ups spécialisées dans les technologies. Le design intérieur est devenu un élément clé de cette concurrence.
De nombreux constructeurs ont cherché à créer des habitacles ressemblant à des espaces de vie numériques, équipés de grands écrans, d'assistants vocaux et de services connectés. Ces technologies devraient conserver leur importance, mais les nouvelles exigences pourraient favoriser une approche plus équilibrée.
Plutôt que de supprimer les écrans numériques, les constructeurs automobiles pourraient de plus en plus les associer à des commandes physiques pour les fonctions que les conducteurs utilisent fréquemment ou auxquelles ils doivent accéder immédiatement.
Cela pourrait donner lieu à des tableaux de bord équipés de grands écrans d'infodivertissement, associés à des boutons, commutateurs et molettes classiques. Une telle conception permettrait de préserver la flexibilité des logiciels tout en améliorant l'accès aux fonctions essentielles.
Une approche qui pourrait influencer la conception automobile à l'échelle mondiale
L'approche réglementaire chinoise pourrait influencer la conception automobile sur d'autres marchés. Les constructeurs chinois de véhicules électriques se développent à l'international, et nombre d'entre eux mettent au point des plateformes destinées à être utilisées dans plusieurs pays.
Si les commandes physiques devaient devenir une caractéristique standard de l'ensemble de leurs gammes de véhicules à l'échelle mondiale, l'impact pourrait s'étendre au-delà du marché intérieur chinois. D'autres constructeurs automobiles pourraient également réévaluer leurs propres stratégies en matière d'écrans tactiles afin de s'adapter aux préférences des consommateurs et à l'évolution des attentes en matière de sécurité.
Cette évolution...
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Artaeus,