Des robots humanoïdes exécutent une démonstration d'arts martiaux lors du gala du Nouvel An chinois : Unitree, Magiclab, Galbot et Noetix ont collaboré pour doter les robots de mouvements humains étonnantsLe gala du Nouvel An chinois a marqué une nouvelle étape dans le domaine de la robotique humanoïde. Lors de l'événement, plus d'une vingtaine de robots ont exécuté une démonstration d'arts martiaux avancés, marquant ainsi une évolution spectaculaire par rapport à la chorégraphie plus limitée de l'année dernière. Développée grâce à la collaboration entre les entreprises Unitree, Magiclab, Galbot et Noetix, cette démonstration met en évidence les progrès technologiques considérables réalisés par Pékin dans le domaine de l'ingénierie robotique. Selon les analystes, il s'agit d'un message clair adressé par la Chine au monde entier concernant son ambition de devenir un leader dans le domaine des systèmes humanoïdes, avec des implications qui dépassent le simple divertissement pour toucher l'automatisation industrielle, les marchés du travail et l'intégration future de la robotique IA dans la vie quotidienne.
Cette démonstration prolonge une série d'expérimentations publiques chinoises destinées à tester les capacités des robots humanoïdes dans des environnements réels. En avril dernier, la Chine avait déjà marqué les esprits en opposant des robots humanoïdes à des humains lors du semi-marathon de Yizhuang, à Pékin. Conçus par des fabricants nationaux tels que DroidUP et Noetix Robotics, ces machines présentaient des formats variés, allant de moins d'un mètre vingt à près d'un mètre quatre-vingt, et certaines intégraient des caractéristiques esthétiques proches de celles d'un humain, allant jusqu'à reproduire des expressions faciales.
Plus récemment, le gala annuel chinois organisé la veille du Nouvel An lunaire a mis en avant les progrès technologiques considérables réalisés par Pékin, avec des robots humanoïdes occupant le devant de la scène pour présenter un numéro commun d'arts martiaux comportant plusieurs premières. Le gala du Nouvel An chinois, diffusé le lundi 16 février sur la chaîne publique CGTN, est devenu viral, attirant près d'un demi-million de vues sur YouTube.
Deux douzaines de robots humanoïdes ont réalisé le premier parkour continu au monde avec saut de table en freestyle, le premier saut périlleux aérien, des sauts périlleux continus sur une jambe, un saut périlleux arrière en deux temps assisté par un mur et le premier grand tour Airflare à 7,5 rotations, a rapporté CGTN. Cette performance contrastait fortement avec le spectacle de l'année dernière, où les robots faisaient tournoyer des mouchoirs et effectuaient des mouvements simples.
Lors de cet événement, quatre entreprises - Unitree, Magiclab, Galbot et Noetix - se sont associées au gala dans le cadre d'accords d'une valeur estimée à environ 14 millions de dollars, selon le South China Morning Post.
Les premiers robots à faire leur apparition ont été les modèles Bumi de Noetix, qui ont présenté un sketch comique. Les robots d'Unitree ont ensuite fait une démonstration d'arts martiaux aux côtés d'enfants artistes, avec notamment des sauts périlleux arrière et des sauts sur trampoline, suivis par les humanoïdes de Magiclab dans un segment musical.
Ramesh Srinivasan, spécialiste des politiques en matière d'IA et maître de conférences à l'université de Californie (UCLA), a déclaré que Pékin envoyait un « message » clair au monde entier, et plus particulièrement à ses rivaux américains, sur ses capacités.
Cette performance a mis en évidence les progrès rapides réalisés par la Chine dans le domaine de la robotique humanoïde, un secteur qui présente un potentiel à long terme dans les applications industrielles et agricoles, alors que la population du pays ne cesse de diminuer.
Il y a quelques semaines, le magnat américain de la technologie Elon Musk a déclaré lors de son tout premier Forum économique mondial de Davos qu'il était convaincu que des robots humanoïdes seraient commercialisés d'ici la fin de l'année prochaine et qu'il y aurait bientôt plus de robots que d'humains.
« Qu'est-ce que cela va signifier ? »
Ces développements soulèvent des questions importantes.
« Que se passera-t-il lorsque l'IA sera intégrée à ces robots ? », s'interroge Ramesh Srinivasan. « Quelles seront les conséquences économiques pour les classes populaires ? Et qu'en sera-t-il de l'émergence d'un nombre croissant de robots humanoïdes sur les champs de bataille ? »
Cette technologie va changer « notre avenir, sur le plan économique, militaire et même personnel, car les gens se tourneront vers les robots et l'IA pour en faire des thérapeutes, des compagnons et même des partenaires potentiels », a-t-il ajouté.
Selon M. Srinivasan, les questions fondamentales qui se posent sont les suivantes : « Est-ce vraiment ce que nous voulons ? » et « Quels sont les domaines appropriés pour ces robots humanoïdes et ceux qui ne le sont pas ? ».
« Pour moi, il s'agit vraiment de réinvestir dans la condition humaine et dans les façons dont nous voulons travailler avec les technologies pour avoir un avenir prospère », a déclaré le chercheur de l'université de Californie. « Mais avant tout, tout le monde a besoin de se sentir plus en sécurité et mieux pris en charge, car aux États-Unis, l'IA nous éloigne de plus en plus les uns des autres, et des recherches claires le démontrent. »
Au-delà des démonstrations collectives lors du gala du Nouvel An, l’écosystème chinois de la robotique explore également une autre frontière : celle du réalisme biomimétique et de I'IA incarnée. Une start-up chinoise a récemment présenté Moya, un robot biomimétique doté d’une IA, capable non seulement d'imiter l’apparence humaine, mais aussi de simuler certaines expressions émotionnelles.
Développé par DroidUP, Moya s'inscrit dans le concept d'IA incarnée, combinant perception sensorielle, raisonnement et action dans le monde physique. Doté d'une peau synthétique chaude au toucher, de caméras dissimulées dans les orbites oculaires et d'une démarche naturelle, le robot vise à franchir un nouveau seuil dans l'interaction homme-machine. Bien que son apparence demeure encore artificielle (texture cutanée brillante, mouvements encore rigides), la perception du public met en évidence le phénomène de la vallée dérangeante, qui pose le problème de l'anthropomorphisme des robots.
L’émergence croissante de robots humanoïdes au réalisme troublant suggère néanmoins que ces systèmes s’éloignent progressivement des laboratoires pour s’inscrire dans des usages sociaux et économiques plus larges.
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Trouvez-vous cette initiative de la Chine pertinente et cohérente ?
Selon vous, l’accent mis sur des prouesses physiques détourne-t-il l’attention des impacts sociaux et économiques potentiellement négatifs pour les travailleurs ?Voir aussi :
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