Le patron de Ferrari déclare que les boutons tactiles coûtent deux fois moins cher que les commandes physiques, mais malgré des coûts de production bien plus élevés, Ferrari revient aux boutons physiquesFerrari a révisé sa position concernant les commandes embarquées et annonce un retour aux boutons physiques, même si leur fabrication est nettement plus onéreuse, a déclaré le PDG Benedetto Vigna. Le constructeur automobile prévoit de mettre à niveau ses modèles récents et de repenser la conception de ses futurs véhicules, y compris de son premier modèle électrique, afin de privilégier la facilité d'utilisation. Cette décision fait suite aux nombreuses critiques des clients concernant les commandes haptiques et s'inscrit dans une tendance générale du secteur à revenir aux interfaces traditionnelles, malgré des coûts de fabrication plus élevés.
Ce repositionnement de la part de Ferrari intervient dans un contexte où l'efficacité des interfaces tactiles embarquées est de plus en plus remise en question. Des tests récents menés sur des véhicules modernes ont montré que les boutons physiques étaient plus performants que les écrans tactiles. Plus précisément, le rapport indique que les écrans tactiles ne garantissent pas le même niveau de sécurité que les boutons physiques et qu'ils obligent les conducteurs à détourner le regard de la route pendant une durée plus longue.
Dans ce contexte, les constructeurs automobiles semblent progressivement admettre que les conducteurs n'apprécient guère les écrans tactiles. Plusieurs études et retours d’expérience montrent en effet que ces systèmes, bien qu'innovants, se révèlent souvent moins efficaces et plus risqués à l’usage que les boutons physiques. Face à ces critiques, certains constructeurs commencent à revenir aux commandes physiques pour les fonctions essentielles.
Depuis des années, presque tous les constructeurs automobiles répètent que les boutons tactiles constituent une évolution positive du design intérieur des voitures. Bien qu’ils aient fière allure sur les photos de presse, ces boutons capacitifs sont souvent frustrants à utiliser et présentent généralement une finition brillante qui attire les traces de doigts. Mieux vaut tard que jamais : les constructeurs automobiles ont pris en compte les plaintes des clients et reviennent aux boutons physiques.
Ferrari a non seulement reconnu ses torts, mais s'emploie également à corriger ses erreurs passées. Maranello propose une mise à niveau pour les modèles Purosangue et 12Cilindri existants, afin de remplacer les boutons tactiles capacitifs du volant par des commandes classiques. De plus, les derniers modèles arborant le logo au cheval cabré, tels que la Testarossa et l'Amalfi, sont équipés d'un plus grand nombre de boutons physiques que leurs prédécesseurs.
Dans une interview accordée à Autocar India, le PDG de l'entreprise a admis sans détour ce que tout le monde savait depuis longtemps, mais qu'aucun autre dirigeant n'avait osé dire : les boutons tactiles sont bien moins chers à fabriquer que les boutons traditionnels. Benedetto Vigna a déclaré que les coûts de fabrication des boutons tactiles étaient inférieurs de 50 % à ceux des boutons classiques. « Le bouton tactile est un élément conçu pour servir les intérêts du fournisseur », selon Vigna.
Au cours de cette même interview, le grand patron a également évoqué la refonte mentionnée plus haut et la manière dont la société a « supprimé les commandes tactiles » sur les deux modèles V12. Benedetto Vigna a expliqué que le retour (jeu de mots intentionnel) aux commandes traditionnelles, même si cela implique un coût plus élevé, permet à Ferrari de se démarquer grâce à des commandes sur mesure :
« Cela ne nous dérange pas de rouler avec des produits électroniques grand public qui se ressemblent tous. Mais nous n'aimons pas rouler dans des voitures qui se ressemblent toutes. Nous devons faire quelque chose d'unique. Nous avons l'habitude de [faire] autre chose », a déclaré le PDG de Ferrari.
Ferrari Luce 2026 : l'intérieur
La future Luce sera l'exemple le plus parlant de la manière dont Ferrari repense ses intérieurs, en mêlant éléments analogiques et numériques. Le premier véhicule électrique de la marque présente un habitacle développé en collaboration avec LoveFrom, le collectif créatif américain fondé par Sir Jony Ive, l'ancien directeur du design chez Apple.
La Luce dispose de nombreux boutons et commutateurs conçus spécialement pour accéder à diverses fonctions, notamment des commandes dédiées à la climatisation, plutôt que de les dissimuler dans l'écran principal. On peut supposer sans risque que leur conception n'a pas été bon marché et que leur fabrication coûtera une petite fortune. Naturellement, ces coûts seront répercutés sur les clients, avec un prix de départ qui s'élèverait à plus de 500 000 dollars.
Le PDG de Ferrari estime qu'il est « bizarre » et que cela « n'a pas de sens » de supposer qu'une voiture électrique doit être entièrement axée sur les écrans. Il a raison. Le type de motorisation ne devrait pas dicter la manière dont les conducteurs interagissent avec les fonctions d'un véhicule. Régler la température ou activer les sièges chauffants devrait être simple, sans avoir à fouiller dans les menus ou à utiliser des touches tactiles, que la voiture soit équipée d'un moteur à combustion ou non.
Alors que les Ferrari sont réservées aux plus fortunés, les marques grand public ont également annoncé leur intention de réintroduire de véritables boutons. Le groupe Volkswagen ne se contente pas d'abandonner progressivement les touches tactiles, mais réintroduit également des boutons physiques pour des fonctions qui avaient auparavant été transférées sur l'écran tactile. Des marques comme Hyundai, Kia et Toyota souhaitent elles aussi éviter de trop dépendre des écrans. En revanche, des marques comme BMW et Mercedes ont supprimé la plupart des commandes traditionnelles au nom du « minimalisme », au grand dam de nombreux clients.
La décision de Ferrari s'inscrit dans une tendance plus large du secteur automobile. Si les écrans tactiles ont longtemps été vantés pour leur modernité et leurs fonctionnalités, des experts en sécurité automobile soulignent désormais les risques accrus de distraction au volant qu'ils représentent. Selon l'organisme européen Euro NCAP, les constructeurs automobiles doivent ramener les boutons physiques, car les conducteurs sont moins concentrés lorsqu'ils doivent utiliser des interfaces tactiles pour des fonctions essentielles telles que les clignotants ou les essuie-glaces.
« Nous travaillons avec les constructeurs pour encourager les voitures les plus sûres à ramener les boutons physiques à leur place. Les accidents dus à la distraction sont en augmentation et les grands écrans tactiles encouragent la distraction au volant. Et comme chaque voiture est différente, c'est comme si vous deviez réapprendre à conduire. En 2026, Euro NCAP introduira de nouvelles évaluations de l'interface homme-machine des véhicules et nous travaillons avec l'industrie pour rendre la conduite plus sûre », a déclaré le directeur du développement stratégique de l’Euro NCAP.
Source : Benedetto Vigna, PDG de Ferrari, lors d'une interview accordée à Autocar India
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